Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Communiqué de Presse – Accident à Ranst

14 avril 2013

« Toutes mes pensées vont aujourd’hui aux victimes russes de l’accident de car de Ranst, et à leurs familles. Perdre un enfant ou un proche dans un pays étranger est une souffrance de plus qui s’ajoute au deuil. Je me rends dimanche prochain à Volgograd, dont sont originaires les victimes, pour le Forum des femmes qui s’y déroule, et j’y apporterai les condoléances et le soutien de la Ville de Liège, qui est jumelée à Volgograd. »

Véronique De Keyser, députée européenne et conseillère communale à Liège

Ranst

Voyages à l’étranger – mois d’avril

25 mars 2013

Le mois d’avril est particulièrement chargé cette année, comptant 3 voyages à l’étranger ainsi que la session à Strasbourg habituelle. Voici un récapitulatif de ses déplacements:

FORUM SOCIAL MONDIAL (à Tunis du 26 au 30 Mars 2013)
Départ de Véronique De Keyser le 26 mars 2013 de Bruxelles et retour le vendredi 29 mars de Tunis.
Mme De Keyser ouvrira le Forum Parlementaire le mercredi 27 mars, avec comme premier débat « What Can Parliaments Do for Women Rights? » – Qu’est ce que le parlement peut faire pour les droits des femmes. Elle sera intervenante lors du second débat du Parliamentary Forum le jeudi 28 mars: « Promoting peace in the Southern Mediterranean and Sahel region » – promouvoir la paix dans les régions du Sahel et de la Méditerranée du Sud.

MISSION en ALGERIE (à Alger du 10 au 12 Avril 2013)
Départ de Véronique De Keyser le mercredi 10 avril 2013, et retour le vendredi 12 avril.
Mercredi 10 Avril: rencontres avec l’Ambassadeur de l’UE en Algérie, et avec les parlementaires algériens Mr BENSALAH, Président du Conseil national (Sénat) et Mr OULD KHELIFA, Président de l’Assemblée nationale
Jeudi 11 Avril : 13h -14h30: Déjeuner avec la société civile sur la situation actuelle (liberté de presse, droits syndicaux et associatifs, droits des femmes, droits de l’homme).
15h -18h: Global Progressive Forum (GPF) et FFS : Table ronde sur « Jeunesse, emploi et justice sociale ».

Session plénière à STRASBOURG (du 15 au 18 Avril 2013)
Programme à définir

MISSION en RUSSIE (à Volgograde et à Moscou du 20 au 24 Avril 2013)
Programme à venir

MISSION en PALESTINE (notamment à Ramallah du 26 au 28 Avril 2013)
Programme à venir

Véronique De Keyser: « Bachar al-Assad doit partir »

24 février 2012


Rédaction en ligne
Mis en ligne le 24/02/2012
VIDEO La députée européenne connaît particulièrement bien la Syrie et a eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer Bachar-al-Assad.

Organisée par la Ligue arabe, une grande conférence internationale réunit aujourd’hui à Tunis tous les pays arabes et occidentaux impliqués dans l’avenir de la Syrie, ainsi que les différentes composantes de l’opposition au régime de Bachar-al-Assad.

L’objectif est de déterminer comment venir en aide au peuple syrien qui subit de plein fouet la répression gouvernementale, notamment dans la ville de Homs, symbole de l’insurrection syrienne.

Les discussions s’annoncent difficiles en raison de l’absence de la Russie et de la Chine, deux soutiens indéfectibles de Damas. Pour Véronique De Keyser (PS), députée européenne, qui connaît particulièrement bien la Syrie et qui a eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer Bachar-al-Assad, celui-ci doit quitter le pouvoir, mais il doit le quitter par lui-même et non finir comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi. Elle a expliqué pourquoi dans le 7h40 de Twizz Radio dont elle était l’invitée ce vendredi matin.

Véronique de Keyser sur Twizz Radio:  » Bachar el-Assad doit partir » by pocket_pau

Les eurodéputés demandent aux 27 de geler les contacts avec Damas

17 février 2012

Le Parlement européen accroît la pression sur le régime du président syrien Bachar el-Assad. Les eurodéputés, réunis à Strasbourg ce jeudi 16 février, demandent aux 27 membres de l’Union européenne de rappeler leurs ambassadeurs en poste en Syrie et à geler les contacts avec les ambassadeurs de Damas présents en Europe. Les eurodéputés ont par ailleurs rappelé dans une résolution que Bachar el-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien. Une décision qui intervient à quelques heures d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies.

Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg

Les eurodéputés demandent au gouvernement de Damas d’autoriser les organisations internationales d’aide humanitaire à entrer dans le pays. Il faut, ajoutent-t-ils, que le principal fournisseur d’armes étranger du gouvernement syrien, la Russie, arrête immédiatement ses livraisons.

Certains eurodéputés auraient aimé aller plus loin. C’est le cas de Véronique de Keyser, députée socialiste belge, qui regrette que l’on ne puisse pas pour le moment armer l’opposition : « nous connaissons les tortures. Nous connaissons les assassinats. Nous voyons les vidéos et nous entendons les gens. Nous discutons avec eux. Ce que nous ne connaissons pas, c’est le fait que certaines mesures que nous prendrions soient opérationnalisables ou non. Est-ce que nous avons vraiment des canaux pour acheminer des armes ? Comment cela est interprété ? Tout cela, nous ne le savons pas ».

C’était pourtant l’une des revendications des deux militants syriens reçus à Strasbourg au Parlement. Ils demandaient également l’instauration d’une zone d’interdiction aérienne. Mais pour Arnaud Danjean, eurodéputé français et membre de la commission Défense, cette « no-fly zone » n’a pas lieu d’être. « J’ai l’impression qu’une no-fly zone, dans l’esprit de beaucoup, c’est un peu la formule magique pour implorer une intervention militaire occidentale comme nous l’avons vue en Libye, explique Arnaud Danjean. Nous assistons notamment à Homs à des tirs d’artillerie lourde, des tirs de chars, des chars qui prennent position autour de quartiers de la ville. Contre ça, une no-fly zone ne peut rien faire ».

Rapport de mission délégation S-D à Washington du 27 au 31 octobre 2009. Notes personnelles de Véronique De Keyser.

25 novembre 2009

OBJECTIF DE LA MISSION

Composée exclusivement de membres du Groupe S-D, la délégation était de haut-niveau et comprenait, outre le staff, plusieurs Vice-présidents du Groupe, un président de commission et des coordonnateurs. L’objectif: établir des relations transatlantiques plus suivies avec des membres démocrates du Congrès américain et différents think tanks. La première partie du voyage s’est déroulée à New-York, à l’ONU, la seconde partie à Washington. Je n’ai pu, à cause d’engagements politiques pris antérieurement, participer aux rencontres de New-York : j’ai rejoint directement la mission à Washington. Ces notes personnelles se borneront donc aux rencontres de Washington.

Trois thèmes ont été abordés de façon récurrente :

- le changement climatique et le futur sommet de Copenhague,

- les questions de sécurité et défense, l’Afghanistan, les relations avec la Russie et la sécurité énergétique,

- la crise financière.

Ces thèmes ont été abordés avec en toile de fond l’analyse des marges de liberté dont dispose à l’heure actuellement le Président Obama.

COPENHAGUE ET LES MARGES DE LIBERTE DONT DISPOSE BARAK OBAMA

a) Les marges de liberté. Elles sont faibles. Si plus de la moitié de la population soutient son Président, ce dernier est conspué en permanence par une droite et une extrême très dure qui contestent sa légitimité élective. Les rumeurs de falsification de son acte de naissance -il ne serait pas né aux Etats-Unis mais aurait falsifié le document- loin de se dissiper continuent à être agitées par des extrémistes et troublent de nombreux citoyens. L’opposition qu’il affronte est prête à tous les coups bas et la bataille est rude. A côté de cela, la Health Care Bill actuellement en discussion au Congrès menace directement les intérêts des assurances privées(1). Ces dernières font un lobby agressif pour empêcher son adoption et prédisent un désastre si les soins de santé tombent dans le secteur public. Dans le même temps, face à la crise financière, Barak Obama tente d’assainir le système sans oser réellement s’attaquer à Wall Street : il sait que s’il va trop loin, la riposte du système financier pourrait lui être fatale.

C’est dans ce climat tendu que se discute aujourd’hui la Bill sur le changement climatique. Cette Bill n’est pas prioritaire par rapport à d’autres thèmes chauds (Health Care, crise financière, Afghanistan). Elle a de l’importance aux yeux des Congressistes, certes, mais sans urgence réelle. Pour être adoptée, elle doit encore franchir le cap du Sénat. Le 26 juin dernier, non sans compromis et affaiblissements de son contenu initial, elle a réussi à passer à la Chambre où les Démocrates ont une très courte avance sur les Républicains (219/212) mais au Sénat les deux grands partis sont à égalité (49/49). Deux indépendants feront la balance : les sénateurs Billie Sanders et Joseph Lieberman. Ils votent en principe avec les démocrates et leur assurent ainsi une très courte majorité simple mais il faut 60 votes pour la Bill sur le changement climatique et nul ne sait donc comment le Sénat se comportera. De plus, les contraintes institutionnelles rendent peu probables un vote au Sénat avant le printemps prochain.

Obama risque donc bien de se rendre à Copenhague les mains vides -s’il y va ! Il ne pourra pas non plus signer un nouveau Traité, car là, il lui faudrait une majorité qualifiée de 67 sénateurs au Sénat, ce qui semble hors d’atteinte pour l’instant. Le joker qu’il a dans la manche est d’obtenir des avancées substantielles sur le climat avec la Chine et l’Inde : il y travaille ferme. Pour le reste, il faudra sans doute se contenter à Copenhague d’un agrément commun sur des objectifs généraux. Cet agrément ne serait pas un discours creux vu que le débat législatif est bien lancé aux Etats-Unis, mais ce n’est pas encore un nouveau Kyoto. Si l’Europe place la barre trop haut, elle risque bien d’être déçue et un déchaînement médiatique parlant d’échec affaiblirait encore la position d’Obama. Si au printemps la Bill ne passe pas au Sénat, il reste au Président la possibilité d’atteindre des objectifs de réduction des émissions de CO2 en utilisant la EPA, l’Agence pour la Protection de l’Environnement. C’est une option nettement moins ambitieuse mais sûre.

b) Le contenu de ce qui a été adopté à la Chambre. Le contenu de la Bill, l’American Clean Energy and Security Act (H.R. 2454) passé le 26 juin dernier à la Chambre, peut se résumer comme suit :

- d’ici 2020, 20% de la demande en électricité doit pouvoir être assurée par un mélange d’énergie renouvelable et d’augmentation de l’efficacité énergétique,

- l’investissement dans les énergies propres et l’efficacité énergétique sera de 90 billions dans de nouveaux investissements d’ici 2025; l’investissement dans la capture du carbone sera de 60 billions; dans la voiture électrique ou d’autres formes de techniques avancées pour véhicule de 20 billions; plus 20 billions encore en recherche et développement,

- de nouveaux standards pour préserver l’énergie seront appliqués aux nouveaux buildings,
les réductions de carbone des sources principales d’émission aux Etats-Unis seront de 17% d’ici 2020 et de 80% en 2050, par rapport à l’indice de 2005,

- des mesures de protection des consommateurs contre l’accroissement du prix de l’énergie seront prises. Des estimations tant de l’Agence de Protection de l’Environnement que de l’Office du Budget du Congrès considèrent que la nouvelle législation ne coûterait pas plus aux ménages qu’un timbre par jour- ou cinquante cents. Néanmoins, il y aura une protection pour les industries les plus vulnérables.

On le voit cette législation est prudente et peu visionnaire. Elle mise sur l’accroissement de l’efficacité énergétique, plutôt que sur la baisse des émissions. De plus, le marché des «permis de polluer» explose littéralement en bourse et pourrait bien, selon certains de nos interlocuteurs, devenir une bulle spéculative à haut risque. Ce sont en effet les banques qui achètent les permis d’émissions plus que les industries ; elles font grimper les prix, se saisissent de ce nouveau marché financier très rentable et la spéculation sur le changement climatique bat déjà son plein.

L’AFGHANISTAN, LA RUSSIE, LA SECURITE ENERGETIQUE

a) L’Afghanistan. Continuellement attaqué sur ce front, Obama tarde à prendre position. Le renfort de 45.000 hommes que lui demandent ses chefs militaires est particulièrement impopulaire et a peu de chances de passer au Congrès. Le livre qui se vend le mieux à Washington pour l’instant est un livre de Goldstein qui retrace l’engrenage fatal qui a conduit à l’échec du Vietnam. Il est déjà épuisé en librairie. En fait deux stratégies s’offrent au Président, l’une entièrement tournée vers la guerre à Al Qaida, l’autre vers la population afghane. La première reviendrait à masser les troupes à certains endroits stratégiques du pays pour déclencher des raids de grande envergure sur les Talibans supposés abriter Al Qaida, la seconde consisterait à déployer les troupes dans le pays en travaillant sur des objectifs à la fois civils et militaires, tournés vers la population. Le paradoxe, révélé par des députés démocrates au cours de notre visite, c’est que cette dernière option, traditionnellement celle des Démocrates, est devenue celle des Républicains. Ce sont les Républicains qui aujourd’hui accusent Obama de ne pas faire assez pour les droits de l’homme, la pauvreté etc. en Afghanistan et les Démocrates qui tentent tant bien que mal de défendre l’option militaire. Tous nos interlocuteurs ont décrit leur impuissance à trouver une solution à cet imbroglio. Beaucoup, mais pas tous, accusent l’Europe de laisser toute la charge de cette guerre aux Etats-Unis sans prendre leur juste part.

b) La Russie. Sur la question de la Russie, manifestement les relations diplomatiques US sont plus satisfaisantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous G.W. Bush : le RESET d’Hillary Clinton a l’air de fonctionner. La question de désarmement et de la non prolifération du nucléaire sont grandement facilitées par le fait que l’armement des Russes -et notamment les missiles- arrive en fin de vie et que le renouvellement total serait prohibitif. Mais nos interlocuteurs lient une sorte de confiance retrouvée avec la Russie à une plus grande latitude pour faire entrer de nouveaux partenaires dans l’Otan, ou dans l’Union Européenne, comme par exemple l’Ukraine, voire même la Géorgie sans que cela ne suscite l’ire russe. Ce qui n’est certainement pas l’opinion de la majorité des Européens. De nombreuses discussions ont porté sur l’Ukraine, ses problèmes internes et le transit énergétique qu’elle assure dans la plus grande opacité. La question de Nabucco, versus les gazoducs de North Stream et South Stream a également fait l’objet de discussions contradictoires. Nos interlocuteurs poussaient très fort pour l’option Nabucco pour éviter toute dépendance par rapport à la Russie, la délégation socialiste et démocrate étant beaucoup plus circonspecte et ne voyant dans Nabucco qu’une option parmi d’autres, la première interrogation portant d’ailleurs sur les sources d’approvisionnement de Nabucco.

Pour rappel, quelques explications techniques sur le projet Nabucco. Après la crise russo-ukrainienne de 2006, l’Union européenne a placé Nabucco sur la liste de ses projets prioritaires. Avec une longueur de 3 300 km et un coût estimé autour de 7,9 billions, la construction du pipeline devrait commencer en 2010 et finir en 2014 avec une capacité de 30bcm. Ce gazoduc a pour objectif de fournir l’Europe de l’Ouest en gaz venant d’Asie centrale, de la Caspienne et du Moyen Orient, en évitant complètement le territoire russe. Le gazoduc irait de Erzurum en Turquie, à travers la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie jusqu’à Baumgarten en Autriche. Près de Erzerum, il devrait être connecté avec le gazoduc Tabriz -Erzerum et avec le gazoduc du Sud Caucase, connectant Nabucco avec le gazoduc Trans-Caspienne. La principale source d’approvisionnement de Nabucco serait la nappe de gaz de Shah Deniz en Azerbaïdjan. L’accord devrait porter sur 8 bcm de gaz naturel par an. Un projet d’accord non concrétisé existe également avec le Turkménistan : il serait de 10bcm par an. A long terme, le Kazakhstan pourrait également participer à l’approvisionnement. L’ambition de Nabucco est de devenir la quatrième source d’approvisionnement en importance au niveau européen, avec une capacité de 30 bcm. C’est le dessin d’un projet emmené par le groupe autrichien OMW, projet qui inclut à part égale les Hongrois (MOL) les Roumains (Transgaz) les Bulgares (Bulgargaz) les Turcs (Botas) ainsi que les Allemands (RWE). La France avait tenté d’y entrer avec Gaz de France, mais fut rejetée par la Turquie en 2007. C’est un Néerlandais, l’ex-ministre des Affaires Etrangères Jozias van Aartsen, qui coordonne le projet pour la Commission.

Mais il reste un large débat sur les sources d’approvisionnement de Nabucco. A ce jour, il pourrait n’y avoir en 2015 que seulement 3bcm venant d’Azerbaïdjan, mais aucun accord n’est encore signé avec Baku. Le gaz du Turkménistan comme celui du Kazakhstan requièrent la construction d’une infrastructure -la Trans-Caspienne- sous la mer Caspienne, ce qui pour l’instant n’est pas réaliste. Il y a des doutes sur la capacité du Turkménistan à remplir son engagement de 10 bcm, vu les engagements pris par ce pays envers la Russie et la Chine. L’Irak et l’Iran sont également pressentis, mais les incertitudes politiques restent grandes dans ces pays. Il pourrait y avoir de nouvelles découvertes en Egypte mais c’est aléatoire. Et finalement on en arrive à une conclusion paradoxale : les sources d’approvisionnement les plus sûres du pays que Nabucco veut très expressément contourner à savoir la Russie !! C’est pourquoi, sans s’attarder sur l’analyse technique ci-dessus, nous avons plaidé avec nos interlocuteurs pour un réseau inter-connecté de gazoducs en Europe, qui inclurait aussi Nabucco mais n’en ferait pas un instrument privilégié symbolisant la défiance vis-à-vis de la Russie.

LA CRISE FINANCIERE

Les titres des journaux américains sont plutôt optimistes : la crise financière prendrait fin. Avec 18 mois de récession (de décembre 2007 à juin 2009) ce serait la plus longue connue par les Etats-Unis depuis les années trente. Mais si l’activité financière se relève, le chômage persiste et des dommages structuraux affectent durablement l’économie. Le secteur du logement et de la construction commence très, très lentement à se redresser. Les ventes automobiles ont repris en 2009 grâce aux incitants gouvernementaux, mais attention, beaucoup de mesures temporaires prises pour relancer l’économie viennent à expiration. Ces timides progressions pourraient donc bien faire long feu. Les pertes d’emplois -licenciements, fermetures d’entreprises, faillites etc.- diminuent, mais le taux de chômage grimpe toujours d’où une très grande anxiété chez les Américains. On parle d’un taux officiel de chômage de près de 10% (9,8) ce qui compte tenu de la segmentation du marché du travail (beaucoup de temps partiels, d’emplois précaires de quelques heures par semaine) pourrait cacher un taux réel de 17%. Le pouvoir d’achat est donc globalement faible, ce qui entraîne, en un cercle vicieux, le ralentissement de la reprise économique. Les banques reprennent du «poil de la bête», mais n’entendent pas financer facilement le crédit à la consommation pas plus qu’elles ne semblent prête à investir dans l’économie réelle : la reprise de l’économie ne peut donc pas se faire, ni par des investissements, ni par une relance de la consommation. Les profits purement spéculatifs engendrés par les transactions financières sont bien plus attractifs pour les banques et les bonus indécents accordés aux agents de change (traders) sont là pour en témoigner. Le risque, vu l’urgence de l’emploi à court terme et la pression d’une population aux abois, serait de faire l’impasse sur une profonde réforme financière et de retourner au business as usual. Nous avons demandé à nos interlocuteurs, et notamment au sénateur Sanders (un des deux Indépendants au Sénat qui n’hésite pas à se dire socialiste, ce qui dans la bouche d’un citoyen américain est généralement péjoratif), pourquoi Barak Obama ne se montrait pas plus ferme sur ce chapitre ? Sa réponse était sans ambiguïté. Obama a pu compter largement sur Wall Street pour sa campagne électorale et le secteur financier est un de ses alliés naturels. Ce secteur n’hésite d’ailleurs pas à rappeler au Président qu’en cas de contrainte trop grande sur son fonctionnement, il n’hésitera pas à délocaliser dans le Sud Est asiatique. Une taxe sur les transactions financière est possible; cette option a spontanément été avancée par différents interlocuteurs mais dans un contexte particulier : comme source de financement à l’adresse des pays en développement, touchés à la fois par la crise financière et par le changement climatique.

Trois jours après notre départ se tenait à Washington le Sommet EU-US (15352/09-Press 316) voir http://consilium.europa.eu/Newsroom. La plupart des thèmes évoqués durant nos entretiens a été reprise. La disponibilité de nos interlocuteurs durant ce séjour a été étonnante, de même que leur sincère intérêt pour le Traité de Lisbonne, alors même que tous étaient sous pression. Faut-il rappeler que la Chambre discutait âprement le système de santé et que le Sénat traitait du changement climatique ? L’accueil réservé au socialistes et démocrates européens était chaleureux mais avec un message qui sonnait comme un avertissement : Barak Obama se tourne vers l’Europe parce qu’il espère qu’après le Traité de Lisbonne elle parlera davantage d’une seule voix et saura prendre les décisions qui s’imposent (Afghanistan ??). Si tel n’est pas le cas, il se passera de l’Europe !

(1) La Health care Bill a passé avec succès le cap de la Chambre des Représentants samedi 7 novembre 2009, après notre voyage. C’est un second succès non négligeable de Barak Obama, le premier étant incontestablement celui de la législation sur le changement climatique fin juin 2009.

Liège, le 8 novembre 2009. Notes personnelles de VDK. Le rapport officiel et complet de la mission interviendra ultérieurement.

Un Pôle Nord propre et démilitarisé

2 avril 2009

Un rappel rapide sur l’Arctique, afin que chacun comprenne les enjeux du débat. Au pôle Nord, le réchauffement climatique aiguise les appétits pour le contrôle des richesses de la zone. Le dégel va faciliter l’exploitation d’énormes réserves en pétrole et en gaz et permettre le passage d’une voie maritime entre l’Est et l’Ouest, faisant gagner des milliers de kilomètres aux navires de fret désastreuse pour l’environnement. La revendication à la souveraineté sur la zone des cinq pays frontaliers, le Canada, le Danemark, la Russie, les Etats-Unis, la Norvège entraîne une tension perceptible. Le ministre canadien des Affaires Etrangères annonçait cette semaine : « La souveraineté du Canada sur les terres et les eaux de l’Arctique remonte à loin; elle est bien établie et fondée sur un titre historique » et encore « le gouvernement du Canada a aussi promis une surveillance politique et une présence militaire accrue dans les eaux arctiques canadiennes ». Ces paroles font écho à la déclaration du Kremlin de « déployer des forces militaires dans l’Arctique pour défendre ses intérêts. »

A ce jour la régulation de cette zone stratégique ressort de la convention de l’ONU sur le droit de la mer signée par 150 pays le 10 décembre 82. Elle prévoit que les états côtiers exercent le contrôle sur une zone allant jusqu’à 200 miles de leurs côtes et disposent des droits d’exploitation des ressources des fonds sous-marins, mais cette zone peut être étendue si les Etats peuvent prouver que leurs plateaux continentaux s’étendent au-delà des 200 miles. Et ils ont jusqu’à mai 2009 pour déposer une requête en ce sens auprès de l’ONU. La Russie a pris les devant dès 2001. D’où l’agitation actuelle.

Pour mon groupe, vu les enjeux énergétiques, environnementaux et militaires, la convention du droit de la mer n’est pas suffisante pour l’Arctique. Le pôle Nord est un patrimoine mondial qui doit être préservé par une charte contraignante et dans laquelle l’Union européenne doit jouer un rôle moteur. Nous voulons un pôle Nord propre et démilitarisé.