Conférence-débat « Roms, travail de rue et politiques européennes »
16 octobre 2012Programme conference Roms et travail de rue
Le mardi 16 octobre 2012, DYNAMO International, association présidée par Edwin de Boevé, directeur de Dynamo et Coordinateur de « Street Workers Network », a organisé, sous mon parrainage, un important colloque sur le thème « Roms, travail de rue et politiques européennes » avec plus de 190 participants!
L’objectif de cette réunion, comme le dit Kalogirou Thalia, fondatrice de l’ong Oikokoinonia :
« L’exclusion sociale des Roms est un problème multidimensionnel. Et c’est effectivement une pierre chaude dans l’ordre du jour social de l’UE. On estime que, dans l’UE, de 10 à 12 millions de Roms vivent dans des conditions d’exclusion sociale complète. L’exclusion sociale a de nombreux visages: l’exclusion de l’éducation, l’exclusion des services de santé et l’exclusion du logement. Cette exclusion multidimensionnelle conduit ce groupe social vulnérable à un état de crise de leur vie sociale. »
Aborder la question des Roms est un défi majeur pour l’Union européenne. Les conditions de vie inhumaine et l’exclusion vécue par les Roms sont une preuve évidente que la ségrégation n’est pas juste un mot mais une pratique courante.
N’y a-t-il pas danger à sanctuariser la référence à la Seconde Guerre Mondiale ?, demande Madame De Keyser
24 septembre 2010La conférence de presse de Nicolas Sarkozy à Bruxelles : une injure à la France !
17 septembre 2010
Conférence de presse de Nicolas Sarkozy à Bruxelles
envoyé par LCP-AN. – Regardez les dernières vidéos d'actu.
Je suis encore sous le coup de la conférence de Sarkozy hier (16 septembre) à la sortie du Conseil européen. Un Président blafard, bourré de tics, a fait un numéro magistral mais terrifiant. Habile à renvoyer la balle, arrogant, il a émaillé son discours chauvin – c’est une injure à la France !- d’un chapelet de contre-vérités et de mensonges. L’incident monté en épingle de la Commissaire Reding suffira-t-il à jeter un écran de fumée sur l’attitude honteuse du gouvernement français à l’égard des Roms ? A faire oublier la circulaire qui les cible – une malencontreuse erreur qu’il a, dit-il, tout de suite corrigée ? A voir. En tout cas pas dans les enceintes européennes Car si, comme il l’a rappelé, la France a déjà eu des brouilles avec l’Europe, cela n’a jamais été pour des suspicions graves de violations des droits fondamentaux.
Rappelons l’historique de cet incident. A la session de la semaine dernière à Strasbourg, les députés européens votent une résolution sur les Roms demandant au gouvernement français l’arrêt des expulsions. Le vote a été durement acquis. Mais la violence symbolique de ces expulsions, la réaction de l’Eglise, les doutes qui s’élèvent au sein même du parti du Président amènent certains députés de droite à se dissocier de l’attitude du gouvernement français et la résolution passe. C’est une belle victoire du Parlement mais aussi des meilleures valeurs européennes. Et la Commissaire Reding, qui représentait la Commission dans l’hémicycle, se fait prendre de volée par les chefs de groupe politiques. Ils lui reprochent son inertie. Pourquoi n’a-t-elle pas demandé de comptes au gouvernement français ? Pourquoi ne pas avoir entamé une procédure d’infraction ? Viviane Reding garde son calme et dit qu’avant d’entamer une procédure d’infraction, il faut qu’elle ait des faits, qu’on n’attaque pas aussi facilement un Etat. Tollé dans l’hémicycle. « Des faits, vous n’en avez pas assez ? Et les images TV et les destructions des camps par des bulldozers, cela ne vous suffit pas ? Quelle violence vous faut-il ? » Une députée écologiste française lui hurle « Et si vous n’avez pas de juristes capables de vous monter un dossier, on peut vous en fournir ! » Bref la pauvre Reding passe un mauvais quart d’heure. Mais la résolution est votée et le gouvernement français commence à fulminer. Les journalistes qui m’interrogent me disent « Vous n’avez pas l’impression de que c’est une gifle à la France ? » Je réponds « Si c’est une gifle à la France que de lui demander de ne pas expulser les Roms, je ne sais plus ce qu’on peut dire dans un Parlement ». Voilà pour le début de l’histoire.
Survient la circulaire qui vise bien et en priorité les Roms. Viviane Reding qui s’est fait remonter les bretelles croit tenir son fait indiscutable. Elle se sent bernée puisque dans ses rencontres avec les ministres français, ces derniers lui ont juré qu’ils travaillaient au cas par cas, dans l’esprit et la lettre des textes européens. Et elle fait une sortie maladroite en rappelant la seconde guerre mondiale. Maladroite ? Oui et non. Non parce que effectivement, cette seconde guerre mondiale est bien l’ancrage des valeurs européennes – celles qui consistent à ne plus jamais viser une race, une ethnie, un individu en fonction de ses origines. Et c’est précisément ce que Reding a dit. Mais maladroite, oui, parce que Sarkozy va habilement jouer de ce rappel pour prétendre avoir été assimilé au régime nazi, avec une banalisation de la Shoah. Ce qui lui permettra une fois de plus, de rejouer le couplet de l’injure à la France, de tancer Reding et de se moquer des petits pays. Merci pour eux : nous savons que des petits pays comme le Luxembourg ou la Belgique ne peuvent en rien se comparer à un GRRRAND pays qui compte des dizaines des millions de Français ! Bref c’est le GRRRRAND numéro. Oubliés les Roms ! Et dans la même foulée pour bien semer la confusion dans les esprits, Sarkozy reviendra sur les deux incidents de cet été en France, dans un discours sécuritaire, en omettant de dire que ni à Grenoble, ni à Saint-Aignan, il ne s’agissait de Roms, mais bien…de gens du voyage pour la plupart français depuis des générations.
La position de Sarkozy, n’a pas, contrairement à ce qu’il a dit, recueilli l’assentiment de tous les chefs de gouvernement présents au Conseil tant s’en faut. Et cela, de l’aveu-même de Herman Van Rompuy. Ce qui a été discuté au Conseil hier n’a rien à voir avec le fond du problème. C’est la forme de la sortie de Viviane Reding qui a été regrettée. Mais le Conseil a admis qu’elle avait raison de se saisir de la question puisque la Commission est la gardienne des traités et que la Charte des droits fondamentaux est contraignante.
C’est Sarkozy hier qui a jeté une ombre sur l’honneur de la France, pas Reding. Je relisais dans Le Soir, pour préparer la session de Strasbourg la semaine prochaine, le discours de Badinter à l’Assemblée nationale pour l’abolition de la peine de mort et je me disais : Comment un pays qui a su voter l’abolition de la peine de mort, en devançant, au noms de ses valeurs universelles, l’opinion publique très partagée sur ce thème, en vient-il maintenant à flatter les instincts les plus bas de cette opinion publique au nom d’une légalité soi-disant respectée dans l’esprit et la lettre ? C’est une injure à la France. A la France que nous aimons. Grand pays sans doute mais petit Président.
Textes adoptés le 09/09/2010 au Parlement à Strasbourg sur la situation des Roms en Europe
17 septembre 2010
Le 9 septembre, le Parlement européen a adopté une résolution demandant aux États européens et notamment à la France de suspendre immédiatement les expulsions de Roms. Dernièrement, la Commission Européenne a lancé une procédure d’infraction contre la France qualifiant de honteuse son attitude à l’égard des Roms. Une grande nouvelle dont je me suis aussitôt réjouie ainsi que du fait que la résolution adoptée au Parlement européen ait été entendue. Cliquer sur le texte pour consulter la Résolution du Parlement européen du 9 septembre 2010 sur la situation des Roms et la libre circulation des personnes dans l’Union européenne.
Cet été a vraiment été, pour la France, l’été de la honte…
28 août 2010
Blog du 27 août 2010. Cet été a vraiment été, pour la France, l’été de la honte. Je veux parler des Roms. On a longtemps pensé que l’amalgame entre Roms, Roumains et criminalité était une spécialité berlusconienne, aussi peu exportable que la recette des vrais spaghettis à la Bolognaise. Et bien pas du tout. Sarkozy fait tout aussi bien : il voudrait même faire mieux. Le premier signe de dérive, marquant le dépassement de la ligne rouge, c’est quand Hortefeux s’est interrogé sur les luxueuses voitures tractant les caravanes des Roms. Car on ne dit plus roulotte mais caravanes, comme si les Roms se payaient des vacances quatre étoiles en squattant les espaces réservés au contribuable français. Mais d’où viennent leurs revenus ? Mais oui Monsieur d’Hortefeux, à qui les déclarent-ils finalement ? Alors que les Français, les vrais, les Blanc-Bleu-Belge de l’identité nationale française paient tellement d’impôts – malgré le bouclier fiscal – et que le pauvre Monsieur Woerth , ce gendre parfait, ce ministre discret, ce trésorier de l’UMP modèle, se débat dans une cabale indigne ? Indigne de qui ? Indigne de l’image qu’on se fait de la France ?
Je n’ai jamais entendu autant de cocorico, de nationalisme éculé, de racisme même pas déguisé, pour cacher les misères d’une présidence qui se noie. Je n’ai jamais entendu autant la légalité servir de cache sexe politique à la honte. Mais oui, il était normal que je rende de l’argent à Madame Bettencourt, c’est l’effet du bouclier fiscal, j’étais dans la stricte légalité ! Mais oui, il est normal de refouler les Roms, de démanteler les camps illégaux, ce sont les directives européennes. J’ai déjà entendu la France être moins regardante sur les directives européennes. Rappelons-nous simplement comme elle est montée au créneau pour défendre en son temps Areva, en grandes difficultés financières, au mépris des règles européennes. D’habitude la France agit puis négocie avec l’Europe après. Dans le domaine de l’immigration illégale, elle obéit d’abord : Strange is not it ?
Immigration illégale ? Encore une fois, le terme utilisé pour stigmatiser une population bien déterminée, prête à confusion dans l’esprit du public. Car les Roms sont Européens. Qualifierait-on aussi facilement d’immigration illégale la présence des Belges, des Espagnols, des Italiens, qui après avoir passé trois mois en France ne pourraient témoigner d’un revenu du travail ? Le Ministre de l’Intérieur français déciderait-il subitement, après une nouvelle audition de Monsieur Woerth « Tiens, aujourd’hui, pour faire passer la pilule, je vais reconduire à la frontière tous les Belges résidant en France sans travail ? Et je fais un communiqué de presse sur l’immigration illégale des Belges en France ? » Non bien sûr. Même si les Belges sans travail dans l’Hexagone, à titre individuel, sont bien priés de quitter le territoire. Pour le Rom, le traitement est très différent. C’est la stigmatisation d’un groupe, les allusions à son taux élevé de criminalité, à ses revenus, cachés – Mais non ils ne sont pas si pauvres que cela, regardez leurs grosses voitures ! -, les confusions constantes entre Roms, Roumains, gens du voyage bien Français, eux depuis plusieurs générations : c’est tout cela qui donne la nausée, qui sent le bouc émissaire. Et ne parlons pas de la brutalité des décisions, des femmes, des enfants à la scolarité interrompue, jetés dans la rue, sans ménagement. La chasse est ouverte. Sachant que cette chasse s’ouvre sur une population fragile, partout discriminée en Europe, mal intégrée et donc rejetée, dont le mode de vie différent suscite la méfiance, on voit que la cible est bien choisie. Qui va les défendre ? Le gouvernement roumain qui fait si peu pour eux ?
Heureusement, des voix se sont élevées. La palme revient à ce prêtre français qui, non seulement renvoie sa décoration à l’Elysée, mais prie pour que Sarkozy ait un infarctus. Le problème évidemment n’est pas de prier – certains Américains avaient prié pour que Bush s’étrangle et il s’était étouffé avec un muffin – mais d’être entendu. Et si Dieu ne l’a pas entendu, par contre sur les ondes, il est bien passé ! Le pauvre a du se rétracter et aux dernières nouvelles, il aurait demandé à Dieu que Sarko ait un coup de cœur… pour les Roms bien entendu ! Voilà au moins quelqu’un qui a été éduqué chez les Jésuites. Mais plus sérieusement, ce prêtre travaille depuis des années, sur le terrain, avec les Roms et quand il est écœuré, il est crédible. Il sait de quoi il parle. Il n’est pas le seul. Pour des raisons politiques, comme pour des raisons éthiques, humanitaires, la France a bougé, à droite comme à gauche. Du coup Sarkozy expédie ses ministres en Roumanie, en appelle à l’Europe. Qui elle aussi s’inquiète de la dérive. Et même le Pape – mon dieu quelle finesse, cette petite adresse bien envoyée en français s’il vous plait ! – s’est ému. Bref cette levée de protestations minimise le risque d’une épidémie européenne. Le risque pourtant n’est pas négligeable. Trop de gouvernements de droite, nationalistes et coalisés avec des extrémistes, seraient heureux d’emboîter le pas à d’aussi illustres prédécesseurs. Car Berlusconi et Sarkozy, ce n’est pas rien. Et comme c’est légal, pourquoi s’en priver ? Je me suis d’ailleurs laissé dire qu’en Belgique, nous n’étions pas blancs comme neige et que des photos de voitures luxueuses tractant des caravanes, avaient bien circulé dans la presse ? Donc l’épidémie pourrait être plus sévère que celle de la grippe N1H1, et le seul vaccin, c’est le réveil des consciences : « Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif ; quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester » » (citation diversement attribuée à Berthold Brecht ou au pasteur allemand anti-nazi Martin Niemöller). Il y a urgence à se réveiller.
PS : Était-ce un muffin qui a failli nous priver de Bush ou une autre pâtisserie aux consonances américaines ? Que celui qui a la réponse la communique sans délai : il ne sera pas poursuivi !
La situation de la population Rom en Europe doit évoluer !
20 août 2010La situation de la population Rom en Europe est un sujet hautement sensible auquel le Groupe Socialistes & Démocrates a toujours prêté une grande attention. Les cas répétés de discrimination, la fermeture de campements illégaux et les expulsions dont les Roms ont été l’objet, spécialement en Italie et cet été en France, sont très éloignés des valeurs européennes.
Les récentes mesures prises par la France ciblent de manière sélective un groupe vulnérable de citoyens européens qui aurait davantage besoin de protection, dit Véronique De Keyser Députée européenne et vice Présidente du Groupe S&D.
Ces mesures apparaissent motivées par des raisons ethniques ce qui aura pour résultat d’exposer les Roms à d’autres discriminations encore. La façon dont ces mesures ont été prises contre les femmes et les enfants est absolument choquante et représente une violation inacceptable des Droits de L’Homme. J’ai l’intention de déposer une requête pour un débat urgent en plénière lors de la prochaine session à Strasbourg début septembre.

