Au nom du Groupe Socialistes et Démocrates, Véronique De Keyser Députée européenne a déclaré en séance plénière en présence de la Haute Représentante, Madame Ashton:
« Mon groupe soutient la demande légitime du Président Abbas à l’ONU. Avec ces quelques mots, j’ai presque tout dit. Le regret qu’il ait fallu aussi longtemps, l’espoir que l’Europe parviendra enfin à s’exprimer clairement et d’une seule voix sur ce sujet difficile. Ne croyez pas, Madame Ashton, qu’au sein des groupes politiques, cette simple phrase ait rencontré immédiatement l’adhésion. La crainte d’un malentendu vis-à-vis d’Israël, dont la sécurité a toujours été inquestionnable, la crainte aussi d’un échec de l’initiative palestinienne, suivie d’une explosion de violence dans la rue arabe et d’éventuelles sanctions économiques contre l’autorité palestinienne, les pressions américaines, tout cela a rendu la décision difficile. Et puis ce qui l’a emporté finalement, c’est une sorte d’honnêteté, de courage politique des parlementaires. Oui les Palestiniens y ont droit à cette adhésion. 63 ans après la reconnaissance de l’Etat d’Israël par l’Assemblée Générale, 12 ans après la déclaration de Berlin promettant de reconnaître l’Etat Palestinien au moment opportun, le moment est venu.
Le moment est venu de soutenir ceux qui, en Palestine, ont choisi le camp de la paix, de la négociation, de la création d’institutions fiables. Le moment est venu car la Palestine rétrécit chaque jour comme peau de chagrin: ce n’est plus la Palestine de 47, ni celle des accords d’Oslo en 1993, ni celle d’il y a quelques années. A cause de la politique de fait accompli du gouvernement israélien, les colonies, les spoliations de terre, le Mur, tout cela gangrène les terres palestiniennes et il y a urgence. Bientôt, la solution à deux Etats deviendra impossible. Le moment est venu, parce que le printemps arabe a suscité tant d’espoir qu’il est impensable que l’Europe ose dire aux palestiniens: ce printemps-là, il n’est pas pour vous. Attendez-encore. Vous l’aurez au moment opportun. Des Palestiniens aujourd’hui meurent déjà sans avoir connu autre chose que l’occupation.
C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, sans réserve, les députés socialistes et démocrates appuient la demande d’Abbas à l’ONU. Que leur courage vous inspire Madame Ashton, lorsque vous défendrez notre position auprès des gouvernements européens. Il y a un moment où les valeurs européennes, ses engagements, passent avant tout. »
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a présenté une demande d’adhésion à part entière d’un Etat de Palestine à l’Onu, malgré d’intenses pressions depuis des mois pour l’en dissuader.
Véronique De Keyser – Députée européenne
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Soudan en 2010 et 2011
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne en Palestine en 2006
Compréhension n’est pas raison mais que de différences entre le traitement que l’Europe réserve à la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien et l’enthousiasme avec lequel toute la communauté internationale a salué le nouvel Etat du Sud Soudan cette année. Et pourtant là, ni le conflit politique avec le Nord, ni la question des frontières, ni celle, brûlante, de la répartition du pétrole, ni la citoyenneté, ni la monnaie, bref rien n’avait été résolu avant le 9 janvier 2011. On s’est bien gardé de dire au Président Salva Kirr – Attendez encore un peu, essayez d’accorder vos violons avec Al Bachir, l’Etat viendra après ! Fin décembre 2010, les préparatifs logistiques pour le référendum étaient au point mort. Mais la communauté internationale a volé au secours des Soudanais du Sud. Des observateurs européens, américains, de la Ligue Arabe, de l’Union Africaine se sont déployés dans tout le pays. Les bulletins de vote ont été imprimés en Grande- Bretagne, transportés au Soudan par avion, puis par hélicoptère de l’ONU dans le Sud Soudan qui manque cruellement de routes. La mission sur place des Nations Unies a soutenu les policiers et l’armée sud soudanaise pour garantir la sécurité du pays. On connaît la suite : le délire d’une population, qui, en pleurant de joie, a voté à 98%, l’indépendance, la fin de la colonisation et la dignité retrouvée. Dignité ! Ce mot résonnait dans les rues de Juba ce 9 janvier 2011 et j’ai compris que quelles que soient les circonstances, les Soudanais du Sud méritaient leur Etat. Il y a des moments où il faut forcer le destin. Puis revenir, en position de force, à la table des négociations.
On aimerait voir, autour des Palestiniens, la même union sacrée, la même ferveur internationale que celle qui a entouré la naissance de l’Etat Sud Soudanais. Or, c’est tout le contraire. Non seulement Obama a retourné sa veste depuis le discours du Caire et menace d’un véto la demande palestinienne au Conseil de Sécurité, mais voilà que les Européens embrayent eux aussi. Ils ne ménagent pas leurs pressions pour inciter Mahmoud Abbas à renoncer à son projet. Est-ce totalement inattendu? Pas réellement.
Le scénario qui se déroule actuellement dans les coulisses de l’Onu a un air de déjà-vu. En effet, à la fin de la période intérimaire des accords d’Oslo, en 1999, les Palestiniens avaient déjà voulu demander leur reconnaissance à l’ONU. Même affolement, même pression pour les faire renoncer. Bill Clinton, alors au pouvoir, annonce que « ce serait une catastrophe » et l’Europe de lui emboîter le pas, sans surprise. Arafat accepte de différer son projet et de retourner à la table des négociations. Il exige cependant l’engagement de l’Union à reconnaître l’Etat palestinien. La déclaration de Berlin en mars 1999 confirme que l’Union européenne est prête à reconnaître l’Etat palestinien « in due time ». C’est le retour aux négociations de paix, Camp David et son échec- souvent mis sur le dos des Palestiniens. Mais quand on creuse la proposition de Camp David, on mesure à quel point l’offre était inacceptable pour les Palestiniens. Elle sanctionnait les 20.000 hectares de territoire palestinien confisqués depuis le début du processus d’Oslo, les routes sécurisées, les bretelles de contournement, les nouvelles colonies dont les colons explosaient littéralement ; cette offre prévoyait aussi le contrôle de la vallée du Jourdain pour une période de 6 à 21 ans, le contrôle par Israël des ressources en eau et de l’espace aérien palestiniens, l’annexion des implantations urbaines illégales construites à Jérusalem Est après 1967 etc. En somme, une souveraineté au rabais. Limitée.
L’échec de Camp David va être suivi de la relance de la colonisation israélienne et de la seconde intifada. C’est Mahmoud Abbas qui a le plus critiqué cette dernière. Car il a déjà en tête une autre stratégie: ne plus laisser aux Israéliens le moindre prétexte pour justifier leur immobilisme. Il veut aller de l’avant en s’appuyant sur 3 piliers : des institutions palestiniennes crédibles, des méthodes non violentes, des négociations de paix. Elu Président en 2005, il a poursuivi cette ligne. Avec l’aide de l’Europe. Aujourd’hui les institutions sont mises sur pied: le plan Fayyad est un succès. La violence est maîtrisée en Cisjordanie. Et les révélations dans les médias des concessions palestiniennes dans les négociations d’Annapolis montrent que le Président est allé très loin. Trop loin murmurent certains dans son camp. Trop loin en tout cas pour n’avoir rencontré aucun succès concret. L’occupation se poursuit, les colonies israéliennes explosent sous la poussée démographique, le territoire palestinien continue à s’effriter. Abbas ne peut plus s’enfermer dans le piège de 1999. D’autant que le contexte a changé. Le printemps arabe fait vibrer les jeunes Palestiniens qui ont, eux aussi, soif de dignité. « Nous reconnaîtrons l’Etat palestinien en temps utile » disait la déclaration de Berlin. Cette formule diplomatique prend tout son sens aujourd’hui: jamais le moment n’aura été aussi opportun. A quoi bon pour l’Europe renforcer sa politique étrangère, si c’est, une fois de plus, pour s’aligner sur la politique américaine ? Et comment surtout faire comprendre aux Palestiniens que l’Etat, c’est pour les Sud Soudanais ? Que la dignité retrouvée, la « karama » scandée par les jeunes dans la rue, c’est pour les Tunisiens, les Libyens, les Egyptiens -mais que pour eux, Palestiniens, la dignité ce sera « in due time » ? Pourtant, les peuples ne diffèrent pas devant la guerre et la colonisation. Ce sont les mêmes drames, les mêmes sacrifices, les mêmes espoirs fous. L’Europe, qui a tant salué le printemps arabe devrait s’en souvenir aujourd’hui. La demande de reconnaissance à l’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens.
Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, en Affaires Etrangères, Développement et Droits de l’homme
Depuis plus de dix ans, l’analyse politique du monde arabe et le processus de paix au Moyen-Orient ont toujours été une des priorités de l’eurodéputée Véronique De Keyser, qui a multiplié les missions sur le terrain – déjà en 2006 elle dirige la mission européenne d’observation des élections législatives en Palestine, elle se rend sur place pendant la terrible opération « Plomb durci », elle soutient activement la flottille de Gaza – et s’est également rendue à de très nombreuses reprises en Israël, en Turquie, en Egypte, au Liban, en Syrie. Le 6 juin dernier, avec d’autres députés, elle dépose une nouvelle déclaration écrite sur la reconnaissance par l’Union européenne de l’Etat palestinien, qui bénéficie du soutient de députés de tous les groupes politiques. « Cette déclaration est extrêmement importante quant à la promotion du Parlement européen de la paix et la sécurité concernant le conflit Israélo Palestinien qui affecte la vie de tellement de personnes. A l’heure où plus de 130 pays ont déjà reconnu le principe d’un Etat palestinien, y compris plusieurs Etats européens, le parlement européen doit oeuvrer activement en ce sens » déclare la députée européenne. Hier, au titre de Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, elle appelait les députés socialistes à signer la lettre de l’ancien ministre des Affaires Etrangères français Hubert Védrine et d’une vingtaine d’hommes et femmes politiques de premier plan, visant à soutenir l’initiative palestinienne.
Aujourd’hui, 14 septembre 2011, elle est intervenue en séance plénière à Strasbourg, sans détour:
« Dans 8 jours le président Abbas demandera à l’ONU la reconnaissance de l’Etat palestinien. C’est un moment historique qui nous place nous Européens, au pied du Mur- et dans le cas de la Palestine, ceci n’est pas une figure de style. Assumant la responsabilité prise en 1948 de reconnaître l’Etat israélien, l’Europe n’a cessé depuis de soutenir une solution à 2 Etats, sur les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale. Elle n’a pas fait que le dire- comme dans les conclusions du Conseil de 2009, elle a aussi aidé à construire cet Etat, en finançant le plan Fayyad, qui avait pour objectif d’établir des institutions crédibles pour le futur état palestinien. Deux ans après, mission accomplie, le plan Fayyad est un succès. Le moment est donc venu pour l’Europe de faire un pas supplémentaire, le pas diplomatique qui consiste à soutenir la démarche palestinienne à l’ONU. Les Palestiniens le méritent. Les Palestiniens y ont droit. Les Palestiniens y croient.
Certains diront- mais les Etats-Unis n’en veulent pas. Mais l’Europe n’est-elle que l’écho timide des Etats-Unis ? Laissons Obama à ses contradictions- que de reculades depuis le fameux discours du Caire !- et à sa campagne électorale.
Certains diront- mais cela ne changera rien sur le terrain. C’est vrai, il faut retourner au plus vite à la table de négociation. Mais une reconnaissance à l’ONU donnerait aux Palestiniens des droits et des responsabilités nouvelles, un rapport de force plus équilibré avec les Israéliens et un cadre multilatéral de négociation- non pas, une fois de plus, un face-à-face stérile et déséquilibré avec Israël.
D’autres diront- mais tous les pays européens ne suivront pas et nous risquons la désunion. Mais c’est à nous Parlement européen, qui sommes la voix des peuples, à aider nos gouvernements à parler d’une seule voix, avec une position politique courageuse et éthique. Mais au-delà c’est la crédibilité politique de l’Europe qui est en jeu. Nous n’avons cessé de célébrer la démocratie retrouvée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, et les efforts du peuple syrien, qui reste un peuple martyr. Un drapeau européen flotte sur Ben Ghazi. Mais L’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens ! C’est la voix pacifique, négociatrice, qui nous a fait confiance à nous Européens, qui a refusé la violence qui veut se faire entendre. Oserons-nous – cette voix-là- l’ignorer, faire semblant de ne pas l’entendre ? Je ne veux pas, je n’ose pas le croire ! »
« Le 23 septembre prochain à l’ONU le président Abbas demandera la reconnaissance de l’Etat palestinien. L’Europe a clairement exprimé à de nombreuses reprises son soutien pour une solution à 2 Etats, sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des 2 Etats. Elle a de plus félicité le premier ministre Salam Fayyad d’avoir mis sur pied des institutions palestiniennes qui fonctionnent de façon excellente.
La reconnaissance de l’Etat palestinien qui devrait s’accompagner au plus tôt de la reprise des négociations de paix, viendrait renforcer ceux qui ont choisi le camp du dialogue politique, de la diplomatie, de la paix, et non celui de la violence. De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui en Europe pour soutenir l’initiative palestinienne. Parmi elles, celle de l’ancien ministre des Affaires Etrangères français Hubert Védrine et d’une vingtaine d’hommes et femmes politiques de premier plan. Ils nous invitent à co-signer la lettre qu’ils ont rédigée (cf. ci-dessous). Martin Schulz, notre Président a été le premier à le faire. Je l’ai co-signée également, en ma qualité de Vice-Présidente et en total accord avec les valeurs de ce message qui font écho aux nombreuses actions que je mène en faveur de la Palestine – où j’ai dirigé la mission européenne d’observation des élections législatives de janvier 2006 – depuis de nombreuses années maintenant. Le 6 juin dernier, avec d’autres députés, je déposais une déclaration écrite sur la reconnaissance par l’Union européenne de l’Etat palestinien. Elle bénéficie déjà du soutient de députés de tous les groupes et, je l’espère, recueillera le nombre suffisant de signatures avant l’échéance du 6 octobre prochain. Cette déclaration est extrêmement importante quant à la promotion du Parlement européen de la paix et la sécurité concernant le conflit Israélo Palestinien qui affecte la vie de tellement de personnes. Plus de 130 pays ont déjà reconnu le principe d’un Etat palestinien, y compris plusieurs Etats européens. Faisons en sorte que le parlement européen prenne une part active dans le processus de paix au Moyen Orient. »
Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, en Affaires Etrangères, Développement et Droits de l’homme
Lettre de Monsieur Hubert Védrine pour soutenir l’initiative palestinienne
Déclaration écrite sur la reconnaissance par l’Union européenne de l’Etat palestinien déposée par Véronique De Keyser et les députés européens Patrick Le Hyaric, Robert Atkins, Margrete Auken et Niccolo Rinaldi
En 2006 déjà, Véronique De Keyser fait adopter au Parlement européen un rapport sur les femmes dans les conflits armés. Suite à la proposition de résolution commune sur la République démocratique du Congo et les viols massifs dans la province du Sud Kivu adoptée le 7 juillet dernier à Strasbourg, elle se réjouit de la ratification ce lundi par l’Union Européenne et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) d’une convention de financement d’un projet de soins de santé en faveur des victimes des violences sexuelles dans l’est du pays, déstabilisé par divers groupes armés.
Ce projet, d’un montant de 2,5 millions d’euros, non remboursable, vise à « améliorer durablement la capacité de prise en charge des victimes en mettant à leur disposition des soins de santé appropriés, dans les meilleurs délais et à des coûts dérisoires », souligne l’UE dans un communiqué. Il vise les centres médicaux et hôpitaux de référence dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, situés à proximité des zones les plus exposées au risque de violences sexuelles. Le service humanitaire de la Commission européenne (Echo) mène déjà des actions dans les domaines de la prise en charge des victimes, de leur réinsertion sociale, du plaidoyer et de la sensibilisation communautaire. L’UE soutient également la lutte contre l’impunité des violeurs et des tortionnaires à travers ses programmes d’appui à la justice et à la police.
En 2010, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) avait accordé un total de 42M USD pour lutter contre les violences sexuelles dans l’est du pays, où des groupes armés sont toujours actifs et régulièrement accusés, tout comme certains militaires, de commettre des exactions contre les populations. Près de 250 femmes ont déclaré avoir été victimes mi-juin de violences sexuelles qui auraient été commises par des soldats en fuite emmenés par un colonel, dans trois villages du Sud-Kivu, selon des sources médicales congolaises. Selon l’ONU, début août 2010, au moins 387 civils, dont 300 femmes, ont été violés notamment par des rebelles hutus rwandais et des miliciens Maï-Maï dans 13 villages du Nord-Kivu.
Si Véronique De Keyser se félicite de l’avancée que représente ce soutien financier en faveur des victimes, elle reste très attentive à ce que tout soit mis en oeuvre pour mettre fin à l’impunité des violeurs.
Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme
La résolution du Parlement sur la Syrie, le Bahreïn et le Yémen poursuit un double objectif :
1) briser le silence sur ces pays qui connaissent des répressions sanglantes,
2) rester ferme sur les exactions commises, en laissant cependant un espace politique pour d’éventuelles négociations.
La résolution est très largement soutenue par les différents groupes politiques. Je ne ferai que deux ou trois remarques:
1) La première remarque cependant est linguistique. Le titre de la résolution porte la mention : le monde arabe. Cette appellation a un caractère post-colonial qui dénie aux pays et aux régions leur identité propre. Et les révolutions qui soulèvent aujourd’hui les pays du Maghreb et du Mashrek montrent à loisir à quel point chaque pays est différent, requiert un traitement spécifique et une écoute particulière. L’amalgame « monde arabe » est donc malheureux.
2) La seconde remarque concerne la Syrie. La répression qui sévit aujourd’hui dans ce pays est sanglante, cruelle et impitoyable. Les enfants-mêmes ne sont pas épargnés. La résolution dénonce ces crimes qui ne peuvent rester impunis, elle s’inquiète des flots de réfugiés qui traversent la frontière syrio-turque, elle demande des couloirs humanitaires et l’intervention de l’ONU, elle soutient l’opposition émergente à l’intérieur et à l’extérieur du pays, mais elle en reste là. Pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir crié haut et fort que nous voulions le départ de Bachar Al Assad qui a déçu tous ceux qui avaient cru qu’il changerait lentement le système répressif hérité de son père ? Bachar qui semble avoir franchi une ligne de non retour dans sa répression sanglante ? Parce que nous voulions laisser la place à une négociation politique aux couleurs de l’Europe. Madame la Haute Représentante, la Syrie bascule dans la violence, les minorités religieuses et en particulier les chrétiens se sentent aujourd’hui menacés par des extrémistes, n’hésitez pas à vous rendre à Damas, Madame Ashton. Nous avons besoin d’un geste politique fort et d’une présence européenne sur place.
3) La troisième remarque est plus générale. Le service d’Action Extérieure commence à fonctionner et dans ses relations avec le Parlement la différence est sensible. Je vous en félicite. Mais dans les pays du Maghreb et du Mashrek, la valeur ajoutée doit être claire également. Il y a aujourd’hui dans le SAE une superposition de structures- représentants spéciaux, task-force; crises management etc.- qui s’interpénètrent et dont l’efficacité cumulée reste à démontrer. Le soutien que l’Europe apportera à ces transitions démocratiques en cours, est un test redoutable. L’Europe va-t-elle compter ou pas dans la région ? Il faut agir vite et de manière proactive et ciblée. C’est tout l’avenir et la crédibilité de notre politique de voisinage/Sud qui est en jeu.