Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

« C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible »

11 décembre 2010

Les images de Kinshasa ne s’estompent pas et cette année aura vraiment été pour moi, une année africaine. De multiples séjours au Soudan où je dirigeais la mission d’observation électorale : de mars à juillet jusqu’à la remise du rapport final et puis, après les vacances, mon rapport sur les mutuelles de santé en Afrique, la visite parlementaire à Kinshasa. La semaine prochaine, session parlementaire à Strasbourg importante pour les Belges : on termine sans fanfare mais avec dignité la Présidence belge. Et samedi à 6h du matin, départ pour le Soudan. J’y dirige à nouveau une mission de 120 observateurs pour le référendum sur l’autodétermination du Sud qui doit se tenir le 9 janvier. Une semaine entière de vote, plus un lent décompte des voix dans une atmosphère électrique pour savoir si le Soudan reste uni ou se sépare en deux. J’ai pu constater à Kinshasa à quel point le dossier était sensible pour toute l’Afrique sub-saharienne. Si la guerre civile qui a duré jusqu’en 2005 a fait 2.000.000 de morts et 4.000.000 de déplacés, est encore dans tous les esprits – un Accord de paix en 2005 y a mis fin – les risques d’une nouvelle guerre si ce referendum n’avait pas lieu est bien présent. Donc, il faut y aller, garantir la légitimité du processus et persuader le Nord qu’il a tout à gagner à accepter le résultat des urnes. Je vous passe les négociations préalables, les intermédiaires qui se mettent en place comme le panel de haut niveau de l’ancien Président Sud-Africain Mbeki, l’œil vigilant des Américains, des Chinois, le soutien de l’Union européenne au référendum, et l’aide importante de l’ONU. Mais si l’impact d’une scission du Soudan sur les pays voisins serait grand et risquerait d’entraîner une instabilité dans la Corne de l’Afrique, celui d’une guerre serait bien pire et les pays riverains prennent déjà des mesures aux frontières pour contrôler un afflux potentiel de réfugiés. C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible. J’en prendrai la mesure dès samedi.

Dans un tout autre registre, quelques mots encore de Kinshasa. Je voudrais revenir sur l’incroyable dynamisme social de la société civile. J’ai en tête deux moments forts : le Forum des Femmes que je co-présidais qui a commencé par une chanson contre la violence sexuelle à l’égard des femmes, qu’on a écoutée debout, avec la gorge nouée, et le Carrefour Paysan un peu à l’écart de Kinshasa, où des pays venus de toutes les provinces du Congo, structuraient leur mouvement. Il parait qu’aux Etats Unis quand un politicien parle de solidarité, c’est comme s’il disait un gros mot : il est immédiatement taxé de communiste. En Afrique, la solidarité, c’est le sang qui coule dans les veines, c’est la vie.

Reste à trouver le moyen d’irriguer par ce sang neuf, par cette créativité, des décideurs politiques, trop souvent corrompus. Certes, ils doivent dépasser les contingences du quotidien et de ses misères et avoir une vision politique plus large. Mais une vision politique qui ne s’appuie pas sur ses forces vives, qui ne part pas des besoins réels de la population, risque de se fourvoyer. C’est pour cela que les mutuelles de santé en Afrique sont intéressantes : à nouveau, c’est une dynamique sociale qui s’installe et qui peut guider des politiques gouvernementales en matière de santé. Il y a des centaines de mutuelles qui se créent en Afrique et nous pouvons dans ce domaine partager notre expérience belge, sans chercher à plaquer notre modèle sur le leur. La conférence que j’ai organisée à Bruxelles jeudi était éclairante sur ce point. Très contente de voir que le Commissaire européen Piebalgs, Laurette Onkelinx et André Flahaut soient venus l’inaugurer. Fait révélateur : Laurette et André ont parlé en militants socialistes, en passionnés, davantage qu’en ministres. Les participants m’ont dit après la conférence que les Belges avaient bien de la chance – Mais comment faites-vous avec des gens de cette qualité pour ne pas avoir de gouvernement ? Je n’ai pas osé répondre qu’on était aussi des spécialistes pour se tirer une balle dans le pied.

18 novembre 2010 : grand colloque « Sciences et croyances » organisé en partenariat avec le CAL au Parlement européen sous le parrainage de Véronique De Keyser

23 septembre 2010

Articulation entre science et société en Europe, espoirs, craintes suscitées, pressions subies par la science… ce grand colloque invite, entre autre, à évaluer la place réservée à l’enseignement des sciences, les moyens qui lui sont alloués et les méthodes de transmission de la démarche scientifique. Cliquer sur les images pour les agrandir et découvrir le programme complet de cette journée exceptionnelle à laquelle vous êtes conviés à assister.

La Belgique est un allié européen sûr !

12 juillet 2010

Blog du 11 juillet 2010

L’été est là. Il fait torride. Ai à peine la force d’aligner quelques souvenirs de la dernière session de Strasbourg car il fait, à l’ombre, 34°. C’est moins qu’au Soudan mais c’est chaud tout de même! Cette semaine, arrivée en force de nos ministres au Parlement européen, Flamands en tête. En effet, à part Paul Magnette qui a fait une rapide incursion à Strasbourg et Olivier Chastel qui s’efforçait de prendre ses marques, les débuts de la Présidence belge ont été flamands. Mais pas moins sérieux pour autant. Comme l’a dit sans rire Yves Leterme: «Etant en affaires courantes on peut se consacrer 100% à l’Europe». Donc nous aurons une présidence belge spéciale «tout à l’Europe» pendant que leurs successeurs s’affairent à négocier dans la plus grande discrétion. La Belgique est un allié européen sûr. On devait se mordre la langue pour ne pas dire «Nous, on n’est pas des Tchèques!» ce qui est politiquement très incorrect, mais convaincant. Cela signifie en clair «Ne vous en faites pas, on est des Européens convaincus, partisans de la méthode communautaire, prêts à la présidence depuis des mois, avec des gouvernements régionaux aussi forts que des lions, aussi vigoureux que des coqs, bref des forteresses imprenables et si tout le monde ne connaît pas la Brabançonne, on a des artistes: Leterme chante très bien la Marseillaise et Elio l’Internationale. N’ayez pas peur, l’Europe est en crise mais les Schtroumpfs sont arrivés!». Du coup, galvanisés, les députés ont voté le Service d’Action Extérieure qui dote enfin Cathy Ashton de moyens pour sa politique extérieure européenne – la bagatelle de 5000 diplomates. Et ils ont voté, pas tout mais une partie du «paquet financier» c’est-à-dire les moyens dont l’Europe va se doter pour contrôler le système financier. Ce n’est pas quand toutes les revues parlent de régime miracle, de sexe durable, ou de scandales croustillants comme l’affaire Bettencourt, que je vais disserter aujourd’hui par 34° à l’ombre du Service d’Action Extérieure ou de la régulation du système financier. À quelques heures de la finale Espagne/Pays-Bas je ne suis pas folle. Sachez tout de même que c’est important et qu’on en reparlera quand il fera moins chaud. Pour l’heure, encore une petite semaine de travail et puis vacances. Demain et mardi, je planche avec la présidence belge, la Commission et 150 ONG des Droits de l’Homme sur la cohérence des politiques européennes. Je défends ensuite à la Commission développement mon rapport sur les mutuelles en Afrique, je dine avec le premier ministre Salam Fayyad mercredi soir, puis encore quelques réunions et….mystère !

Je reprends ce blog avant de vous le poster, car la finale vient de s’achever sur la victoire de l’Espagne ! Bravo à tous les pays qui ont participé à cette coupe du monde de football. Et que mon équipe parlementaire, majoritairement composée d’espagnols – Laure, Sophie, Waldo… – et tous les autres, reçoivent mes plus chaleureuses pensées !

Réservez la date du 18 novembre 2010

1 juillet 2010