Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

N’y a-t-il pas danger à sanctuariser la référence à la Seconde Guerre Mondiale ?, demande Madame De Keyser

24 septembre 2010

Jeudi 23 septembre, interview de Véronique De Keyser paru dans La Libre.
Pour voir l’article en grand, cliquer sur le texte.

La conférence de presse de Nicolas Sarkozy à Bruxelles : une injure à la France !

17 septembre 2010


Conférence de presse de Nicolas Sarkozy à Bruxelles
envoyé par LCP-AN. – Regardez les dernières vidéos d'actu.

Je suis encore sous le coup de la conférence de Sarkozy hier (16 septembre) à la sortie du Conseil européen. Un Président blafard, bourré de tics, a fait un numéro magistral mais terrifiant. Habile à renvoyer la balle, arrogant, il a émaillé son discours chauvin – c’est une injure à la France !- d’un chapelet de contre-vérités et de mensonges. L’incident monté en épingle de la Commissaire Reding suffira-t-il à jeter un écran de fumée sur l’attitude honteuse du gouvernement français à l’égard des Roms ? A faire oublier la circulaire qui les cible – une malencontreuse erreur qu’il a, dit-il, tout de suite corrigée ? A voir. En tout cas pas dans les enceintes européennes Car si, comme il l’a rappelé, la France a déjà eu des brouilles avec l’Europe, cela n’a jamais été pour des suspicions graves de violations des droits fondamentaux.

Rappelons l’historique de cet incident. A la session de la semaine dernière à Strasbourg, les députés européens votent une résolution sur les Roms demandant au gouvernement français l’arrêt des expulsions. Le vote a été durement acquis. Mais la violence symbolique de ces expulsions, la réaction de l’Eglise, les doutes qui s’élèvent au sein même du parti du Président amènent certains députés de droite à se dissocier de l’attitude du gouvernement français et la résolution passe. C’est une belle victoire du Parlement mais aussi des meilleures valeurs européennes. Et la Commissaire Reding, qui représentait la Commission dans l’hémicycle, se fait prendre de volée par les chefs de groupe politiques. Ils lui reprochent son inertie. Pourquoi n’a-t-elle pas demandé de comptes au gouvernement français ? Pourquoi ne pas avoir entamé une procédure d’infraction ? Viviane Reding garde son calme et dit qu’avant d’entamer une procédure d’infraction, il faut qu’elle ait des faits, qu’on n’attaque pas aussi facilement un Etat. Tollé dans l’hémicycle. « Des faits, vous n’en avez pas assez ? Et les images TV et les destructions des camps par des bulldozers, cela ne vous suffit pas ? Quelle violence vous faut-il ? » Une députée écologiste française lui hurle « Et si vous n’avez pas de juristes capables de vous monter un dossier, on peut vous en fournir ! » Bref la pauvre Reding passe un mauvais quart d’heure. Mais la résolution est votée et le gouvernement français commence à fulminer. Les journalistes qui m’interrogent me disent « Vous n’avez pas l’impression de que c’est une gifle à la France ? » Je réponds « Si c’est une gifle à la France que de lui demander de ne pas expulser les Roms, je ne sais plus ce qu’on peut dire dans un Parlement ». Voilà pour le début de l’histoire.

Survient la circulaire qui vise bien et en priorité les Roms. Viviane Reding qui s’est fait remonter les bretelles croit tenir son fait indiscutable. Elle se sent bernée puisque dans ses rencontres avec les ministres français, ces derniers lui ont juré qu’ils travaillaient au cas par cas, dans l’esprit et la lettre des textes européens. Et elle fait une sortie maladroite en rappelant la seconde guerre mondiale. Maladroite ? Oui et non. Non parce que effectivement, cette seconde guerre mondiale est bien l’ancrage des valeurs européennes – celles qui consistent à ne plus jamais viser une race, une ethnie, un individu en fonction de ses origines. Et c’est précisément ce que Reding a dit. Mais maladroite, oui, parce que Sarkozy va habilement jouer de ce rappel pour prétendre avoir été assimilé au régime nazi, avec une banalisation de la Shoah. Ce qui lui permettra une fois de plus, de rejouer le couplet de l’injure à la France, de tancer Reding et de se moquer des petits pays. Merci pour eux : nous savons que des petits pays comme le Luxembourg ou la Belgique ne peuvent en rien se comparer à un GRRRAND pays qui compte des dizaines des millions de Français ! Bref c’est le GRRRRAND numéro. Oubliés les Roms ! Et dans la même foulée pour bien semer la confusion dans les esprits, Sarkozy reviendra sur les deux incidents de cet été en France, dans un discours sécuritaire, en omettant de dire que ni à Grenoble, ni à Saint-Aignan, il ne s’agissait de Roms, mais bien…de gens du voyage pour la plupart français depuis des générations.

La position de Sarkozy, n’a pas, contrairement à ce qu’il a dit, recueilli l’assentiment de tous les chefs de gouvernement présents au Conseil tant s’en faut. Et cela, de l’aveu-même de Herman Van Rompuy. Ce qui a été discuté au Conseil hier n’a rien à voir avec le fond du problème. C’est la forme de la sortie de Viviane Reding qui a été regrettée. Mais le Conseil a admis qu’elle avait raison de se saisir de la question puisque la Commission est la gardienne des traités et que la Charte des droits fondamentaux est contraignante.

C’est Sarkozy hier qui a jeté une ombre sur l’honneur de la France, pas Reding. Je relisais dans Le Soir, pour préparer la session de Strasbourg la semaine prochaine, le discours de Badinter à l’Assemblée nationale pour l’abolition de la peine de mort et je me disais : Comment un pays qui a su voter l’abolition de la peine de mort, en devançant, au noms de ses valeurs universelles, l’opinion publique très partagée sur ce thème, en vient-il maintenant à flatter les instincts les plus bas de cette opinion publique au nom d’une légalité soi-disant respectée dans l’esprit et la lettre ? C’est une injure à la France. A la France que nous aimons. Grand pays sans doute mais petit Président.

Cet été a vraiment été, pour la France, l’été de la honte…

28 août 2010

Blog du 27 août 2010. Cet été a vraiment été, pour la France, l’été de la honte. Je veux parler des Roms. On a longtemps pensé que l’amalgame entre Roms, Roumains et criminalité était une spécialité berlusconienne, aussi peu exportable que la recette des vrais spaghettis à la Bolognaise. Et bien pas du tout. Sarkozy fait tout aussi bien : il voudrait même faire mieux. Le premier signe de dérive, marquant le dépassement de la ligne rouge, c’est quand Hortefeux s’est interrogé sur les luxueuses voitures tractant les caravanes des Roms. Car on ne dit plus roulotte mais caravanes, comme si les Roms se payaient des vacances quatre étoiles en squattant les espaces réservés au contribuable français. Mais d’où viennent leurs revenus ? Mais oui Monsieur d’Hortefeux, à qui les déclarent-ils finalement ? Alors que les Français, les vrais, les Blanc-Bleu-Belge de l’identité nationale française paient tellement d’impôts – malgré le bouclier fiscal – et que le pauvre Monsieur Woerth , ce gendre parfait, ce ministre discret, ce trésorier de l’UMP modèle, se débat dans une cabale indigne ? Indigne de qui ? Indigne de l’image qu’on se fait de la France ?

Je n’ai jamais entendu autant de cocorico, de nationalisme éculé, de racisme même pas déguisé, pour cacher les misères d’une présidence qui se noie. Je n’ai jamais entendu autant la légalité servir de cache sexe politique à la honte. Mais oui, il était normal que je rende de l’argent à Madame Bettencourt, c’est l’effet du bouclier fiscal, j’étais dans la stricte légalité ! Mais oui, il est normal de refouler les Roms, de démanteler les camps illégaux, ce sont les directives européennes. J’ai déjà entendu la France être moins regardante sur les directives européennes. Rappelons-nous simplement comme elle est montée au créneau pour défendre en son temps Areva, en grandes difficultés financières, au mépris des règles européennes. D’habitude la France agit puis négocie avec l’Europe après. Dans le domaine de l’immigration illégale, elle obéit d’abord : Strange is not it ?

Immigration illégale ? Encore une fois, le terme utilisé pour stigmatiser une population bien déterminée, prête à confusion dans l’esprit du public. Car les Roms sont Européens. Qualifierait-on aussi facilement d’immigration illégale la présence des Belges, des Espagnols, des Italiens, qui après avoir passé trois mois en France ne pourraient témoigner d’un revenu du travail ? Le Ministre de l’Intérieur français déciderait-il subitement, après une nouvelle audition de Monsieur Woerth « Tiens, aujourd’hui, pour faire passer la pilule, je vais reconduire à la frontière tous les Belges résidant en France sans travail ? Et je fais un communiqué de presse sur l’immigration illégale des Belges en France ? » Non bien sûr. Même si les Belges sans travail dans l’Hexagone, à titre individuel, sont bien priés de quitter le territoire. Pour le Rom, le traitement est très différent. C’est la stigmatisation d’un groupe, les allusions à son taux élevé de criminalité, à ses revenus, cachés – Mais non ils ne sont pas si pauvres que cela, regardez leurs grosses voitures ! -, les confusions constantes entre Roms, Roumains, gens du voyage bien Français, eux depuis plusieurs générations : c’est tout cela qui donne la nausée, qui sent le bouc émissaire. Et ne parlons pas de la brutalité des décisions, des femmes, des enfants à la scolarité interrompue, jetés dans la rue, sans ménagement. La chasse est ouverte. Sachant que cette chasse s’ouvre sur une population fragile, partout discriminée en Europe, mal intégrée et donc rejetée, dont le mode de vie différent suscite la méfiance, on voit que la cible est bien choisie. Qui va les défendre ? Le gouvernement roumain qui fait si peu pour eux ?

Heureusement, des voix se sont élevées. La palme revient à ce prêtre français qui, non seulement renvoie sa décoration à l’Elysée, mais prie pour que Sarkozy ait un infarctus. Le problème évidemment n’est pas de prier – certains Américains avaient prié pour que Bush s’étrangle et il s’était étouffé avec un muffin – mais d’être entendu. Et si Dieu ne l’a pas entendu, par contre sur les ondes, il est bien passé ! Le pauvre a du se rétracter et aux dernières nouvelles, il aurait demandé à Dieu que Sarko ait un coup de cœur… pour les Roms bien entendu ! Voilà au moins quelqu’un qui a été éduqué chez les Jésuites. Mais plus sérieusement, ce prêtre travaille depuis des années, sur le terrain, avec les Roms et quand il est écœuré, il est crédible. Il sait de quoi il parle. Il n’est pas le seul. Pour des raisons politiques, comme pour des raisons éthiques, humanitaires, la France a bougé, à droite comme à gauche. Du coup Sarkozy expédie ses ministres en Roumanie, en appelle à l’Europe. Qui elle aussi s’inquiète de la dérive. Et même le Pape – mon dieu quelle finesse, cette petite adresse bien envoyée en français s’il vous plait ! – s’est ému. Bref cette levée de protestations minimise le risque d’une épidémie européenne. Le risque pourtant n’est pas négligeable. Trop de gouvernements de droite, nationalistes et coalisés avec des extrémistes, seraient heureux d’emboîter le pas à d’aussi illustres prédécesseurs. Car Berlusconi et Sarkozy, ce n’est pas rien. Et comme c’est légal, pourquoi s’en priver ? Je me suis d’ailleurs laissé dire qu’en Belgique, nous n’étions pas blancs comme neige et que des photos de voitures luxueuses tractant des caravanes, avaient bien circulé dans la presse ? Donc l’épidémie pourrait être plus sévère que celle de la grippe N1H1, et le seul vaccin, c’est le réveil des consciences : « Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif ; quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester » » (citation diversement attribuée à Berthold Brecht ou au pasteur allemand anti-nazi Martin Niemöller). Il y a urgence à se réveiller.

PS : Était-ce un muffin qui a failli nous priver de Bush ou une autre pâtisserie aux consonances américaines ? Que celui qui a la réponse la communique sans délai : il ne sera pas poursuivi !

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin…

26 juin 2010

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin. Jamais auparavant on n’aurait pu voter, à une très large majorité au Parlement européen, une résolution condamnant l’attaque de la flottille mais surtout exigeant enfin une levée total du blocus de Gaza. C’est une victoire politique mais elle doit se traduire dans les faits. Une levée totale du blocus, une enquête internationale et pas de demi-mesures. Mais la semaine politique a été marquée par des événements heureusement moins dramatiques: les premiers pas de la présidence belge. Que n’ai-je entendu d’absurdité à ce propos. La Belgique se tire une balle dans le pied ! Cette Présidence va être catastrophique ! La scission c’est pour quand ? C’est pour cela que le Roi part au Congo ??? (pour rappel dans le fameux faux journal TV de la RTBF qui annonçait la fin de la Belgique, le Roi….fuyait au Congo !). Mais non, mais non, ça n’a rien à voir: il va aux célébrations de l’indépendance du Congo, si, si, je vous assure cela ne cache rien ! Et les premières rencontres des ministres avec le Parement européen au Palais d’Egmont ont été plus que rassurantes: Yves, Laurette, Paul, Didier, Joëlle et tous les autres – ah, mais il vous en reste beaucoup de ministres ? Vous en avez encore d’autres ??? Tous ont été excellents. Devant une telle richesse politique, mes collègues étaient évidemment étonnés. Aucun ne m’a demandé – ce que je craignais ! – vous êtes sûre qu’il n’y en a pas trop ??? Non, cette présidence sera très bien, j’en suis convaincue. La seule gaffe vient de Bart, mais il n’est pas encore ministre. Il a rencontré immédiatement les autorités européennes. À savoir, José manuel Barroso, Herman Van Rompuy… et puis c’est tout. Dites Monsieur De Wever, n’auriez-vous pas oublié une institution européenne ?? Et un brave Président polonais ? Jerzyk Buzek s’est senti exclu de la cour des grands, ce qui est d’autant moins mérité que depuis le traité de Lisbonne le Parlement européen s’est senti pousser des ailes.

Mais les couloirs du Parlement ont entendu des hurlements pour bien d’autres raisons que les oublis de Bart De Wever: Ô rage, Ô désespoir, que dire de la France à la coupe du monde ! Et si les joueurs ont du se faire savonner les oreilles par Sarkozy au retour, quel scandale que le refus de Domenech de serrer la main de l’entraineur de l’équipe d’Afrique du Sud ! Je me fous complètement de leurs rapports passés: à ce moment-là, c’était indécent. Mais quel délire que ce match Slovaquie Italie ! Quel antidote par rapport au précédent. L’activité du service hier en fin d’après-midi a été un peu réduite. Les mails ont crépités «congratulations» pour nos collègues slovaques et des «condoléances» pour les collègues italiens dont les joueurs nous ont tout de même donné un beau spectacle. À part cela, on épingle Jeannie Longo, inusable, et Justine qui tient bon sur le gazon. Quant à moi, aujourd’hui je m’envole vers le Soudan pour remettre aux autorités le rapport de la mission d’observation électorale.
Vous croisez les doigts ?

De la crise financière européenne, de Gaza et des élections du 13 juin en Belgique

9 juin 2010

Blog du 9 juin 2010. Les dernières semaines ont été marquées par trois grandes questions: la crise financière européenne, Gaza et les élections. La crise d’abord. Comment en sortir sans faire payer deux fois les citoyens qui ont déjà essuyé les plâtres d’un système financier dont le cynisme ne connaît pas de limite. Partout en Europe les mesures d’austérité tombent comme des couperets et elles tranchent dans le vif: les salaires des fonctionnaires, les retraites, le social en général.
Le gouvernement socialiste grec acculé par les erreurs de ses prédécesseurs fait face à une situation quasi désespérée. La Hongrie tremble. Le Portugal aussi. Il n’y aura pas de réponse nationale devant un problème qui dépasse les nations. C’est au niveau européen et au niveau mondial que le jeu se joue désormais. Mettre au pas le système financier, introduire une taxe sur les transactions financières, relancer l’économie de toute la zone euro, réviser le pacte de stabilité et de croissance: c’est sur le système qu’il faut agir.
Et sur le plan national, ne pas jeter l’argent par les fenêtres certes, mais aller chercher l’argent là où il est, et pas dans la poche des retraités, des malades, des chômeurs et de tous ceux qui peinent à assurer les fins de mois. On a besoin d’un Etat qui assure et qui rassure- et chacun mesure à quel point Sarkozy faisait miroiter des illusions quand il disait: travailler plus pour gagner plus. On a besoin de partis politiques responsables, capable de négocier ensemble l’avenir et pas d’apprentis sorciers qui jouent avec le feu quand le navire est sur le point de couler.
Qu’à la veille de la présidence belge, dans une crise de l’euro qui peut faire tâche d’huile, certains jouent encore la carte des égoïsmes politiciens stupéfient mes collègues au Parlement européen ! Heureusement, le bon sens prévaudra et je suis fière de la position qu’a prise le PS, refusant de s’inscrire dans un massacre social. Je comprends la lassitude et l’incompréhension des citoyens devant ces élections à venir, mais jamais sans doute – au-delà même de BHV et de la crise institutionnelle – il n’a été aussi important d’aller voter.

J’étais à Gaza avec une délégation parlementaire deux jours avant l’attaque de la flottille humanitaire. L’enfer. Marché noir, pauvreté extrême, chômage endémique, maladies de la pauvreté, montée des extrémismes: quel gâchis, quelle injustice, quelle impuissance politique de l’Europe ! Et puis, quelle leçon de courage donnée par des citoyens dont certains ont payé de leur vie leur engagement humanitaire. Lundi matin, juste après l’attaque, Asnam, la sœur de Fatima qui était sur un des navires et Julie qui avait renoncé au dernier moment à monter à bord, sont venues témoigner au Parlement européen. Leurs mots, si justes, ont bouleversé la presse et mes collègues. Depuis, ça bouge partout. Au Conseil, au Parlement, dans les ambassades, dans la rue. Un seul mot d’ordre: lever le blocus. Cette fois il faut réussir. Car derrière cette flottille il y en aura d’autres. Et d’autres citoyens pour rappeler aux politiques leurs engagements vis-à-vis des droits de l’homme.

Puisqu’on est à la veille des élections, je voudrais vous rappeler toutes les femmes extraordinaires qui sont sur les listes du PS – avec un petit clin d’œil à Marc Tarabella – puisqu’il a fait de la cause des femmes un combat personnel !

Blog n°2, 18 décembre, aéroport de Copenhague

18 décembre 2009

La longue attente commence à l’aéroport. C’est vraiment un bordel. Et je ne sais pas s’il provient de la vague de froid, d’Obama, ou de la faible capacité de Copenhague qui est une petite ville adorable – mais peu faite pour les conférences mondiales. Beaucoup d’avions sont retardés, la plupart ont changé de terminal et comme ma compagnie, Brussels Airlines (non je n’ai pas de billet gratuit!) n’a pas en permanence un check-in ouvert, on attend l’ouverture des heures durant dans le hall sans savoir si on est au bon endroit.

Mais revenons à la conférence. Dans le blog de 10h10, j’ai parlé des fou-rire (le pluriel existe? J’appelle au secours Bernard Pivot?!). C’était juste une petite touche pour dire que si même on est tous braqué sur la politique – Qu’est-ce que Hilary a dit? Qu’est-ce qu’elle a voulu dire. Et Chavez? Et Brown? Quel tour de prestidigitation nous prépare ce clown de Sarkozy (en zo voort comme le dirait Leterme)? Et bien, au-delà de tout ça il y a autre chose. Dieu? J’hallucine. Non pas Dieu bien sûr, ni son jumeau, mais tout simplement des émotions. Et ça fait du bien. Hier soir par exemple, après la conférence, notre merveilleuse députée suédoise Marita nous invitait à l’Agence Européenne de l’Environnement tout près de l’hôtel. Un arrêt de métro plus loin (remarquez le progrès: je calcule désormais en arrêt de métro et non en prix de taxi). Randonnée à pied, dans la neige. Et là, j’eu eu droit à deux discours bouleversants. Qui hélas n’ont même pas été enregistrés. Poul Rasmussen, ex-premier ministre danois (et président du PSE) et Prescott, ex-ministre britannique, négociateur du protocole de Kyoto. De quoi parlaient ces discours. Tout bêtement de solidarité, d’emplois décents, d’humanité. Mais ce qu’il y avait de bouleversant c’est que ces deux hommes, unis dans une même passion de justice sociale, étaient tout sauf des has been. Ils étaient exactement ce que la jeunesse veut entendre. Il y avait longtemps que je n’avais eu les larmes aux yeux devant un discours politique. C’est vrai que hier soir, en écoutant Prescott, en voyant son visage se transformer, devenir soudain celui d’un très jeune homme visonnaire , avec l’avenir devant lui, je pensais: la jeunesse n’a pas de frontière. Certainement pas celle de l’âge. Des hommes comme ça ont l’espoir au ventre. J’ai parfois la même impression en écoutant Gisèle Halimi me parler des femmes. Ou Leila évoquer la Palestine. Ca c’est plus que de la politique. Ou bien, c’est peut être justement ça la Politique: un espoir fou qui brûle les frontières. En style facebook je dirais « Véronique aime ça ».

« Monsieur Sarkozy, réussir à faire parler l’Europe d’une seule voix, ce n’est pas rien ! » déclare Véronique De Keyser en session plénière

16 décembre 2008

Monsieur Sarkozy, votre présidence fera date.

Réussir à faire parler l’Europe d’une seule voix, ce n’est pas rien.

Mais dans le domaine des droits de l’Homme, vous avez choqué. Le dernier reniement concerne le upgrading politique d’Israël, mené en toute célérité au Conseil. Or, vous savez qu’à Gaza, même l’aide européenne ne parvient plus. Vous savez que le Commissaire Michel parle de punition collective. Des centaines de mails sont parvenus au Parlement européen l’adjurant de conditionner le upgrading au respect du droit international.

Nous postposons notre vote et vous que faites-vous ? Vous forcez le OUI, sans condition ! Avec une justification : nous aurons ainsi plus d’influence sur Israël. Mais je rêve ! Depuis juillet, Israël a eu un accord de principe. Mais a-t-il gelé les colonies, réduit les check points ou desserré l’étranglement de Gaza ? Non.

Pour donner un coup de pouce électoral à Madame Livni, vous vous asseyez sur les droits de l’homme. Vous donnez ainsi des munitions à ceux qui croient dans les deux camps que seuls le crime et la violence paient et qui recherchent l’affrontement.

Ce n’est plus de la real politiek, Monsieur Sarkozy : c’est une erreur ou un cynisme inacceptable.