Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Le cinéaste belge Thierry Michel expulsé de RDC.

11 juillet 2012

Véronique De Keyser devait accompagner ce dimanche 8 juillet le cinéaste belge Thierry Michel à Kinshasa pour la projection du film « l’Affaire Chebeya, un crime d’Etat? » dans les locaux du Centre Wallonie-Bruxelles.

Vendredi, les autorités congolaises avaient signalé que la projection du film ne serait pas autorisée tant que le film n’avait pas été visionné officiellement par elles et qu’elle était, de ce fait postposée à une date ultérieure.

Dimanche, Thierry Michel a été interpellé à sa descente d’avion par les autorités congolaises et, malgré un visa en bonne et due forme, expulsé et remis dans l’avion qui l’avait amené.

Choquée par cette expulsion, Véronique De Keyser a immédiatement écrit à la Haute Représentante pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton, en lui rappelant que le Parlement européen avait voté le 13 juin une résolution de suivi des élections en République démocratique du Congo (2012/2673(RSP)) et que cette résolution contenait deux paragraphes (§ 14 & 15) concernant l’affaire Floribert Chebeya, ce défenseur des droits de l’homme lâchement assassiné en 2010, paragraphes demandant que le film soit librement diffusé et projeté en RDC.

Cette lettre était signée également par les députés européens Louis Michel (ALDE), Charles Goerens (ALDE), Isabelle Durant (VERTS) et Mariya Nedelcheva (PPE). Les députés demandaient à Madame la Haute Représentante « de veiller à ce que l’ambassadeur de l’UE à Kinshasa, Monsieur Dumond relaie auprès des autorités congolaises notre inquiétude quant à la liberté d’expression dans leur pays et notre désir d’y voir les droits de l’homme, respectés. » et que « dès que le Représentant Spécial aux Droits de l’Homme sera nommé, il veille attentivement au dossier Chebeya en RDC, dossier symbolique qui est devenu le baromètre de la démocratie dans le pays. »

Véronique De Keyser co-auteur de 8 résolutions pour la session plénière de juin

13 juin 2012

La députée européenne Véronique De Keyser a présenté pas mois de 231 résolutions à ce jour, pour cette 7ème législature et son troisième mandat parlementaire. Pour cette nouvelle session plénière qui a lieu du 11 au 14 juin, l’eurodéputée est co-auteur de 8 résolutions:
- Droits de l’homme et sécurité dans la région du Sahel
- Minorités ethniques en Iran
- Impunité aux Philippines
- Guinée Bissao
- Suivi des élections en République démocratique du Congo
- Sud Soudan et Soudan
- Résolution Colombie-Pérou
- Mutilations génitales.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Résolution « Droits de l’homme et sécurité dans la région du Sahel » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Minorités ethniques en Iran » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Impunité aux Philippines » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Guinée Bissao » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Suivi des élections en République démocratique du Congo » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Sud Soudan et Soudan » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Colombie-Pérou » co-auteur Véronique De Keyser

Résolution « Mutilations génitales » co-auteur Véronique De Keyser

RDC : Conférence à Bruxelles sur les conditions pour des élections apaisées, avec l’intervention de Véronique De Keyser

21 octobre 2011

Vendredi 21 octobre 2011
La rédaction d’Afriqu’Échos Magazine (AEM)

Bruxelles, la capitale européenne, accueille, ce samedi 22 novembre 2011, une conférence sur les élections en République Démocratique du Congo avec comme intervenants des personnalités politiques et expert belges d’un côté et, de l’autre, des intellectuels de la diaspora congolaise qui vont croiser leurs points de vue sur les conditions pour des consultations apaisées. Organisateur de cette conférence, le Cercle Laïque et Humaniste Congolais rappelle : « Les élections constituent une étape essentielle dans un processus de démocratisation. Elles sont un outil primordial dans le renforcement des institutions et dans la légitimation des autorités élues. Cependant, il est important d’admettre que l’élection démocratique n’est pas, à elle seule, la solution magique pour éradiquer la pauvreté et assurer le développement économique et social. » Et se projette dans l’avenir : « Quelles sont les interactions entre la nature du nouveau cycle électoral congolais, sa stabilité et le développement économique ? ».

Connu pour sa pondération et son obstination à faire dialoguer différentes strates de la société congolaise ainsi que son intelligentsia et sa classe politique depuis la relance du processus démocratique en RDC, le professeur François Mambi explicite l’esprit de cette conférence : « Une conférence pendant une demi-journée n’a pas vocation à tout régler, en amont, nous avons interpellé, sensibilisé et responsabilisé de nombreux acteurs nationaux et étrangers. L’intervention d’André Flahaut, président de la chambre des représentants et ministre d’État est, à ce titre, très illustrative car elle évoque un nouveau partenariat stratégique préférentiel entre la Belgique et la République Démocratique du Congo ». Pour l’association organisatrice, les préconisations de cette conférence constitueront une sorte de cahier de charges qui sera soumis aux différents acteurs politiques, sociaux et médiatiques de la RDC.

Outre le responsable du parlement belge, le Belge Thierry Coosmans s’appuiera sur sa « Radioscopie des élections de 2006 » pour baliser les débats alors que la journaliste Colette Braeckman évoquera « les enjeux et défis de ce cycle électoral » juste avant le professeur Arthur Yenga Maombe Neko qui posera la question de savoir si « un pacte républicain serait le gage d’une élection apaisée. » Pourra-t-on alors compter sur une couverture équitable de la presse ? Notre rédacteur en chef Botowamungu Kalome tentera d’y répondre en analysant notamment les missions et rôles du nouvellement installé Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication. À noter également l’intervention d’Alphonse Ndjate sur « les fondamentaux d’une réforme sécuritaire efficiente au Congo » et celle de la députée européenne belge Véronique De Keyser sur la place que devrait occuper la question très préoccupante des enfants dits sorciers dans la campagne électorale à venir.

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Violences sexuelles en RDC : 2,5 M d’euros de l’UE en faveur des victimes, mais la lutte contre l’impunité des tortionnaires doit se poursuivre

12 juillet 2011

En 2006 déjà, Véronique De Keyser fait adopter au Parlement européen un rapport sur les femmes dans les conflits armés. Suite à la proposition de résolution commune sur la République démocratique du Congo et les viols massifs dans la province du Sud Kivu adoptée le 7 juillet dernier à Strasbourg, elle se réjouit de la ratification ce lundi par l’Union Européenne et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) d’une convention de financement d’un projet de soins de santé en faveur des victimes des violences sexuelles dans l’est du pays, déstabilisé par divers groupes armés.

Ce projet, d’un montant de 2,5 millions d’euros, non remboursable, vise à « améliorer durablement la capacité de prise en charge des victimes en mettant à leur disposition des soins de santé appropriés, dans les meilleurs délais et à des coûts dérisoires », souligne l’UE dans un communiqué. Il vise les centres médicaux et hôpitaux de référence dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, situés à proximité des zones les plus exposées au risque de violences sexuelles. Le service humanitaire de la Commission européenne (Echo) mène déjà des actions dans les domaines de la prise en charge des victimes, de leur réinsertion sociale, du plaidoyer et de la sensibilisation communautaire. L’UE soutient également la lutte contre l’impunité des violeurs et des tortionnaires à travers ses programmes d’appui à la justice et à la police.

En 2010, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) avait accordé un total de 42M USD pour lutter contre les violences sexuelles dans l’est du pays, où des groupes armés sont toujours actifs et régulièrement accusés, tout comme certains militaires, de commettre des exactions contre les populations. Près de 250 femmes ont déclaré avoir été victimes mi-juin de violences sexuelles qui auraient été commises par des soldats en fuite emmenés par un colonel, dans trois villages du Sud-Kivu, selon des sources médicales congolaises. Selon l’ONU, début août 2010, au moins 387 civils, dont 300 femmes, ont été violés notamment par des rebelles hutus rwandais et des miliciens Maï-Maï dans 13 villages du Nord-Kivu.

Si Véronique De Keyser se félicite de l’avancée que représente ce soutien financier en faveur des victimes, elle reste très attentive à ce que tout soit mis en oeuvre pour mettre fin à l’impunité des violeurs.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme

« Les enfants accusés de sorcellerie » : un colloque d’une grande importance au Parlement européen le 15 juin, à l’intitiative de Véronique De Keyser

14 juin 2011



Il importe d’étudier un phénomène qui commence à toucher l’Union européenne et la diaspora subsaharienne installée dans nos pays de l’UE

De nos conversations au sommet ACP/UE et contacts avec UNICEF, IDAY, SOS enfants, diverses universités, la presse écrite et télévisée et de nombreuses ONG s’occupant des enfants, il se confirme que le phénomène « enfants accusés de sorcellerie » que l’on croyait ne toucher que les régions subsahariennes, touche depuis plusieurs années nos pays européens via les citoyens européens issus de l’immigration africaine (naturalisés dans nos pays de l’UE) et les citoyens de la diaspora. Il s’agit d’une atteinte grave aux droits de l’enfant et aux droits de l’homme que nous ne pouvons tolérer. Il importe à l’Union européenne d’étudier le phénomène et d’apporter des solutions.

C’est pourquoi, en tant que membre des Commissions « Droits de l’Homme » et « Développement » et « Affaires étrangères » (suppléante) et membre de la délégation parlementaire ACP/UE, Véronique De Keyser organise le 15 juin 2011 une journée de conférence sur le thème « Les enfants accusés de sorcellerie ».

Enjeux et portée du débat

Depuis quelques années, un nombre croissant d’enfants sont rejetés, torturés ou même assassinés par leur famille et communauté sous le prétexte qu’ils sont ensorcelés. Ce phénomène prend une nouvelle dimension suite à l’éclatement de la cellule familiale, la pauvreté croissante, l’urbanisation et l’influence d’églises qui vivent sur la crédulité des populations. Alors que le phénomène est très répandu sous la forme d’un « simple » rejet des enfants, il atteint des niveaux de cruauté insupportables notamment en RDC, Cameroun , Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Nigeria, Burundi, Rwanda, Tanzanie – pour ces derniers avec en particulier la persécution des albinos. Il a des ramifications indirectes au Nord du Ghana avec les « Witch Camps » où des sorcières sont isolées et servies par des enfants privés d’école. Ce phénomène atteint des secteurs insoupçonnés comme par exemple des jeunes emprisonnés et abandonnés en prison par leurs parents car décrétés étant ensorcelés. Une inquiétante extension du phénomène est aussi observée en Europe dans certaines communautés de la diaspora africaine.

Il s’agit de discuter des traitements infligés à ces enfants en lien avec ces croyances et de la manière de mettre un terme à la violation de leurs droits. Le débat portera essentiellement sur :

- la condamnation des accusations de sorcellerie et surtout des maltraitances (négligence, exclusion, torture, assassinat) qui en résultent. On posera la question de la légitimité de ces accusations (quel mandat, quel droit de justice, quelles preuves ?) et on insistera sur le fait qu’elles représentent une atteinte directe aux droits de la personne, notamment dû fait des maltraitances qui en découlent.
- Les éléments qui sont à l’origine ou favorisent de telles accusations de sorcellerie contre des enfants. A cette fin, il sera utile de voir comment le phénomène des enfants dits sorciers s’est développé durant les dernières décennies et d’étudier ses relations avec plusieurs facteurs socio-économique (pauvreté/chômage, dégradation des services sociaux publics, évolution de la structure familiale, urbanisation, églises du réveil, etc). Le phénomène n’est pas seulement lié à des croyances en la sorcellerie, mais à un ensemble de conditions socio-économiques en mutation et, pour certaines, en dégradation. Celles-ci favorisent une acception négative de la sorcellerie, dirigée contre des « coupables » tout trouvés en raison de leur vulnérabilité : les enfants.
- Le rôle des « églises du réveil » et de leurs pasteurs : quelle légitimité ? quelle obédience ? quelle formation ? Les autres églises – catholiques, protestantes, kibanguistes etc. – peuvent-elles jouer un rôle pour contrer l’emprise de ces « églises » sur les foules ? Beaucoup de ces églises de réveil se disent issues de branches évangélistes américaines : quelles sont les limites qu’imposent ces dernières dans leur exploitation du désespoir des populations ?
- L’impact des accusations de sorcellerie sur les droits (égalité, intégrité physique, éducation, famille, traitement juste, etc) des individus, en particulier des enfants, qui en sont victimes. Il s’agit en outre de rappeler les obligations parentales en matière de protection et de subvenir aux besoins de leurs enfants, et de voir comment les valoriser. Il s’agit aussi de voir comment sensibiliser les familles et communautés sur les droits des enfants et sur l’impact pervers de ces abus pour la société dans son ensemble (destruction du lien social, traumatismes, enfants dans la rue et délinquance, etc).
- Les dispositifs légaux et judiciaires pour la protection des enfants (et des personnes en général) contre les accusations de sorcellerie : existent-ils, sous quelle forme, portent-ils spécifiquement sur ce phénomène, sont-ils applicables et appliqués ? Les accusations de sorcellerie contre des enfants sont-elles pénalisées ? Peut-on susciter l’élaboration de dispositifs juridiques appropriés dans les pays qui n‘en ont pas encore et garantir leur application ? Quel rôle pour la justice internationale en cas de carence des systèmes judiciaires nationaux ?

Programme

. 9h30 : Véronique De Keyser, Députée européenne, ouverture de la conférence
Marie Arena, Sénatrice belge et François Zimeray, Ambassadeur de la République française pour les droits de l’homme, Ancien Député européen
. 10h00 : intervention du représentant de Monsieur Andris Piebalgs, Commissaire européen pour le Développement
. 10h15 : Jean-Claude Willame, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, « Les enfants du diable: le contexte sociopolitique »
. 10h40 : Elisabeth Burdot, co-réalisatrice d’un reportage RTBF sur « Enfants accusés de sorcellerie ». (Projection d’une partie du reportage) : »La nouvelle stratégie du diable. »
. 11h10 : Roger Katembwé Buiki, travailleur de rue à Kinshasa, « Enfants accusés de sorcellerie: Consécration de l’exclusion sociale »
. 11h40 : Ms Lila Pieters, UNICEF « Children accused of witchcraft. Promoting a multi-dimensional and equitable response ». Présentation partielle du film réalisé par Unicef sur ce thème
. 12h10–12 h30 : débat
. 14 h00 : Sarah Demart, Université de Liège, « Eglises du Réveil et accusations de sorcellerie »
. 14 h20 : Kalome Botowamungu, Rédacteur en chef Afriqu’Echos, « Détection d’enfants sorciers: le glissement du pouvoir des féticheurs aux églises de réveil »
. 14h40 : Mithé Osumbu, Présidente de « Oser la vie », « Enfants dits sorciers: de la prévention à la sensibilisation »
. 15 h10 : Colette Braeckman, Journaliste spécialiste de l’Afrique.  » Les enfants de la guerre et de sociétés destructurées »
. 15h30 : Edwin de Boevé, Président de Dynamo International (Bruxelles), « La protection de l’enfant au Congo, un véritable défi »
. 15h50 : Jean-Jacques Schull, Président IDAY International, « Enseignement des enfants vulnérables en Afrique par la fourniture de services ou par le plaidoyer? »
. 16h20 : Susie Howe, Directrice de « The Bethany Children’s Trust » (Londres), « Response of local NGO’S and churches in Kinshasa in combating child wichraft accusations and related abuse ».
. 16h40 : Hilde Boekens, directrice SOS Villages d’Enfants « les directives internationales en vigueur, base d’une action politique internationale pour lutter contre ce phénomène »
. 17h00 : Leo Igwé, travailleur de rue au Nigeria, « Saving Children accused of Witchcraft in Africa: How the UE can help. »
. 17h20 : intervention de Charles Goerens, Député européen
. 17h40 : Conclusions de la journée : Véronique De Keyser.

« Les enfants accusés de sorcellerie » : un colloque ouvert à tous au Parlement européen le 15 juin, à l’intitiative de Véronique De Keyser

18 mai 2011



Il importe d’étudier un phénomène qui commence à toucher l’Union européenne et la diaspora subsaharienne installée dans nos pays de l’UE

De nos conversations au sommet ACP/UE et contacts avec UNICEF, IDAY, SOS enfants, diverses universités, la presse écrite et télévisée et de nombreuses ONG s’occupant des enfants, il se confirme que le phénomène « enfants accusés de sorcellerie » que l’on croyait ne toucher que les régions subsahariennes, touche depuis plusieurs années nos pays européens via les citoyens européens issus de l’immigration africaine (naturalisés dans nos pays de l’UE) et les citoyens de la diaspora. Il s’agit d’une atteinte grave aux droits de l’enfant et aux droits de l’homme que nous ne pouvons tolérer. Il importe à l’Union européenne d’étudier le phénomène et d’apporter des solutions.

C’est pourquoi, en tant que membre des Commissions « Droits de l’Homme » et « Développement » et « Affaires étrangères » (suppléante) et membre de la délégation parlementaire ACP/UE, Véronique De Keyser organise le 15 juin 2011 une journée de conférence sur le thème « Les enfants accusés de sorcellerie ».

Enjeux et portée du débat

Depuis quelques années, un nombre croissant d’enfants sont rejetés, torturés ou même assassinés par leur famille et communauté sous le prétexte qu’ils sont ensorcelés. Ce phénomène prend une nouvelle dimension suite à l’éclatement de la cellule familiale, la pauvreté croissante, l’urbanisation et l’influence d’églises qui vivent sur la crédulité des populations. Alors que le phénomène est très répandu sous la forme d’un « simple » rejet des enfants, il atteint des niveaux de cruauté insupportables notamment en RDC, Cameroun , Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Nigeria, Burundi, Rwanda, Tanzanie – pour ces derniers avec en particulier la persécution des albinos. Il a des ramifications indirectes au Nord du Ghana avec les « Witch Camps » où des sorcières sont isolées et servies par des enfants privés d’école. Ce phénomène atteint des secteurs insoupçonnés comme par exemple des jeunes emprisonnés et abandonnés en prison par leurs parents car décrétés étant ensorcelés. Une inquiétante extension du phénomène est aussi observée en Europe dans certaines communautés de la diaspora africaine.

Il s’agit de discuter des traitements infligés à ces enfants en lien avec ces croyances et de la manière de mettre un terme à la violation de leurs droits. Le débat portera essentiellement sur :

- la condamnation des accusations de sorcellerie et surtout des maltraitances (négligence, exclusion, torture, assassinat) qui en résultent. On posera la question de la légitimité de ces accusations (quel mandat, quel droit de justice, quelles preuves ?) et on insistera sur le fait qu’elles représentent une atteinte directe aux droits de la personne, notamment dû fait des maltraitances qui en découlent.
- Les éléments qui sont à l’origine ou favorisent de telles accusations de sorcellerie contre des enfants. A cette fin, il sera utile de voir comment le phénomène des enfants dits sorciers s’est développé durant les dernières décennies et d’étudier ses relations avec plusieurs facteurs socio-économique (pauvreté/chômage, dégradation des services sociaux publics, évolution de la structure familiale, urbanisation, églises du réveil, etc). Le phénomène n’est pas seulement lié à des croyances en la sorcellerie, mais à un ensemble de conditions socio-économiques en mutation et, pour certaines, en dégradation. Celles-ci favorisent une acception négative de la sorcellerie, dirigée contre des « coupables » tout trouvés en raison de leur vulnérabilité : les enfants.
- Le rôle des « églises du réveil » et de leurs pasteurs : quelle légitimité ? quelle obédience ? quelle formation ? Les autres églises – catholiques, protestantes, kibanguistes etc. – peuvent-elles jouer un rôle pour contrer l’emprise de ces « églises » sur les foules ? Beaucoup de ces églises de réveil se disent issues de branches évangélistes américaines : quelles sont les limites qu’imposent ces dernières dans leur exploitation du désespoir des populations ?
- L’impact des accusations de sorcellerie sur les droits (égalité, intégrité physique, éducation, famille, traitement juste, etc) des individus, en particulier des enfants, qui en sont victimes. Il s’agit en outre de rappeler les obligations parentales en matière de protection et de subvenir aux besoins de leurs enfants, et de voir comment les valoriser. Il s’agit aussi de voir comment sensibiliser les familles et communautés sur les droits des enfants et sur l’impact pervers de ces abus pour la société dans son ensemble (destruction du lien social, traumatismes, enfants dans la rue et délinquance, etc).
- Les dispositifs légaux et judiciaires pour la protection des enfants (et des personnes en général) contre les accusations de sorcellerie : existent-ils, sous quelle forme, portent-ils spécifiquement sur ce phénomène, sont-ils applicables et appliqués ? Les accusations de sorcellerie contre des enfants sont-elles pénalisées ? Peut-on susciter l’élaboration de dispositifs juridiques appropriés dans les pays qui n‘en ont pas encore et garantir leur application ? Quel rôle pour la justice internationale en cas de carence des systèmes judiciaires nationaux ?

Programme

. 9h30 : Véronique De Keyser, Députée européenne, ouverture de la conférence
Marie Arena, Sénatrice belge et François Zimeray, Ambassadeur de la République française pour les droits de l’homme, Ancien Député européen
. 10h00 : intervention du représentant de Monsieur Andris Piebalgs, Commissaire européen pour le Développement
. 10h15 : Jean-Claude Willame, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, « Les enfants du diable: le contexte sociopolitique »
. 10h40 : Elisabeth Burdot, co-réalisatrice d’un reportage RTBF sur « Enfants accusés de sorcellerie ». (Projection d’une partie du reportage) : »La nouvelle stratégie du diable. »
. 11h10 : Roger Katembwé Buiki, travailleur de rue à Kinshasa, « Enfants accusés de sorcellerie: Consécration de l’exclusion sociale »
. 11h40 : Ms Lila Pieters, UNICEF « Children accused of witchcraft. Promoting a multi-dimensional and equitable response ». Présentation partielle du film réalisé par Unicef sur ce thème
. 12h10–12 h30 : débat
. 14 h00 : Sarah Demart, Université de Liège, « Eglises du Réveil et accusations de sorcellerie »
. 14 h20 : Kalome Botowamungu, Rédacteur en chef Afriqu’Echos, « Détection d’enfants sorciers: le glissement du pouvoir des féticheurs aux églises de réveil »
. 14h40 : Mithé Osumbu, Présidente de « Oser la vie », « Enfants dits sorciers: de la prévention à la sensibilisation »
. 15 h10 : Colette Braeckman, Journaliste spécialiste de l’Afrique.  » Les enfants de la guerre et de sociétés destructurées »
. 15h30 : Edwin de Boevé, Président de Dynamo International (Bruxelles), « La protection de l’enfant au Congo, un véritable défi »
. 15h50 : Jean-Jacques Schull, Président IDAY International, « Enseignement des enfants vulnérables en Afrique par la fourniture de services ou par le plaidoyer? »
. 16h20 : Susie Howe, Directrice de « The Bethany Children’s Trust » (Londres), « Response of local NGO’S and churches in Kinshasa in combating child wichraft accusations and related abuse ».
. 16h40 : Hilde Boekens, directrice SOS Villages d’Enfants « les directives internationales en vigueur, base d’une action politique internationale pour lutter contre ce phénomène »
. 17h00 : Leo Igwé, travailleur de rue au Nigeria, « Saving Children accused of Witchcraft in Africa: How the UE can help. »
. 17h20 : intervention de Charles Goerens, Député européen
. 17h40 : Conclusions de la journée : Véronique De Keyser.