(Cliquer sur le communiqué de presse ci-dessous « Donnons au hommes du feu un statut de métier à risques ! » pour l’agrandir)
Samedi 19 mai aux Halles des Foires de Liège (Coronmeuse), a lieu la rencontre européenne des jeunes sapeurs-pompiers qui promet d’être spectaculaire. A l’occasion du 5e anniversaire de l’Ecole des Cadets et des 20 ans de l’Ecole du Feu, la traditionnelle « Journée des Cadets » sera, cette année, remplacée par la première « Rencontre Européenne des Jeunes Sapeurs-Pompiers ». Pour cette première rencontre, près de 600 cadets de l’Europe entière sont attendus aux Halles des Foires de Coronmeuse pour faire découvrir leur savoir-faire aux citoyens.
Le public est attendu le samedi 19 mai, durant toute l’après-midi, sur le site des Halles des Foires de Coronmeuse. Au programme:
. parcours « pompier » par équipe de 4 sous forme d’un challenge
. démonstrations d’extinction de feu de friteuse, de secourisme
. parcours « protection respiratoire »
. mur d’escalade
. présentation statique de matériel et de véhicules d’intervention.
Mais aussi des activités de la police: crash test, maîtres chiens, PAB de la police de Liège, stand de recrutement de la police…
De jeunes sapeurs-pompiers européens seront associés à cet événement puisque l’Ecole des cadets accueillera des délégations venant de France, d’Espagne, des Pays-Bas, Suisse, de Macédoine ainsi que de nombreuses villes de Belgique, soit près de 600 Cadets.
Le dimanche 20 mai se déroulera le Congrès statutaire de l’Union Provinciale Liégeoise des Sapeurs-Pompiers s’inscrivant dans le 20e anniversaire de l’Ecole du Feu.
La Députée européenne Véronique De Keyser, qui depuis plusieurs années mène une importante action visant à ce que le métier des pompiers soient reconnus comme « métier à risques » par l’Union Européenne, est invitée à intervenir samedi à 10 heures. Elle assistera, entre autres, à la remise des brevets de cadets aux lauréats 2011-2012 de l’école de cadets.
Véronique De Keyser, qui mène un combat sans relâche aux côtés des pompiers afin que ceux-ci obtiennent un statut de « métiers à risques », se réjouis des dernières propositions du gouvernement qui témoignent d’une avancée en matière de pensions. La pension anticipée serait toujours possible à 60 ans et les conditions pour y accéder resteraient plus favorables que dans certaines autres professions. Le congé préalable à la fin de carrière, que les hommes du feu peuvent prendre avant leur pension, laisse entrevoir que l’âge pour y accéder serait relevé de 56 ans aujourd’hui à 58 ans en 2016. La ministre Joëlle Milquet s’est également engagée à lancer la réforme du statut des pompiers d’ici Pâques 2013.
Si la Fédération royale des sapeurs-pompiers s’est dit satisfaite, les syndicats des pompiers ont décidé de suspendre jusqu’au 15 mars leurs actions contre la réforme des pensions mais ont demandé à obtenir avant cette date, des éclaircissements sur les fins de carrière et le congé préalable à la retraite qu’ils souhaitent voir inclus dans le statut des pompiers. Ils demandent aussi que ce congé devienne un droit pour tout pompier quel que soit son lieu de travail. Véronique De Keyser, comme elle l’a encore fait récemment, appelle à nouveau les pompiers à interpeller les députés européens, et les assure d’ores et déjà de son soutien actif pour obtenir la reconnaissance européenne du statut de « métier à risques ».
Mon interpellation, Monsieur le Bourgmestre sera aussi courte que simple.
Mon attention a été récemment attirée par un incendie qui s’est déclaré au 20ème étage de la Tour Kennedy. Un incendie fort heureusement sans conséquence grave.
Cependant, plusieurs personnes habitant cet immeuble dont une au même étage mais côté Croisiers et une autre à un étage supérieur, m’ont signalé n’avoir été averties de l’incendie que par des appels téléphoniques venant d’amis, habitant un autre immeuble et qui s’inquiétaient.
Le building, comme bien d’autres je suppose, ne dispose d’aucun système d’alarme général comme c’est le cas notamment dans les hôtels ou des immeubles de bureaux. Système qui permettrait d’avertir les habitants de l’immeuble d’un problème et dans notre cas d’un incendie. Les échelles de pompiers n’atteignent, je pense, qu’un huitième étage, voir un ou deux de plus. Nos services de secours peuvent en cas de nécessité évacuer les habitants par cette échelle. Mais dans le cas de la Tour Kennedy (building de plus de 20 étages) comme dans d’autres buildings de cette importance, cette évacuation est impossible. Même si ce bâtiment est équipé de nombreuses portes coupe- feu, il est anormal que ses habitants ne soient pas avertis qu’il y a un incendie dans leur immeuble. A la Tour Kennedy, les habitants des étages supérieurs à celui où il y a eu un incendie ignoraient ce qui se passait (heureusement cette fois sans gravité) sous leurs pieds.
Un système d’alarme générale doit être mis en place. Il en va de la sécurité des citoyens. Même si la sécurité « incendie » n’est pas, je pense de compétence communale, la sécurité générale l’est ainsi que les services de pompiers.
Je souhaiterais, Monsieur le Bourgmestre, que nous nous penchions sur ce problème afin de prévenir une éventuelle catastrophe.
Véronique De keyser
Conseillère communale à Liège
Députée européenne
. Mons, janvier 2011 : un pompier meurt au cours d’une intervention dans une discothèque en feu. Un incendie criminel.
. Liège, janvier 2011 : un plongeur de la Protection civile meurt au cours d’une intervention de recherche des corps de deux jeunes enfants noyés.
Et, sans que cette liste ne soit malheureusement complète, souvenez-vous notamment de :
. Uccle, septembre 2008 : 2 pompiers meurent en intervention dans l’incendie criminel de l’ancien centre sportif;
. Ghislenghien juillet 2004 : 5 pompiers meurent en intervention lors de l’explosion du site.
. Nantes (France) décembre 2010 : 2 pompiers meurent en intervention lors d’un incendie criminel;
. Ain (France) mars 2009 : 2 pompiers et un sauveteur meurent en intervention lors d’un accident de canyoning.
. France, période 2003- 2008 : 65 pompiers morts en intervention.
. New York septembre 2001: 343 pompiers meurent dans l’attentat des Tours du World Trade Center.
. France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Russie… et dans bien d’autres pays, chaque année, les incendies de forêt, les accidents de montagne, les interventions en mer font aussi malheureusement de très nombreuses victimes parmi les services de secours.
Chaque jour, ils risquent leur vie pour nous… et ils n’ont toujours pas de statut européen les reconnaissant comme « métier à risques ».
Il y a quelques mois, j’avais lancé au Parlement européen avec quatre collègues, une procédure appelée « Déclaration écrite » qui visait à ouvrir la porte à la reconnaissance européenne du statut de métier à risques, en voici le contenu :
Vu l’article 153 (ex- 137 TCE) du Traité du fonctionnement de l’Union européenne;
- Considérant que les catastrophes naturelles ou technologiques mettent en péril la vie des secours amenés à intervenir,
- Considérant que les services d’incendie, de protection civile et de soins en urgence ont des statuts différents dans les pays de l’Union,
- Considérant que les services de secours des Etats-membres sont régulièrement appelés en renfort dans d’autres pays,
- Considérant le caractère à risque de ces métiers exercés tant par des professionnels que des volontaires
- Considérant le stress élevé et la charge physique associés aux interventions,
- Considérant que les législations sur la durée du travail sont inadaptées aux métiers liés aux interventions d’urgence,
1. Appelle à un statut européen des services de secours les reconnaissant comme métiers à risque ;
2. Invite les Etats membres à reconnaître ce statut à risque et à en tirer les conséquences sociales et législatives ;
3. Invite la Commission et les Etats membres à tenir compte de la spécificité des métiers de secours dans leur législation sur le temps de travail ;
4. Charge son Président de transmettre la présente déclaration accompagnée du nom des signataires au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux Parlements nationaux.
Le nombre de signatures nécessaires pour faire aboutir cette déclaration écrite, n’a pu être atteint dans le délai de trois mois. Je reviendrai sur cette question plus tard. Le problème reste entier et ma gratitude envers les forces civiles, immense.
27 janvier 2011, une journée de mémoire mais aussi de solidarité.
Mercredi 27 janvier 2010, il était presque 1h45 du matin et le Conseil communal, auquel je participais, touchait à sa fin quand une violente explosion secoua l’Hôtel de Ville et tout le quartier « Léopold ». Presque un tremblement de terre. Le 18 de la rue Léopold venait d’exploser. L’intérieur de l’immeuble s’effondra sur lui-même et un violent incendie se déclara.
L’immeuble voisin fut immédiatement touché et l’incendie s’étendit.
L’immeuble s’effondra à 7 h00 du matin enlevant tout espoir de retrouver des survivants.
L’explosion et l’incendie qui s’ensuivit firent 14 morts et une vingtaine de blessés. Une catastrophe sans précédent.
Un quartier sinistré. Des centaines d’habitants déplacés. Des dizaines de maisons inhabitables.
Une catastrophe due, peut-être, à une fuite de gaz. Mais, rien à ce jour n’est confirmé.
Cette catastrophe humaine mettra pourtant en évidence le courage d’Alexis Robert et de Vicky Storms qui permirent de sauver la vie de la petite Elena ; le courage, le dévouement et la compétence de nos pompiers, des services de secours, de la protection civile, des policiers liégeois, des services communaux et provinciaux liégeois qui, tous, travaillèrent sans relâche, nuit et jour, dans des conditions plus que difficiles et dramatiques.
Cette catastrophe permit aussi à la population de la région liégeoise d’exprimer sa légendaire solidarité.
Un an après, je me souviens de ces jours noirs pour notre Cité. Je présente à toutes les familles des victimes mes pensées les plus émues et réitère tous mes remerciements à tous les services qui sont intervenus dans le cadre de ce drame.
12 mars, soirée à Seraing en faveur de la souscription publique que j’ai lancée pour réaliser l’enquête sur l’assassinat du député communiste Julien Lahaut. 13 mars, Jean Ferrat, compagnon de route du PCF, infatigable militant de la justice sociale, n’est plus. 15 mars, je suis invitée à l’Ecole des cadets de la Province de Liège à parler de la déclaration écrite que j’ai déposée auprès du Président du Parlement européen en faveur d’un statut européen pour tous les services de secours et de la reconnaissance du caractère à risque de ces métiers. En ouverture de soirée, l’Ecole, qui initie des jeunes de 15 à 18 ans à ces difficiles professions (pompiers, policiers, secouristes ambulanciers…), rend un très bel hommage à Jean Ferrat. La détermination de ces jeunes prêts à risquer leur vie pour sauver celle des autres, l’engagement sans concession de Lahaut dans la lutte ouvrière, la volonté de Ferrat à semer des chansons frondeuses comme autant d’hymnes à la résistance… Dans ces actes d’engagement, dans ces chansons, il y a l’intensité de la vie des hommes, le courage d’affronter la réalité, la volonté de ne pas rester indifférent aux autres, à être au plus profond du peuple. Je ne vais pas refaire ici l’histoire de la vie de Jean Ferrat, marquée par la tragédie de la mort de son père à Auschwitz (qui lui inspirera «Nuit et Brouillard»), sinon simplement rappeler et saluer son sens de l’insoumission, la fraternité qu’il offrait à tout un chacun à travers ses mots honnêtes et sincères, ses colères contre la contagion des médiocrités de toute sorte… Ferrat, un poète libre mais aussi un modèle de courage, d’humanité et de lucidité qui devrait inspirer tout engagement politique.
Nuit et brouillard, la chanson de Jean Ferrat, en images…