Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

« Conflit et avancées la paix entre les israëliens et les palestiniens » : grande conférence le 1er décembre au Parlement européen, sous le parrainage de Véronique De Keyser

25 novembre 2010

Je veux mobiliser l’Union européenne pour qu’elle force le blocus de Gaza

3 juin 2010

Interview de Véronique De Keyer dans « L’avenir » – 2 juin 2010

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« Levez le siège maintenant » demandent les députés, dont Véronique De Keyser, en visite à Gaza

29 mai 2010

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

La visite a été rendue possible grâce au soutien des autorités égyptiennes dont l’aide précieuse a été vivement appréciée par la délégation.

« La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël » indique la délégation. Cet appel est lancé alors que la violence à Gaza a fortement diminué. La délégation fait observer que le siège a complètement isolé les habitants, condamnés à vivre dans une pauvreté extrême. Environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire. Le siège affecte profondément la population et crée un marché noir, mais il fait également le jeu des factions les plus radicales qui renforcent leur pouvoir en gagnant de plus en plus d’argent: « Le siège doit être levé afin de donner libre accès à l’aide humanitaire, de permettre la reconstruction et d’offrir une nouvelle chance à l’activité économique légale et un espoir à la population » ont indiqué les députés.

« L’UNRWA fait un travail fantastique, mais il manque de fonds. Il est urgent que l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds dégagent davantage de moyens pour financer l’action de l’UNRWA, notamment dans le domaine de l’éducation, qui représente 80 % de son budget. Chaque année, il nous arrive plusieurs milliers d’enfants en âge scolaire en plus, mais il n’y a pas d’argent pour construire de nouvelles écoles et payer les enseignants ». Les députés déclarent qu’ils ne ménageront aucun effort pour que le Parlement augmente le soutien financier à l’UNRWA.

« L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix ».

Information sur les activités de la délégation

La délégation s’est rendue sur le site du projet de logements de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient ) à Khan Younis, qui a été interrompu en raison du blocus de Gaza, même s’il est intégralement financé, et elle a procédé à un échange de vues avec le comité directeur de la « Banque de Palestine », chargée de verser les aides financières accordées aux familles en difficulté de Gaza, dans le cadre du programme humanitaire PEGASE. Le directeur opérationnel de l’UNRWA à Gaza, John Ging, s’est entretenu avec les députés des défis de son organisation et de la situation désespérée de la population gazéenne. La délégation a également rencontré des défenseurs des droits de l’homme et des chefs d’entreprise; elle a visité le tunnel de Rafah et a pu observer les activités de marché noir.

Députés faisant partie de la délégation à Gaza :

- Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR),
- Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR),
- Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG),
- Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU),
- Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE),
- Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR),
- Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE),
- Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR),
- Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL).

Les Soudanais auraient-ils une longueur d’avance sur nous ?

2 mai 2010

Le 29 avril j’étais de retour du Soudan. Quatre jours pour se remettre de cette expérience éprouvante mais infiniment riche sur le plan humain. L’observation électorale a été difficile. D’abord à cause du caractère général du scrutin: présidentiel, législatif, local etc. Dans le Sud du pays, les électeurs avaient jusqu’à 12 bulletins de vote à remplir – 8 dans le Nord. Et sur chaque bulletin on peut trouver jusqu’à une douzaine de noms ou de partis. La population, surtout dans le Sud est largement analphabète et ce sont les premières élections depuis 24 ans. Donc la logistique, l’organisation, la formation des électeurs, l’impression des bulletins, leur transport jusque dans des régions éloignées du pays – tous ces facteurs ont contribué à une certaine confusion ! Mais au-delà de la logistique, les facteurs politiques rendaient l’observation délicate.

Ces élections ne sont qu’une étape dans l’accord de paix de 2005 qui a mis fin à la guerre entre le Nord et le Sud. Et ce fameux accord (CPA) prévoit un référendum sur l’avenir du Sud après des élections générales et en janvier 2011. Toutes les analyses politiques convergent: sans référendum, c’est le retour à la guerre. Dont personne ne veut. Donc il fallait passer par un scrutin. Pour beaucoup de Soudanais, la signification du vote dépassait très largement l’enjeu électoral du mois d’avril. Et à part quelques sièges de gouverneurs – postes très disputés dans certains Etats du Soudan – l’issue du scrutin n’a pas amené de surprise. En effet, au Nord le Président sortant est réélu avec plus de 68% et l’homme fort du Sud, Salva Kiir, remporte 92 % des voix- dans un contexte plus houleux, marqué par des tensions et quelques violences.

Si le scrutin est sans surprise, à quoi bon ? Je crois néanmoins que ces élections ont été importantes. Certainement pas joyeuses, les électeurs étaient graves, parfois soumis, mais la guerre a encore reculé d’un pas et l’avenir se dessine. Le Soudan cherche sa solution. Il doit définir son destin politique. Il a quelques mois pour préparer cette nouvelle phase.

Il subsiste cependant un point noir, le Darfour. J’ai évité d’y déployer les observateurs prévus et j’ai retiré, avant les élections, les quelques observateurs déjà sur place. Motif ? Une observation crédible était impossible. Il aurait fallu pouvoir se déployer, comme partout ailleurs, dans les campagnes et les coins les plus reculés. Sans filet de sécurité pour les observateurs, c’est à dire sans la protection de la mission des Nations Unies (UNMID), c’était impossible. Et même avec, cela aurait été difficile: des membres de UNMID eux-mêmes ont été kidnappés. La paix, cette fameuse paix dont tout le monde parle au Soudan pour exorciser le spectre de la guerre, cette paix ne vaut pas encore pour le Darfour. Faut-il rappeler que moins de 10% des personnes déplacées dans les camps s’étaient enregistrées pour voter ?

L’Union européenne vient de rappeler que le Président El Bachir doit faire face à un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI). Il est clair que d’avoir gagné ces élections présidentielles ne peut en aucun cas se révéler un bouclier. Les deux problèmes – les élections et la CPI – sont distincts. C’est ainsi que je l’ai compris et décliné dans la mission.

Le retour du Soudan a été difficile. À cause du nuage de cendres d’abord qui m’a clouée à Khartoum quatre jours de plus que prévus. Mais aussi à cause du sentiment d’irréalité qui vous gagne quand vous rentrez d’un tel voyage. Le sentiment de jouer dans une autre pièce. D’atterrir de la planète Mars. Ce sentiment s’est fortement atténué quand j’ai découvert que la Belgique allait vers de nouvelles élections. Que le Sud et le Nord s’éloignaient l’un de l’autre. Que les tensions étaient dans les régions, pardon les communes de transition et qu’on craignait des luttes tribales. Là je me suis dit- j’y vois plus clair: le modèle soudanais est plus contagieux que la grippe N1H1. Et finalement, avec leur référendum de janvier 2011, les Soudanais auront peut-être une longueur d’avance sur nous !

Elections au Soudan : des déficiences significatives mais une note d’espoir

21 avril 2010

Conférence de presse de la mission d’observation électorale de l’UE au Soudan.

Discours de la chef de mission Véronique De Keyser, eurodéputée belge

Khartoum, 17 avril 2010

1. Les élections générales qui viennent de se tenir au Soudan ont été d’une complexité extrême. Les difficultés logistiques et organisationnelles ont eu une incidence considérable et le nombre de bulletins à remplir par chaque électeur a compliqué et ralenti les votes. Vu les problèmes de d’enregistrement des électeurs, d’impression des bulletins, d’acheminement du matériel, le fait que ces élections aient pu se tenir est, à soi seul, une prouesse dont il faut féliciter les Soudanais. J’ai admiré la patience des électeurs et l’engagement du staff électoral qui a travaillé dans des conditions souvent difficiles.
2. Ces élections ont souffert de déficiences significatives mais on doit prendre en compte que ce pays est immense et que c’est son premier scrutin depuis vingt quatre ans.
a. Les conditions d’accès et la complexité du vote ont été plus difficiles dans le Sud que dans le Nord, vu les inégalités de développement des deux régions : il faudra en tenir compte dans l’analyse compréhensive des résultats.
b. L’arrivée tardive du matériel, la connaissance tardive de la localisation de certains centres de votes, l’ignorance des électeurs du lieu ou ils devaient voter, ont démultiplié ces problèmes logistiques.
c. Tant au Nord qu’au Sud, les élections ont été dominées par les partis au pouvoir. Le retrait d’une grande partie de l’opposition dans le Nord du pays a notablement diminué la compétition lors des votes.
d. Les incidents sérieux de campagne et de vote ont été très localisés et relativement peu nombreux. Ils ont souvent été liés à une compétition intense dans des enjeux locaux. Du harassement et de l’intimidation de candidats ou de membres du staff électoral par les forces armées ont eu lieu en certains endroits, principalement dans le Sud.
3. Les particularités de ce scrutin, l’histoire du pays, les enjeux du futur font qu’il est difficile de les comparer à toutes les autres élections. Mais au regard de la méthodologie employée par l’Union européenne, qui est très stricte, je peux seulement dire que si ces élections se sont efforcées d’atteindre les standards internationaux, elles n’y sont pas parvenues. Mais elles sont porteuses d’espoir.
a. Le retrait d’une grande partie de l’opposition au Nord a fortement réduit la compétition au moment du vote mais pas l’intérêt de la campagne électorale. Les observateurs ont été les témoins directs de l’espace démocratique qui s’ouvrait aux partis. L’opposition a pu exprimer clairement ses critiques et ses désaccords.
b. La participation des femmes au scrutin, comme électrices et/ou membres du staff électoral a été impressionnante.
c. Il faut saluer le dévouement du staff électoral et son engagement pour une transformation démocratique du pays.
4. Finalement, le pas qui vient d’être franchi était crucial pour la poursuite de la mise en œuvre du CPA c’est-à-dire la poursuite du processus de paix. Le pays peut envisager désormais l’avenir avec confiance. J’ai pu apprécier durant cette mission d’observation les efforts de tout un pays pour tourner la page d’un passé tragique et je l’en félicite.
5. Je remercie le gouvernement soudanais de la liberté avec laquelle la mission a pu travailler. Je remercie également la commission électorale de son travail intense et de sa disponibilité. Je remercie les partis pour toute la confiance qu’ils ont accordée à la mission et le peuple soudanais pour sa chaleureuse hospitalité. Cette déclaration préliminaire intervient alors que nous ne sommes qu’a mi parcours du processus de vote : le comptage est toujours en cours. La mission va continuer à observer ce dernier, tout comme l’annonce des résultats et le suivi des plaintes. Notre rapport final interviendra après cette dernière phase.

Fallait-il aller au Soudan ?

12 avril 2010

Soudan, 11 avril 2010. Toute la stabilité régionale est engagée dans le processus électoral. L’Union européenne est consciente de tous ses enjeux. La mission d’observation est, et nous le savions toutes et tous depuis le départ, délicate précisément en fonction de ces enjeux. Certaines ONG ont même soulevé la question… d’aller ou de pas aller au Soudan. Mais, il fallait surtout, à mon sens, tenir compte du fait que s’il n’y avait pas d’élections au Soudan, c’était tout le processus de paix entamé qui était alors remis en cause.

L’Afrique apprend aux européens que le monde est loin de se réduire à ce qu’Internet et nos chaînes de télévision nous en donnent comme image stéréotypée. On trouve sous les latitudes africaines matière à reconsidérer nos références, nos habitudes, et à les relativiser. Nous vivons dans l’urgence du projet, d’une vie qui serait sans cesse à faire alors que sur le continent où est née l’humanité, le seul horizon est souvent celui de la subsistance au jour le jour, de la confrontation au dénuement, à la violence, à l’arbitraire. L’observer et le vérifier matin, midi et soir depuis le début de cette mission m’indigne et me révolte d’autant plus que cela renvoie à notre impuissance. Il y a en politique deux temps distincts : celui de la théorisation et celui de l’action. Pour passer de belles idées aux réalisations de terrain, il y a tout un cheminement rempli de pièges et de remises en question. Si la politique doit être ambitieuse, nous qui en faisons, élus et citoyens, devons rester modestes. De mon point de vue, une vraie politique de gauche ne sera jamais accomplie car, toujours, il y aura plus et mieux à faire.

Depuis qu’il m’a été demandé de présider cette mission d’observation, je vérifie ce décalage entre ce qu’on peut nommer « ambitions démocratiques » et les moyens pour les réaliser. On a et on aura raison d’interpeller les institutions internationales et l’Europe en particulier sur ce qui aura été fait pour l’évolution politique au Soudan dans le cadre de l’observation des élections. Mais la critique doit aller plus loin. Il faudra aussi s’interroger sur ce qui n’a pas été fait AVANT pour éviter qu’un jour se pose la question d’une récupération de l’idéal démocratique sur fond de drame humanitaire. Fallait-il aller au Soudan ? Au moment où j’écris, je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre. L’action peut-être apparaîtra inefficace, inadaptée, dérisoire en regard des ambitions de départ. Mais au bout du compte, je ne peux non plus m’empêcher de me demander si ne pas agir n’est pas le pire et le plus indéfendable des calculs politiques. S’il y a certainement plus et mieux à faire pour le Soudan, le moins qu’on puisse espérer de cette mission est de nous sortir la tête du sable dans lequel nous avons parfois tendance à la maintenir. La population du Soudan en sait quelque chose, elle dont l’ambition est qu’on l’aide au moins à voir au-delà du désert démocratique et de la désespérance.


(Photos Ezequiel Scagnetti, avec son aimable autorisation).

Soutenons les « artistes contre le mur » !

28 mai 2009

Pour en savoir plus, cliquer sur le texte : « Qui sommes-nous ? Nous sommes des citoyens européens sensibilisés à la situation des civils palestiniens, et tout particulièrement à celle des enfants. Nous sommes une trentaine d’hommes et de femmes, âgés entre 20 et 70 ans, artistes professionnels ou amateurs avertis dans des domaines très différents… »