Le Parlement européen honore le Printemps arabe
11 décembre 2011France Info: l’Europe au quotidien
Le Parlement européen honore le Printemps arabe
Dimanche 11 Décembre 2011
La session de décembre du Parlement européen est toujours l’occasion d’une cérémonie particulièrement émouvante: celle de la remise de son prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.
Chaque année depuis plus de 20 ans, les eurodéputés récompensent des personnes ou organisations qui luttent contre l’oppression et pour la liberté de pensée. Cette année, ils ont choisi d’honorer cinq figures, cinq « Activistes’ du Printemps arabe: le Tunisien Mohamed Bouazizi, l’Egyptienne Asmaa Mahfouz, le Lybien Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, enfin deux Syriens, l’avocate Razan Zeitouneh et le caricaturiste Ali Farzat. Un choix qui s’est imposé comme une évidence.
Ces révolutions arabes ont remis en cause certains choix faits par les Européens dans leur soutien à certains régimes
Le Prix Sakharov est considéré comme l’équivalent européen du Prix Nobel de la Paix. C’est un prix militant qui soutient partout dans le monde des personnes qui s’illustrent par leur action en faveur de la liberté et les encourage à poursuivre leur combat. D’où la difficulté à mettre les groupes politiques d’accord, au risque parfois de nuire à la visibilité du Prix. Récemment le Parlement avait ainsi décidé de ne choisir plus qu’un seul lauréat, vivant, afin qu’il ait encore « un combat devant lui », comme le souligne l’eurodéputée belge Véronique de Keyser, vice-présidente du groupe socialiste.
Des nouvelles règles qui ont volé en éclats tellement le Printemps arabe s’est imposé comme une évidence cette année aux yeux des eurodéputés. Parce qu’ils ont été particulièrement touchés par la force et le symbole de ces révolutions, mais aussi parce qu’elles ont remis en cause certains choix faits par les Européens dans leur soutien à certains régimes, explique Véronique de Keyser.
Le Parlement européen a donc décidé de célébrer à titre posthume le Tunisien Mohamed Bouazizi qui a été le déclencheur des révolutions arabes en s’immolant par le feu le 17 décembre dernier. Son geste a provoqué un large mouvement populaire qui a mené à la chute du régime de Ben Ali.
La deuxième lauréate est la bloqueuse égyptienne Asmaa Mahfouz, l’une des fondatrices du « Mouvement des jeunes du 6 avril », qui avait lancé l’appel à se rassembler sur la place Tahrir au Caire, mouvement qui a conduit à la chute du raïs égyptien Hosni Moubarak.
Parmi les précédents lauréats du Prix Sakharov figurent Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et Anatoli Marchenko, Taslima Nasreen
Ont également été honorés Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, 77 ans, un dissident libyen qui a passé 31 ans en prison en raison de son opposition au régime de Mouammar Kadhafi ; Razan Zeitouneh, avocate de 34 ans qui dirige des comités coordonnant la révolte en Syrie, dont le mari est en prison et qui est elle-même obligée de se cacher ; et enfin Ali Farzat, caricaturiste de presse, gravement battu en août par les forces de sécurité syriennes qui lui ont cassé les mains.
La cérémonie solennelle de remise du prix aura lieu ce mercredi 14 décembre dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg. Un an après la mort de Mohamed Bouazizi (le 17 décembre 2010).
Parmi les précédents lauréats du Prix Sakharov figurent Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et Anatoli Marchenko, Taslima Nasreen, Hu Jia, ou encore Memorial.
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