Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Les Nations Unies doivent réagir face à la violente répression de Bachar el-Assad

15 février 2012

Les Socialistes et Démocrates au Parlement européen apportent un soutient total à la proposition de la Ligue de déployer une force conjointe Nations Unies/Ligue arabe pour une mission de maintien de la paix en Syrie et invite le Conseil de sécurité à adopter une résolution à cet effet.

Les Socialistes et Démocrates condamnent fermement la brutalité aveugle du régime de Bachar el-Assad contre la population syrienne et plus particulièrement dans la ville de Homs. Ils en appellent une fois de à la cessation immédiate de cette violente répression, et au retrait sur le champ des troupes et tanks dans toutes les villes syriennes.

« Le régime syrien n’a pas réussi à se conformer aux lois internationales sur les droits de l’homme », a déclaré Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D, « et le président Bachar el-Assad en assume la totale responsabilité en tant que chef constitutionnel de l’Etat syrien ».

« Nous en appelons de toute urgence à la cessation immédiate de la répression sanglante et du harcèlement des manifestants pacifistes et de leur famille, de la violence contre les travailleurs humanitaires, de la violence sexuelle et de la torture contre quiconque s’oppose au régime y compris les enfants. Nous en appelons aussi à la libération immédiate de tous les manifestants emprisonnés, des prisonniers politiques, des défenseurs des droits de l’homme, des bloggers et des journalistes. Nous demandons un accès total au pays pour les organisations humanitaires internationales et de droits de l’homme ainsi que pour les media internationaux.

Nous réitérons notre demande au président Bachar el-Assad et à son régime de se retirer immédiatement pour permettre la mise en place d’une transition pacifique et démocratique dans le pays.

Nous saluons l’engagement de l’UE de continuer à faire croître une pression internationale contre le régime syrien et nous soutenons la décision du Conseil des affaires étrangères du 23 janvier 2012 de mettre en place de nouvelles mesures restrictives contre le régime syrien. Nous en appelons à plus de nouvelles mesures ciblées. »

Paul Brusson : « LE » passeur de mémoire s’en est allé…

27 octobre 2011

J’apprends avec émotion ce matin que Paul Brusson, « LE » passeur de mémoire, est décédé, et toutes mes pensées se tournent vers son entourage. Pour lui rendre hommage, je pourrais rappeler à tout un chacun combien son engagement dans la résistance dès le début de la seconde guerre mondiale, son combat de toute une vie contre l’extrême droite et toute forme d’oppression, furent intenses et infatigables. Qu’il fut envoyé à 21 ans dans les camps nazis où il séjournera 3 ans comme détenu « dangereux ». Qu’après son retour de captivité il reprit des études pour devenir Commissaire de Police en chef de la Ville de Liège. Qu’il n’eut de cesse de militer au sein de la Confédération Nationale des Prisonniers Politiques et Ayants Droit de Belgique, comme dans de nombreuses associations patriotiques. Que sa lutte fut incessante pour aider les jeunes à combattre toute résurgence d’un passé très noir et savoir reconnaître le véritable visage du nazisme, en initiant, entre autres, des voyages pour les étudiants et leurs professeurs dans les camps de la mort, témoins des atrocités nazies. Qu’il devint ainsi membre fondateur des « Territoires de la Mémoire »…

Cet homme d’exception, j’ai eu le bonheur de le rencontrer, d’échanger avec lui, de le solliciter dans le cadre des actions citoyennes que j’ai menées et auxquelles il a toujours accepté, avec beaucoup de simplicité, de participer : café ciné citoyen sur la résistance, visite du camp de Struhof… Sa présence va d’autant plus nous manquer que l’actualité politique, les mouvements de révoltes et d’indignation démontrent que, face aux régimes totalitaires, la transmission de la mémoire, l’éducation de la population, la vigilance contre l’extrême droite, le racisme et la xénophobie, doivent être plus que jamais ravivées et entretenues. En sa mémoire, au nom de la liberté et de la démocratie, nous devons engendrer une immense fraternité au-delà des frontières, ouvrir notre esprit de résistance à toutes les oppressions pour que plus aucun peuple ne souffre de la domination, de la répression, de l’humiliation. En ne se contenant pas de résister à la haine et à l’horreur issues d’une sombre histoire, mais en s’opposant aussi à la cruauté du monde et de la société d’aujourd’hui, comme à nos propres tendances égocentriques, Paul Brusson nous a enseigné qu’il fallait pallier l’ignorance qui peut engendrer le mal et privilégier l’autocritique afin de résister à notre propre indifférence et évoluer vers davantage de solidarité. Puissions-nous être nombreux à nous en inspirer !

Pour vous connecter sur le site du camp de Struthof, l’ancien camp de concentration de Natzweiler où fut déporté Paul Brusson, cliquer ici.