Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Venez voir “L’impossible neutralité ” au festival de Liège!

16 February 2015

Le 19 et le 21 février, le Groupov joue (salle B9 de St Luc) au Festival de Liège, l’Impossible neutralité. Un spectacle qu’on croit d’abord uniquement focalisé sur la Palestine. Mais qui en fait tourne autour de la mort de l’enfant. Quelle haine et quelle barbarie peut aujourd’hui justifier de la mort d’un enfant ? Et comment répondre à cette mort ? Cette question lancinante, qui traverse l’histoire et les siècles, c’est celle qui obsède Denis Mukwege devant les bébés violés qu’on apporte ensanglantés à l’hôpital Panzi, c’est celle que le monde horrifié s’est posée en voyant tuer à bout portant une petite fille blonde dans une école juive à Toulouse, c’est celle de chaque mère palestinienne devant son enfant mort. Qui cherche-t-on à atteindre à travers ces crimes odieux ? La mère. L’espèce. La communauté toute entière. Et la réponse, quelle est-elle ? La vengeance ? Non, la réponse, c’est la voix admirable de Nurit Peled qui la donne et qui traverse la pièce de bout en bout. Nurit Peled, dont la fillette a péri dans un attentat palestinien en 2000, s’est vue décerner le Prix Sakharov du Parlement européen en 2001. Son discours bouleversant à fait pleurer tout l’hémicycle, et elle avait, à ses côtés un père palestinien qui lui, pleurait son fils assassiné par les Israéliens. Sous terre, dit Nurit, tous les sangs, tous les morts se rejoignent. Face à la haine, l’amour est la seule réponse. Mais la souffrance, celle de ne pas avoir su protéger son enfant, ne meurt jamais. Elle reste, vous alourdit, mais vous rapproche de la terre.

Venez soutenir cette pièce avec les yeux, avec le cœur de Nurid Peled. Et empêchez, d’où qu’elle vienne, que la haine ne nourrisse la vengeance. En ces temps difficiles, c’est le message que je lance.

Véronique De Keyser
Vice-Présidente du Festival de Liège

Citoyenne d’honneur de la Palestine

13 February 2015
Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Hier le Président Abbas m’a remis la citoyenneté d’honneur de la Palestine. Cela veut dire quoi? Un diplôme, un passeport palestinien, une décoration. Et beaucoup d’émotion. Beaucoup car c’est comme si toute ma vie se déroulait soudain devant moi. Mon premier contact sur le sol palestinien avec Luisa Morgantini en 2003. A Rafah. L’enterrement à la Mukata d’Arafat en 2004, où j’ai failli tomber dans la fosse. L’observation des élections de 2005, la direction de la mission d’observation électorale de l’UE en 2006 avec la victoire incontestable du Hamas, à travers un processus électoral impeccable. Ma colère devant les sanctions internationales. La descente aux enfers de Gaza. Notre incursion dans Gaza pendant l’opération Plomb durci, avec Luisa, une fois de plus, et d’autres parlementaires pour manifester notre opposition au massacre. Le gel de la revalorisation du statut d’Isarêl au Parlement européen, mais l’échec du blocage de ACAA. Miracle, la publication en 2013 des guidelines européennes, qui précisent, si besoin était, que les colonies sont illégales pour l’Europe. Et la tragédie qui revient, la deuxième, puis la troisième intervention militaire sur Gaza, les colonies qui avancent, la paix qui recule et l’Europe qui hésite sur la reconnaissance de l’Etat palestinien, un fois encore…
La citoyenneté d’honneur n’est pas une question de résultat. En tant que Vice-Présidente du Groupe Socialiste au Parlement européen et Vice Présidente du Groupe sur le Moyen Orient, je me dis que je n’ai rien réussi: quand je vois l’état de la Palestine, rétrécie comme une peau de chagrin, je mesure l’ampleur de l’échec . Mais mon espoir dans un futur meilleur pour les Palestiniens est intact, ma certitude que l’occupation aura une fin aussi, et mon amour pour cette terre déchirée est plus fort que jamais. Ce n’est pas si mal. Et c’est contagieux.

Forcer l’espoir

16 November 2014

Le maire de Ramallah et Véronique De Keyser 2013

FORCER L’ESPOIR

 

On me dit : on ne sait plus ce que tu deviens ! Le temps de m’initier à la gestion autonome de mon site[1] et me voilà de retour.  Une nouvelle vie commence.  Finalement, elle n’est pas très éloignée de la précédente.  Ces six premiers mois ont passé à la lumière de l’éclair. Ecriture, conférences, voyages de travail : décidément se poser à du bon !

Mais en cette période chargée sur le plan politique en Belgique- et le plus dur est à venir- une toute petite lueur, qui peut paraître insignifiante : le jumelage de Liège avec Ramallah se concrétise enfin.  Je pars ce mercredi 19 novembre en Palestine ou je remplace le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, pour la signature des accords.  Cette signature aura lieu en marge d’une grande conférence de toutes les villes jumelées avec des villes palestiniennes.  L’occasion de montrer que si les politiques, à l’échelle internationale, sont impuissants à faire taire les armes, les citoyens européens peuvent encore agir à l’échelle locale.  La coopération entre Liège et Ramallah se placera dans les champs de l’éducation, de la santé et de la culture.  Dans les périodes difficiles, comme celle que nous traversons aujourd’hui, les gestes de solidarité vis-à-vis de ceux qui sont dans une précarité encore plus grande, sont des échanges précieux. Ils forcent l’espoir.



[1] Dont je n’ai pas encore réussi à modifier le titre périmé de Députée européenne: sorry!

 

Les photos de la soirée de présentation de mon livre à Liège

31 January 2014

Ce jeudi 30 janvier avait lieu la présentation de mon livre “Palestine, la trahison européenne”, à la Librairie Livre aux Trésors de Liège. Une conférence-débat animée par la journaliste liégeoise Françoise Bonivert. Cinquante personnes s’étaient déplacées. Monsieur le Sénateur – Bourgmestre Willy Demeyer, Monsieur le Sénateur Hassan Boussetta et l’Eurodéputé-Bourgmestre Frédéric Daerden sont venus se joindre à la rencontre.

Voici les photos de la rencontre

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“Palestine, la trahison européenne” livre présenté à Liège ce 30/01

29 January 2014

Vous êtes toutes et tous les bienvenus à la présentation du livre “Palestine, la trahison européenne” que j’ai co-écrit avec Stéphane Hessel.

Ce débat sera modéré par Françoise Bonivert

 

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Mon livre présenté à Namur

19 January 2014
Très chouette soirée de présentation de mon livre sur la Palestine au théâtre de Namur vendredi, à l’invitation de la Maison de la Laïcité de Gesves, de la Coordination namuroise Belgo-Palestinienne et de la librairie Papyrus.
L’occasion de retrouver aussi de très vieux amis, comme André Verlaine, Jean-Jacques Jespers, qui animait le débat, Jean-Claude Garot, Philippe Mahoux et bien d’autres: un vrai bonheur!
Prochain rendez-vous le 30 janvier 19h à la Librairie Livres aux Trésors à Liège. Invitation pour tous !

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Mon livre “Palestine, la trahison européenne” présenté à Namur le 17 janvier

10 January 2014

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Palestine, la trahison européenne – Livre paru chez Fayard

6 January 2014

Ce livre, co-écrit avec Stéphane Hessel, était, à l’exception du dernier chapitre sur la jeunesse palestinienne, terminé en février 2013, quinze jours avant la mort de Stéphane Hessel. La photo de couverture ayant été prise à Paris, dans l’appartement de Stéphane Hessel le 12 février, quelques jours avant sa mort.  Stéphane Hessel avait à l’égard d’Israël une indignation qui n’égalait que son amour pour ce pays- “qui pourrait être plus merveilleux encore” disait-il, “s’il voulait bien respecter le droit international“.

Couverture du livre "Palestine, la trahison européenne"

Couverture du livre “Palestine, la trahison européenne”

Véronique De Keyser partageait avec Stéphane Hessel l’indignation, la référence à l’ONU, mais dans cet ouvrage, c’est l’attitude de l’Europe qui l’interpelle. L’Europe, qu’elle connaît de l’intérieur, puisque, parlementaire européenne depuis 2001, elle est vice-présidente du Groupe des Socialiste et Démocrates, en charge des Affaires Étrangères et du Moyen-Orient.  Elle a été également, chef de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne de 2006, cette même élection qui avait vu la victoire du Hamas.  Elle est donc très sévère dans sa radiographie des décisions européennes, qualifiées ultimement par elle de trahison européenne.

Qu’évoque ce livre?

  1. L’ouvrage traite des années Abbas, de 2006 à ce jour.  Un Abbas qui n’a pas le charisme de son prédécesseur, mais auquel, ni les Etats-Unis, ni Israël, ni hélas l’Europe, n’ont laissé aucune chance. Véronique De Keyser parle d’une décridibilisation constante de Abbas, que le jeu des sanctions internationales a transformé en mendiant auprès des grandes puissances, en dirigeant faible et illégitime auprès d’Israël.  Implacablement, Véronique De Keyser évoque les réunions politiques où le soutien à Abbas, en termes d’argent, en termes d’armes, est âprement monnayé par l’Union européenne, mais aussi par Israël.  Il fallait en faire un leader- pour qu’il supplante le Hamas mais, dans le chef d’Israël, le leader faible d’un peuple désuni.
  2.  L’attitude européenne et internationale vis-à-vis du Hamas est aussi au centre du livre. Mis sur la liste terroriste européenne à la demande d’Israël en 2003, dans la foulée d’actions coordonnées de la lutte contre le terrorisme international, le Hamas avait gagné démocratiquement les élections de 2006.  Mais il n’a jamais eu l’occasion de faire la preuve de sa capacité- ou de son incapacité – politique à diriger la Palestine.
  3. Le jeu des sanctions internationales, le refus de la communauté internationale, dont l’Europe, de traiter avec le gouvernement d’unité nationale Fatah-Hamas de 2007, le refus d’Israël de considérer sérieusement les propositions de trêve du Hamas pour alléger le siège de Gaza, ont poussé le Hamas à la faute : le putsch de décembre 2007, alors que ce parti avait gagné les élections.  Et ce putsch a signé la lente descente aux enfers de Gaza et la fracture du peuple palestinien toujours pas résorbée.  Et cette fracture a rendu impossible toute tenue d’élections, a participé aux doutes et aux rumeurs sur la légitimité de l’Autorité palestinienne, dont Libermann s’est fait l’écho dans une lettre publique à Cathy Ashton en 2012, “ce type de comportement a suscité des critiques, même au sein de sa propre circonscription. À cause de la faible réputation d’Abbas, et de sa politique de non renouvellement des négociations, ce qui entrave la paix, le temps est venu de penser à une solution créative, “de penser en dehors de la boîte” afin de renforcer le leadership palestinien“. (p256)
  4. Véronique De Keyser est obsédée par les occasions manquées de l’Union européenne, elles ont été tellement nombreuses et successives que c’est devenu une trahison.  L’Europe aurait pu, en tant que soft power, peser sur Israël- pour lever le siège de Gaza, pour geler l’expansion des colonies si elle l’avait voulu.  Ses relations économiques  avec Israël lui en donne largement les moyens.
  5. Mais tout en critiquant Israël et en condamnant sa politique de colonisation, tout en demandant depuis plus de cinq ans la levée immédiate du siège de Gaza, l’Europe n’a jamais voulu que cette condamnation ait la moindre incidence sur ses relations économiques avec Israël.  Sans rehausser le statut de ce pays – gelé formellement depuis l’Opération Plomb durci – l’Europe a continué, dans le cadre existant à multiplier avec Israël ses contrats – ACAA, perspectives de Horizon 2020 etc.  Il n’y a eu, et il n’y aura aucun frein, aucune pression vis-à-vis de ce partenaire privilégié.

    Le seul bémol actuel est celui des récentes lignes directrices qui concernent les colonies : l’UE se réserve de ne permettre aucun subside, aucun contrat, vis-à-vis d’entreprises ou de sous-traitant travaillant dans les colonies de peuplement.  Mais ces dispositions européennes, fortement critiquées par les Etats-Unis et Israël font aujourd’hui l’objet de pressions pour être circonvenues.

    Véronique De Keyser déclare l’Europe a trahi « L’Europe n’a pas su protéger en 2006, la démocratie palestinienne émergeant des urnes.  Elle a été infiniment plus complaisante avec les nouveaux régimes arabes.  Elle n’a pas su protéger Abbas des pressions israéliennes et américaines qui l’ont transformé, tantôt en mendiant, tantôt en marionnette, jusqu’à lui donner à l’Onu une dimension tragique.  Elle n’a même pas su protéger la belle idée d’État. Elle n’a pas su protéger la voie de la négociation, que l’extension des colonies dément et bafoue chaque jour. Elle a trahi. Le mot trahison européenne est fort et j’en mesure le poids, sans retirer pour autant ce jugement douloureux. J’ignore si nous aurions pu, avec plus de détermination et d’audace politique, saisir les occasions d’ouverture, faire avancer véritablement la paix.  Mais pour autant, quels que soient l’aide, le financement et le soutien logistique que nous avons apportés à la Palestine, nous avons manqué à notre responsabilité politique, celle qui dès 1948, impliquait de traiter sur pied d’égalité Palestiniens et Israéliens en garantissant à chacun leur sécurité et leurs droits.  Soixante- cinq ans après, la dissymétrie est  hallucinante.  L’écran de fumée d’une politique soit disant équidistante vis-à-vis des deux parties a abouti à une population palestinienne exsangue, privée de toute mobilité, sous une occupation dure et à qui on promet   le temps venu  un État comme à d’autres on promettrait le ciel.  Si nous ne changeons pas de logique, on connaît déjà la suite de l’histoire.  Un jour le Moyen-Orient s’embrasera.  Car c’est intenable et aucune humiliation, aucun asservissement, ne peuvent devenir un destin. »  (p 283)

  6.  L’avenir de la Palestine forme le dernier chapitre du livre : un seul ou deux Etats ?  Oslo toujours vivant ou Oslo mort ?  Tant en Israël qu’en Palestine de nombreuses voix s’élèvent contre Oslo.  Mais quoi d’autre ?  La disparition pure et simple de la Palestine transformée en une série de cantons dans le plan Liberman ? Un peuple palestinien uni et souverain, qui se moque de la géographie et des frontières comme le rêvent les jeunes Palestiniens, cousins des Indignés européens, et chers au cœur de Stéphane Hessel ?  Ces nouveaux Indignés se battent contre les colonies israéliennes en plantant des tentes et veulent à nouveau, comme du temps d’Arafat,  rentrer dans l’histoire.

La démarche d’Abbas à l’ONU leur a donné un avant goût de cette nouvelle histoire,  Mais ils leur restent à transformer cette décision onusienne en  droits sur le terrain.  Et en dignité retrouvée.  Et l’Europe là-dedans ?  Trop engluée dans sa propre histoire et ses contradictions pour les faire encore rêver.  Ils regardent plutôt du côté de l’Amérique latine qui leur est favorable et a su se démarquer, elle, de la politique américaine. Mais Véronique De Keyser ne manque pas d’espoir “quand je voyais dans les yeux de Stéphane ce que je vois aujourd’hui dans ceux de Majed Bamya ou de tant d’autres jeunes, cet espoir irréductible de voir triompher le droit international, je sais que l’avenir ne peut être noir.” (Postface 289)

Véronique De Keyser

Députée européenne

Journée de la femme: l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique

7 March 2012

Si chaque année, la journée internationale de la femme est l’occasion de faire un point sur la condition des femmes, l’égalité des sexes, la pauvreté, les écarts de rémunération, l’accès à l’emploi…elle doit aussi être une opportunité supplémentaire de regarder au-delà de nos frontières et d’approfondir notre réflexion concernant les avancées futures. Le combat en faveur des femmes de Véronique De Keyser, ici, partout dans le monde, qui vient d’être récompensé par le Prix Théroigne de Méricourt fin 2011, est pour elle une préoccupation non pas d’une journée, sinon de tous les jours.


De gauche à droite : Poul Ramussen Président du Parti Socialiste Européen et Véronique De Keyser Vice-présidente du groupe Socialistes et Démocrates Députée européenne et Présidente du jury des Silver Rose Awards, la représentante de l’association KAOS GL qui s’est vue décerné un prix, Iris Munguia qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière victimes d’harcèlements sexuels également récompensée par Véronique De Keyser

Ce 6 mars 2012, l’eurodéputée qui présidait les Silver Rose Awards, récompensait avec émotion des femmes qui se battent concrètement chaque jour, avec convictions et courage, pour un monde plus solidaire et équitable. L’un des prix récompensait l’association KAOS GL qui défend en Turquie les droits à la pleine liberté d’orientation sexuelle et notamment les droits des gays, des lesbiennes et des transsexuels même si, contrairement à certains pays, l’homosexualité n’a jamais été illégale dans ce pays laïque. Kaos lutte contre toute forme de discrimination directe ou indirecte. L’autre prix mettait à l’honneur le travail d’Iris Munguia, qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière qui sont souvent victimes d’harcèlements sexuels et de multiples discriminations au travail. Iris Munguia a milité durant des décennies pour leurs droits plus particulièrement au sein des plantations de Chiquita au Honduras.


Leila Shahid Déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne et Véronique De Keyser Députée européenne et marraine de « La Palestine au Féminin »

« La Palestine au Féminin ». Aujourd’hui 7 mars, en présence de Leila Shahid déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne, Véronique De Keyser recevait au Parlement européen un groupe de femmes palestiniennes venant de Gaza, de la Cisjordanie et des territoires occupés et cela dans le cadre de la Journée de la Femme. Ces huit femmes remarquables – Rania Elias, Directrice du Festival de Jérusalem, la journaliste Naela Khalil, Nadia Abu Nahla, Directrice de l’organisation de la coalition des femmes à Gaza Strip, Amal Elsana-Alh’jooj, Directrice du Arab Jewish Center for Equality Empowerment and Cooperation, Mona Taneeb, personnage de référence du mouvement des femmes paysannes, Amneh Jibril de la General Union of Palestine Women, Rana El Nashashibi, activiste dans le domaine social et politique à Jérusalem et Naila Ayesh, Directrice du Centre d’Affaires des Femmes à Gaza – étaient parrainées par huit femmes au Parlement européen, dont Véronique De Keyser.

Demain, 8 mars, Véronique De Keyser fêtera la journée internationale des femmes en compagnie de Jean-Pierre Hupkens, Échevin de la culture et Willy Demeyer, Bourgmestre à Liège, pour ne pas oublier qu’aujourd’hui dans le monde des femmes meurent encore sous le poids des inégalités, que ce soit par la violence, par le non accès aux soins de santé,… Victimes de leur statut de femmes – femmes monnaie d’échange, femmes tribu de guerre, femmes moins qu’un homme… Femme organe reproducteur sans plus.

Le 9 mars, toujours dans le cadre de la “Journée Internationale de la Femme” à la Maison de la Laïcité à Angleur, place au vernissage de l’exposition des artistes-peintres Djamila Gassoiand, Nathalie Gornescu et Berna Güzel en présence du Député à la province Paul-Émile Mottard. Début à 19h30. Trois artistes-peintres qui proposent un regard sur la société sous différentes facettes et différentes sensibilités.

Le 10 mars, les halles à Scaherbeek acceuilleront un concert de clotûre de Rim Banna en l’honneur des 8 femmes d’exception venues de Palestine reçues par Véronique De Keyser, et qui incarnent par leur parcours et leur combat tant la Palestine et son destin exceptionnel, que le combat des femmes dans sa dimension universelle. Menée entre le 8 mars 2011 et le 8 mars 2012 et parrainée par 8 parlementaires européennes, « la Palestine au Féminin » a permis à ces 8 femmes de visiter la Belgique et de mettre en exergue le rôle et l’engagement de la femme palestinienne dans tous les domaines en faveur de la liberté, de la dignité et de l’égalité.

Pour Véronique De Keyser, si la journée du 8 mars est un rappel indispensable du combat en faveur des femmes, l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme

2012, année du Théâtre de la Liberté !

29 December 2011

Une année se termine. J’ignore ce que sera 2012 sinon une année difficile où il faudra se resserrer, se durcir dans ses convictions, retrouver sa cohérence dans un monde qui excelle à nous éparpiller. J’ai donc voulu dédier cette année 2012 à quelqu’un, pour qu’il m’aide à garder cette cohérence : Juliano Mer-Khamis.

Peu d’entre nous le connaissent. Assassiné de 5 balles à la poitrine le 4 avril 2011 devant le théâtre qu’il avait fondé à Jenine, Juliano était né de père palestinien et de mère juive. Et il se définissait lui-même comme Juif à 100% et Palestinien à 100% ! Acteur connu en Israël, il aurait pu faire une carrière sans histoire s’il n’avait poursuivi le travail de sa mère Arna, auprès de camps de réfugiés de jeunes à la première intifada. Lui-même avait monté le Théâtre de la Liberté de Jenine. Le théâtre était un lieu ou garçons et filles, tous malades de l’occupation et de sa violence, pouvaient reprendre leur vie en main et sublimer l’insupportable. Ils pouvaient aussi rêver et construire un futur sans risque de démolition par les bulldozers israéliens. Car pour ces enfants, le seul moyen de rester en vie sans être blessés arrêtés ou tués, c’est d’adoucir leur colère, la sublimer et la dompter sans renoncer à la résistance. Le Théâtre de la Liberté ne pouvait que gêner les extrémistes de tout bord.

En 2009, après que le théâtre eut été l’objet de deux incendies criminels, Juliano écrivait : « Nous sommes ici pour responsabiliser nos enfants, les éduquer et pour construire un nouveau futur face à l’occupation israélienne. Des années de destruction et d’oppression ont laissé nos enfants sans aucune activité culturelle élémentaire et sans aucune possibilité artistique. Tout enfant au monde a le droit de visiter le théâtre, d’en apprendre la langue et a la possibilité d’en étudier les arts pour manifester son identité et sa personnalité. Le théâtre, le cinéma, les arts en général, sont essentiels au développement de l’enfant ainsi que de notre société, afin que notre nation devienne forte, libre indépendante. 1 » Sans concession, tant pour les aspects répressifs de la société palestinienne que pour l’oppression et l’occupation israéliennes, Juliano était un esprit libre. C’était donc un homme à abattre.

Alors que dans les coulisses de l’histoire, le ballet diplomatique s’agite aujourd’hui autour de la question de l’Etat palestinien, de la réconciliation Fatah/Hamas et des multiples appels à la reprise des négociations de paix, puisse la Liberté-la vraie- et le Futur-celui des enfants de Jenine, de Gaza et d’ailleurs- ne pas être oubliés en 2012. Puisse 2012 être ton année, Juliano.

1 Voir notamment l’article de Henri Wajnblum « Victime de l’intolérance assassine, Juliano Mer-Khamis est mort » dans Points Critiques, mai 2011, n°316,pp4-5.