18 avril 2011

Devant la réaction de certains Etats-membres, face à l’afflux de réfugiés, j’ai envie de m’excuser auprès de ces jeunes Tunisiens, de ces Libyens qui croient encore à la solidarité! Les morts sont vite oubliés. Moins de quinze jours après le naufrage d’un bateau de réfugiés libyens au large de Lampedusa qui avait soulevé une vive émotion dans la communauté internationale, la France, la Belgique et d’autres pays européens referment frileusement leurs frontières. L’Europe reste, plus que jamais une Europe forteresse, même pour les combattants de la liberté.
La commissaire européenne Malmström a appelé à la mise en place de ce mécanisme après le naufrage du navire. Or aujourd’hui, que voit-on? Les pays se renvoyer les réfugiés comme des balles de ping-pong. Loin d’avoir une réponse européenne équilibrée entre les Etats, chacun d’entre eux espère échapper à la répartition. Qui peut croire un seul instant que ce repli frileux sur nos frontières sera la solution à nos problèmes communautaires? Aux fins de mois difficiles que rencontrent les ménages? Aux problèmes d’emploi des jeunes, au prix du baril de pétrole? Le coup du bouc émissaire, ça marche encore?? J’ai envie de m’excuser auprès de ces jeunes Tunisiens, de ces Libyens qui croient encore à la solidarité.
Véronique De Keyser
Députée européenne
Commission Droits de l’Homme
Commission Affaires étrangères
Mots-clefs: démocratie, députée européenne, droits de l'homme, Lampedusa, liberté, Libye, Malmström, Politique, réfugiés, socialiste, Tunisie, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique, Questions parlementaires |
11 décembre 2010




Les images de Kinshasa ne s’estompent pas et cette année aura vraiment été pour moi, une année africaine. De multiples séjours au Soudan où je dirigeais la mission d’observation électorale : de mars à juillet jusqu’à la remise du rapport final et puis, après les vacances, mon rapport sur les mutuelles de santé en Afrique, la visite parlementaire à Kinshasa. La semaine prochaine, session parlementaire à Strasbourg importante pour les Belges : on termine sans fanfare mais avec dignité la Présidence belge. Et samedi à 6h du matin, départ pour le Soudan. J’y dirige à nouveau une mission de 120 observateurs pour le référendum sur l’autodétermination du Sud qui doit se tenir le 9 janvier. Une semaine entière de vote, plus un lent décompte des voix dans une atmosphère électrique pour savoir si le Soudan reste uni ou se sépare en deux. J’ai pu constater à Kinshasa à quel point le dossier était sensible pour toute l’Afrique sub-saharienne. Si la guerre civile qui a duré jusqu’en 2005 a fait 2.000.000 de morts et 4.000.000 de déplacés, est encore dans tous les esprits – un Accord de paix en 2005 y a mis fin – les risques d’une nouvelle guerre si ce referendum n’avait pas lieu est bien présent. Donc, il faut y aller, garantir la légitimité du processus et persuader le Nord qu’il a tout à gagner à accepter le résultat des urnes. Je vous passe les négociations préalables, les intermédiaires qui se mettent en place comme le panel de haut niveau de l’ancien Président Sud-Africain Mbeki, l’œil vigilant des Américains, des Chinois, le soutien de l’Union européenne au référendum, et l’aide importante de l’ONU. Mais si l’impact d’une scission du Soudan sur les pays voisins serait grand et risquerait d’entraîner une instabilité dans la Corne de l’Afrique, celui d’une guerre serait bien pire et les pays riverains prennent déjà des mesures aux frontières pour contrôler un afflux potentiel de réfugiés. C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible. J’en prendrai la mesure dès samedi.
Dans un tout autre registre, quelques mots encore de Kinshasa. Je voudrais revenir sur l’incroyable dynamisme social de la société civile. J’ai en tête deux moments forts : le Forum des Femmes que je co-présidais qui a commencé par une chanson contre la violence sexuelle à l’égard des femmes, qu’on a écoutée debout, avec la gorge nouée, et le Carrefour Paysan un peu à l’écart de Kinshasa, où des pays venus de toutes les provinces du Congo, structuraient leur mouvement. Il parait qu’aux Etats Unis quand un politicien parle de solidarité, c’est comme s’il disait un gros mot : il est immédiatement taxé de communiste. En Afrique, la solidarité, c’est le sang qui coule dans les veines, c’est la vie.
Reste à trouver le moyen d’irriguer par ce sang neuf, par cette créativité, des décideurs politiques, trop souvent corrompus. Certes, ils doivent dépasser les contingences du quotidien et de ses misères et avoir une vision politique plus large. Mais une vision politique qui ne s’appuie pas sur ses forces vives, qui ne part pas des besoins réels de la population, risque de se fourvoyer. C’est pour cela que les mutuelles de santé en Afrique sont intéressantes : à nouveau, c’est une dynamique sociale qui s’installe et qui peut guider des politiques gouvernementales en matière de santé. Il y a des centaines de mutuelles qui se créent en Afrique et nous pouvons dans ce domaine partager notre expérience belge, sans chercher à plaquer notre modèle sur le leur. La conférence que j’ai organisée à Bruxelles jeudi était éclairante sur ce point. Très contente de voir que le Commissaire européen Piebalgs, Laurette Onkelinx et André Flahaut soient venus l’inaugurer. Fait révélateur : Laurette et André ont parlé en militants socialistes, en passionnés, davantage qu’en ministres. Les participants m’ont dit après la conférence que les Belges avaient bien de la chance – Mais comment faites-vous avec des gens de cette qualité pour ne pas avoir de gouvernement ? Je n’ai pas osé répondre qu’on était aussi des spécialistes pour se tirer une balle dans le pied.


Mots-clefs: Afrique, Américains, André Flahaut, Chinois, commissaire européen, communiste, Congo, Etats-Unis, femmes, Kinshasa, Laurette Onkelinx, Mbeki, militaire, ONG, ONU, parlement européen, paysans, Piebalgs, Politique, Présidence Belge, référendum, réfugiés, socialiste, solidarité, Soudan, Union européenne, Véronique De Keyser, violences sexuelles
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23 octobre 2009
Le changement climatique est à l’origine de plus de 300.000 décès par an et affecte 325 millions de personnes. Plus de 90% des touchées et plus de 90% des décès sont dans les pays en voie de développement. Les pertes économiques dues à ce changement s’élèvent à plus de 125 milliards de dollars par an, et une fois de plus, 90 % sont supportés par les pays en voie de développement. Ces derniers sont frappés à la fois par la crise financière, par le changement climatique et par les mécanismes profondément inégalitaires d’un capitalisme débridé qui les pille à l’échelle mondiale. Pillage dont la déforestation n’est qu’un exemple. Que demandons-nous ?
1. Une action large et durable en faveur du changement climatique, un nouveau Kyoto plus ambitieux et c’est pourquoi le sommet de Copenhague en décembre est si important.
2. Une aide financière additionnelle qui s’ajouterait aux engagements déjà pris. Engagements qui devraient atteindre 0,7% du PIB à l’horizon de 2015.
3. La protection juridique de ces nouveaux réfugiés environnementaux qui commencent à affluer. Qu’allons-nous en faire ? Les refouler vers des centres de détention en Lybie, comme le projette un accord commercial avec ce pays en préparation actuellement à la Commission ? J’invite Monsieur le Commissaire De Gucht à se pencher sur cet accord. Il faut établir une planification et une gestion décente des flux migratoires environnementaux, et combler les déficits juridiques qui affectent la protection de ces réfugiés.
Notre responsabilité est immense. Il ne s’agit pas ici de charité ou même de solidarité mais bien du devenir de cette planète.
Strasbourg le 20 octobre 2009.
Mots-clefs: Copenhague, environnement, hangement climatique, Kyoto, Lybie, parlement européen, planète, réfugiés, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Europe, Laïcité de l'Union Européenne, Politique, Questions parlementaires |
30 septembre 2009
« Un accord-cadre avec la Lybie ? Ce serait une honte ! » déclare l’euro-députée PS belge Véronique De Keyser, Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates.
La Commission européenne prépare aujourd’hui un accord-cadre avec la Lybie. Cet accord prévoit entre autre le refoulement possible vers ce pays de tout ressortissant lybien tentant de pénétrer illégalement en Europe, mais aussi de tout autre immigrant illégal ayant transité par la Lybie. L’Union européenne « aiderait » la Lybie à mieux contrôler ses frontières et à mettre sur pied des centres de détention. Et tout ceci en reconnaissant l’état déplorable des droits de l’homme dans le pays et les risques que les conditions de détention soient pénibles, voire dangereuses pour les détenus.
A Monsieur Mingarelli, directeur général-adjoint à Relex, venu expliquer à huit-clos ce projet d’accord-cadre aux députés de la Commission des Affaires étrangères, Véronique De Keyser, scandalisée, s’est esclamée: « Êtes-vous conscient que vous renverrez ainsi dans des centres de détention lybiens des immigrants qui vont y risquer leur vie ? Mais, c’est dans ce cas, plutôt le droit d’asile en Europe qu’il faudrait leur offrir en Europe ! »
Ce projet d’accord-cadre n’a pas encore de base juridique définie. En clair, on ne sait pas encore aujourd’hui si le Parlement aura à l’approuver par un avis-conforme. Si le Parlement ne doit pas l’enteriner comme il le ferait pour tout autre accord de coopération, l’entourloupe serait alors de taille ! Non seulement il s’agirait d’un cadeau à Sylvio Berlusconi qui a, de son côté, conclu des accords bilatéraux avec la Lybie (accords qui ont été largement contestés), mais ce serait sans doute un véritable backchiche, sans le moindre contrôle démocratique. Le prix de son soutien sans faille à José Manuel Barroso, et à sa réélection à la présidence de la Commission !
« C’est une honte! » a déclaré l’euro-députée Véronique de Keyser. « Faut-il alors encore mettre dans les accords que le pays doit souscrire aux droits de l’homme, alors que nous allons créer de véritables camps aux frontières de l’Europe, en toute connaissance de cause ? »
Monsieur Mingarelli a, de plus, annoncé que des ONG seraient chargées (!) de veiller à ce que les détentions se fassent de façon décente, mais sans grande illusion « le régime étant ce qu’il est »…
« Depuis quand les ONG sont-elles chargées de faire la politique des Droits de l’Homme, au coeur des valeurs européennes, alors que les politiques répressives de l’immigration, mises en place par l’Union, les foulent aux pieds ? C’est totalement inacceptable » a déclaré Véronique De Keyser.
Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice-Présidente du groupe parlementaire « Socialistes et Démocrates »
Mots-clefs: Barroso, Berlusconi, Commission européenne, détention, droits de l'homme, frontières, groupe Socialistes et Démocrates, immigration, Lybie, Mingarelli, ONG, réfugiés, Relex, Véronique De Keyser
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9 décembre 2008


Le film : ce road-movie entre les territoires occupés et Israël, tourné sur place avec des comédiens magnifiques, est autant le premier long métrage d’Annemarie Jacir que le cri de colère intime d’une Palestinienne. La sincérité du message, la complexité de l’identité palestinienne aujourd’hui, la réalité quotidienne de l’occupation militaire en Palestine, l’urgence que semble éprouver la cinéaste à livrer cette histoire… sont contenues dans chaque image. C’est un voyage quasi initiatique pour Soraya, cette jeune new yorkaise qui décide de rentrer s’installer en Palestine, en des lieux qu’elle ne connaît qu’à travers les récits de son grand père chassé de là-bas en 1948. Elle rencontre Emad, un jeune Palestinien qui, au contraire, souhaite partir pour toujours. Pour échapper aux contraintes liées à la situation du pays, mais aussi pour gagner leur liberté, Soraya et Emad prennent leur destin en main au risque de transgresser les lois. Mais où sont les comédiens dans le film ? Les frontière sont si arbitraires… Et les postes de contrôles ne séparent pas tant les Israéliens des Palestiniens que les Palestiniens eux-mêmes. Une fois en Israël, il n’y a plus de « check points », plus de murs, ils sont libres… à condition de rester invisibles.
Pourquoi « Le sel de la mer » ? Intitulé en anglais « The Salt of this Sea », le film parle de la relation que les Palestiniens ont avec la mer : certains ne la connaissent pas, quant aux exilés, elle a été la dernière chose qu’ils ont vue de la Palestine. Pas la mer en général : cette mer…
Après la projection devant une salle remplie, la parole a été donnée aux spectateurs qui au-delà du thème du débat – « l’identité palestinienne à travers sa culture » – n’ont pu s’empêcher d’évoquer le conflit Israëlo-palestinien. Joseph Rouschop de Tarentula (coproducteur belge) a mis l’accent sur les motivations de la réalisatrice à faire ce long métrage pour qui le problème des réfugiés est d’abord un problème humain avant d’être un problème politique. Il a aussi souligné tous les obstacles que le film a dû franchir avant de voir le jour (peu de volontaires pour le financer… entre autres). Leila Chahid, Déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne, a clairement exposé le contexte historique du conflit et rappelé que dans les années 1990 on avait été proche de la reconnaissance d’un Etat palestinien. Aujourd’hui, ces espérances ont largement régressé et la Palestine incarne plus que jamais l’exemple d’un colonialisme et d’une négation du droit à l’existence qu’une grande partie de la communauté internationale feint d’ignorer… La députée européenne Véronique De Keyser s’est exprimée sur le report du vote qu’elle a récemment obtenu en session au parlement à Bruxelles, avec le soutien du Groupe socialiste, sur le statut de réhaussement d’Israël dans les programmes européens. C’est un message fort envoyé à l’Etat d’Israël et à son gouvernement pour qu’ils lèvent enfin le blocus de la bande de Gaza et s’engagent à nouveau sur la voie du dialogue.
Après le débat, Leila Chahid et Véronique De Keyser ont poursuivi leur discussion chez « Rabah » en Outre-Meuse.

Mots-clefs: Annemarie Jacir, bande de Gaza, frontière, identité, Israël, le sel de la mer, Leila Chahid, Palestine, réfugiés
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse |