25 janvier 2011




27 janvier 2011, une journée de mémoire mais aussi de solidarité.
Mercredi 27 janvier 2010, il était presque 1h45 du matin et le Conseil communal, auquel je participais, touchait à sa fin quand une violente explosion secoua l’Hôtel de Ville et tout le quartier « Léopold ». Presque un tremblement de terre. Le 18 de la rue Léopold venait d’exploser. L’intérieur de l’immeuble s’effondra sur lui-même et un violent incendie se déclara.
L’immeuble voisin fut immédiatement touché et l’incendie s’étendit.
L’immeuble s’effondra à 7 h00 du matin enlevant tout espoir de retrouver des survivants.
L’explosion et l’incendie qui s’ensuivit firent 14 morts et une vingtaine de blessés. Une catastrophe sans précédent.
Un quartier sinistré. Des centaines d’habitants déplacés. Des dizaines de maisons inhabitables.
Une catastrophe due, peut-être, à une fuite de gaz. Mais, rien à ce jour n’est confirmé.
Cette catastrophe humaine mettra pourtant en évidence le courage d’Alexis Robert et de Vicky Storms qui permirent de sauver la vie de la petite Elena ; le courage, le dévouement et la compétence de nos pompiers, des services de secours, de la protection civile, des policiers liégeois, des services communaux et provinciaux liégeois qui, tous, travaillèrent sans relâche, nuit et jour, dans des conditions plus que difficiles et dramatiques.
Cette catastrophe permit aussi à la population de la région liégeoise d’exprimer sa légendaire solidarité.
Un an après, je me souviens de ces jours noirs pour notre Cité. Je présente à toutes les familles des victimes mes pensées les plus émues et réitère tous mes remerciements à tous les services qui sont intervenus dans le cadre de ce drame.
Mots-clefs: Alexis Robert, conseil communal, gaz, incendie, Liège, police, pompiers, protection civile, quartier Léopold, secours, Véronique De Keyser, Vicky Storms
Publié par Véronique De Keyser dans Divers |
1 février 2010
Blog du 31 janvier 2010. Semaine interminable. Une des plus tristes de ma vie. Et parce que les fouilles ne sont pas finies, parce que tous les corps peut-être n’ont pas été retrouvés, le deuil n’est pas encore possible. Nous devions reprendre le Conseil communal ce lundi, à l’endroit même où il s’était arrêté, puis rendre hommage aux victimes et ainsi repartir vers la vie, mais les fouilles reprennent, le Conseil est annulé, l’hommage postposé. Et pourtant, dans cette détresse, que de messages d’espoir en l’humanité. Message des morts d’abord, dont certains ont sacrifié leur vie pour qu’une autre soit sauvée. Car dire aux sauveteurs de sauver d’abord une enfant, quand un immeuble est sur le point de s’écrouler, c’est s’exposer à mourir soi-même. Et c’est ce qui est arrivé hélas puisqu’un jeune couple, encore en vie après l’explosion, n’a pas résisté à l’effondrement de la maison. Message de courage et d’abnégation des pompiers, une fois de plus, alors que leur métier n’est pas encore reconnu comme métier à risque. Message de solidarité des Liégeois et des Liégeoises et du pays entier qui veulent aider, donner, atténuer la détresse. Dès les premières heures de l’annonce du désastre, mes amis et mes collègues du Parlement me téléphonaient : « que peut-on faire, où peut-on donner, faut-il prendre des enfants à la maison ? » Tous veulent partager et alléger le poids de la catastrophe. Et puis, message de toute une ville. Car la façon dont la catastrophe a été prise et gérée de la première minute jusqu’à ce jour, me remplit d’admiration et me réconforte. Me rassure. Car s’il est vrai que dans le malheur, il y a eu quelques coups de chance - le bourgmestre, le chef de la police étaient sur place, les pompiers sont arrivés très vite, et le démarrage des secours est intervenu dans les premières minutes – le reste du plan catastrophe tel qu’on l’a vu se dérouler cette semaine ne doit plus rien au hasard.
C’est une immense machine organisationnelle qui a été mise en place. Elle a rencontré une palette incroyable de problèmes, qui va des aspects psychologiques de la catastrophe – aide aux victimes, récupération des animaux domestiques, des cours d’étudiants, etc. – aux aspects techniques et de sécurité les plus poussés – étançonnement des immeubles touchés, vérification de l’état du réseau électrique et de gaz dans le quartier, réquisition de logements. La dernière décision prise, c’est-à-dire ne pas démolir les immeubles touchés mais renforcer leurs structures pour reprendre les fouilles, témoigne du réajustement constant de la stratégie en fonction de la situation. Et ça, ça ne s’improvise pas. Quand je rencontrais à l’Eglise Saint André, certains de mes anciens étudiants en psychologie, engagés par la Ville il y a quelques années dans les contrats de sécurité et qui se retrouvaient en première ligne pour l’aide psychologique aux victimes, je me disais – heureusement que la Ville avait ce potentiel qui pouvait immédiatement se mettre à l’œuvre. Idem pour les pompiers, dont le statut doit impérativement être revu, mais qui ont eu, grâce à l’intercommunale, un équipement décent. Idem pour les forces de police. La catastrophe a au moins révélé ce visage rassurant d’une Ville dans des circonstances dramatiques. Respect, monsieur le Bourgmestre. Respect à toute votre équipe.
Mots-clefs: Bourgmestre, conseil communal, Liège, parlement européen, police, pompiers, sauveteurs, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Divers |
27 janvier 2010




Blog du 27 janvier 2010. Le cœur de Liège explose. Je viens de rentrer à la maison. Gigantesque explosion dans la rue Léopold à Liège alors que nous étions en plein Conseil Communal, c’est-à-dire à cinquante mètres de l’explosion. Toutes les vitres de l’hôtel de ville sont soufflées sur la façade arrière. Nous avons d’abord cru à un attentat, une bombe – d’autant que des maisons entières s’étaient effondrées et commençaient à flamber. C’était le Conseil où on votait le budget annuel. Tous étaient là, y compris le chef de la police, le bourgmestre etc. La coordination des secours et des autorités a donc été immédiate : la police était sur les lieux et les pompiers sont arrivés en quelques minutes. Les voitures des membres du Conseil étaient garées à quelques mètres de l’explosion. Beaucoup sont détruites. Mais j’ignore encore, à l’heure où j’écris ces lignes s’il y a des victimes sous les décombres. Personne n’a crié, au moment ou tout a vacillé mais on a d’abord pensé aux lustres, gigantesques qui risquaient de se décrocher au plafond, au fait que l’instant d’avant on mangeait tous ensemble dans la salle arrière la plus exposée et ce n’est qu’après quelques instants en regardant aux fenêtres, qu’on a mesuré l’étendue du désastre : les maisons effondrées, le feu qui avait déjà pris aux étages et les pompiers sortaient des gens qui s’étaient réfugiés aux étages. On a réalisé alors que les victimes n’étaient pas nous, mais d’autres, si près de nous. Une fine poussière grise recouvrait la cour arrière de l’hôtel de ville. Ma voiture, bousillée à l’avant et à l’arrière, roulait cependant encore. Je suis rentrée à la maison, complètement sonnée pendant que les secours se poursuivent. Il est trois heures vingt cinq du matin. Bravo pour les secours.




Mots-clefs: conseil communal, explosion, hôtel de ville, Liège, police, secours, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse, Divers |
18 décembre 2009
Je suis coincée à l’hôtel car je pars dans la journée et que l’aller retour au Bella Center où se déroule la conférence est devenu impossible. Tout est bouclé, la vie à Copenhague s’est momentanément figée dans la glace: Obama arrive. Hélicoptères, sirènes, stupeur et tremblement… Et pourtant, sans doute, il ne va pas bouleverser le paysage. Ce sommet est une déception. Ce n’est pas la peine de laisser tomber les bras et il faut maintenir la pression entre Copenhague et la prochaine conférence à Mexico- il fera plus chaud qu’ici! La seule avancée, c’est celle d’Hilary Clinton hier, mais elle ne fait que rejoindre ce qui avait déjà été voté au Parlement européen: une promesse de 100 milliards (mais attention, chez Hilary c’est 100 milliards de dollars et chez nous c’était 100 milliards d’euros!) pour les pays en développement frappés à la fois par la crise climatique et par la crise financière. Pour le G77 dont j’ai déjà parlé c’est une bonne nouvelle. Pour le reste il y aura sans doute deux textes: l’un qui serait un prolongement de Kyoto (que réclamait le G77), l’autre, une déclaration dans l’orbite de la Convention cadre des nations Unies sur le changement climatique. Et c’est cette dernière devrait être retravaillée pour aboutir finalement, si la volonté politique est là, à quelque chose de contraignant à Mexico à la fin de l’année prochaine. L’échec prévisible ne laisserait pas un vide, puisqu’on continuerait Kyoto entretemps. Mais je rappelle que Kyoto ne vise que 30% des émissions et que ni la Chine ni les USA n’en font partie. Cela ne veut pas dire qu’entre temps l’Europe ne peut pas miser encore davantage sur des législations fortes à l’échelle européenne, comme elle l’a fait jusqu’ici, mais elle n’aura pas réussi à entrainer ses redoutables partenaires. C’est ce qui est le plus probable à l’instant où j’écris ces lignes, à 10h10 exactement.
Pour le reste l’organisation de la Conférence à été effroyable. Hier, des centaines de participants assistaient aux débats et rencontres avec manteaux et moufles, car il soufflait un vent glacial à l’intérieur de ce vaste campement. Dehors, des ONG courageuses continuaient à manifester contre leur éviction. Une de nos assistantes s’est présentée pendant trois jours, des heures durant et sans succès pour obtenir une accréditation. Elle ne l’a eue que hier, jeudi, et grâce à un subterfuge. Mais attention, c’est l’ONU et non pas le Danemark qui était responsable de cette organisation interne. En revanche, la répression musclée des manifestations externes, là c’est bien le Danemark. Bref, dur politiquement, dur climatiquement et chaotique sur le plan organisationnel. Mais comme d’habitude, dans l’équipe des députés les fou-rire continuaient, on avait le moral, l’agenda chargé des rencontres roulait à la perfection, et les fonctionnaires qui nous accompagnaient -qu’on appelle affectueusement nos baby-sitters tant nous sommes des incapables- ont été merveilleux. Un peu de tendresse dans un monde de brutes !
Mots-clefs: capitalisme, Chine, CO2, Connie Hedegaarde, Copenhague, Etats-Unis, G77, Hilary Clinton, Kyoto, manifestants, Mexico, Obama, ONG, planète, police, réchauffement climatique, terre, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique |
17 décembre 2009

Mercredi 16 décembre 2009. Un mot pour décrire l’atmosphère des débats aujourd’hui à Copenhague : la folie ! Le tournis. Les ONG manifestent devant un centre de conférence blindé comme un coffre fort, faute de pouvoir y pénétrer et les heurts avec la police sont musclés – bonjour l’image de marque de la rencontre conviviale ! Connie Hedegaarde, la ministre danoise qui présidait la conférence, rend son tablier et passe la main des négociations à son Premier Ministre, laissant derrière elle les pays en développement frustrés et mécontents. A six heures ce soir aucun texte ne pouvait servir de référence à des négociations à venir alors que bien des versions différentes avaient circulé. Et pourtant ! Et pourtant elle tourne, aurait dit Galilée. Et pourtant elle se réchauffe nous disent les scientifiques preuves à l’appui ! Il est difficile, vu les innombrables cris d’alarmes qui ont alerté le monde, qu’un dirigeant ose rentrer chez lui les mains vides en disant : «Pas de conclusion. Pas d’accord ambitieux. Pas d’accord contraignant. Les eaux vont sans doute monter. Votre lopin de terre peut disparaître. Mais je n’ai rien pu faire.» Difficile à imaginer car un échec à Copenhague mettrait la planète en danger.
L’accouchement se révèle donc difficile mais le travail a commencé. De nombreux témoignages poignants en séance plénière, comme ceux des chefs de gouvernement d’iles en voie de disparition. Cri d’alarme du Président des Maldives et de celui de la Micronésie dont les terres risquent d’être englouties. Ensemble. Combien de fois n’ai-je pas entendu ce mot aujourd’hui : ensemble. Together. C’est ensemble qu’il faut sauver la planète. Personne ne comprendrait aujourd’hui qu’un état, si puissant soit-il, joue cavalier seul. Ni la Chine, ni les Etats-Unis qui n’ont pas signé le protocole de Kyoto. Certes le G77, c’est-à-dire le groupe des pays en développement, accorde difficilement sa position à celle de l’Union européenne. La distance politique prise par le G77 s’explique en partie pour des questions de procédure. Connie Hedegaarde, présidente de la Conférence jusqu’à cet après-midi, aurait consulté précocement, pour accélérer les négociations, certains pays industrialisés lors de réunions informelles. D’où un sentiment d’exclusion des pays en développement. Mais plus profondément ces pays ne voient pas toujours pourquoi ils devraient participer à l’effort commun, alors qu’ils sont victimes d’un mode de production et de consommation qui leur est étranger. Quand Chavez lance du haut de la tribune cet après-midi «7% des pays les plus riches de la planète sont responsables de 50% des émissions de CO2», il se fait applaudir frénétiquement par les pays les plus pauvres. Surtout quand il ajoute : «Le fantôme qui hante ces lieux, c’est le capitalisme».
C’est pourquoi, même avec un accord financier favorable aux pays les plus pauvres du G77 pour permettre une adaptation des pays en développement aux défis du changement climatique, nous ne les mettrons pas dans notre camp sans introduire, dans nos relations diplomatiques, un sentiment de confiance et d’égalité. Sans quoi, ils se contenteront de nous présenter l’ardoise, sans participer à l’effort commun. Pour moi, le plus grand enjeu de Copenhague c’est sans doute celui là. L’avenir va-t-il voir le fossé entre le Nord et le Sud s’agrandir, ou allons-nous ensemble lutter contre le changement climatique ? Avec bien entendu, nos différences et nos moyens respectifs. Le G77 est loin d’être un groupe homogène puisqu’il regroupe des pays aussi différents que la Chine ou les Maldives. Aujourd’hui ce groupe se raccroche au protocole de Kyoto, contraignant certes, mais qui ne concerne que 30% des émissions de CO2 et est boudé par de grands acteurs comme la Chine et les Etats-Unis. Kyoto est totalement insuffisant aujourd’hui. Il nous faut donc un accord ambitieux, contraignant et partagé par tous. L’accouchement va être difficile, le bébé se présente mal, mais le monde entier retient son souffle. C’est bientôt Noël à Copenhague et il neige déjà : on croise les doigts en espérant un petit miracle.
Mots-clefs: capitalisme, Chavez, Chine, Connie Hedegaarde, Copenhague, Etats-Unis, G77, Kyoto, Maldives, manifestants, Micronésie, ONG, planète, police, terre, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique |