Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Révolutions arabes : en route vers la démocratie !

1 avril 2011

Un rendez-vous sur le chemin de la démocratie, à ne pas manquer ! Dès 13h30 dimanche 3 avril Espace Magh 17 rue du Poinçon à Bruxelles. Plus d’infos sur le site du PS en cliquant ici.

Le 2 octobre je manifeste à Paris contre le projet injuste de réforme des retraites !

29 septembre 2010

Retraite des femmes pénalisées par l’allongement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ, et de 65 à 67 ans de l’âge de départ à taux plein pour les autres travailleurs…trois jours avant l’examen du texte de la réforme par le Sénat, des manifestations sont prévues dans toute la France. Les bribes de mesures proposées par le gouvernement sur la prise en compte de la pénibilité, les poly-pensionnés et les carrières longues, ne changent rien à la logique de ce projet de réforme des retraites totalement injuste pour les classes moyennes à nouveau sur la sellette, et qui devraient encore et toujours se serrer la ceinture ! Après l’euro-manifestation de ce mercredi 29 septembre à Bruxelles, je participerai activement à la manifestation du 2 octobre à Paris. Salariés du public et du privé, lycéens, retraités, nous sommes tous concernés, des solutions existent, soyons nombreux à nous faire entendre !

Mais où était passé Hassan Boussetta ???

17 mai 2010


Blog du 17 mai 2010. Mais où était passé Hassan (http://www.facebook.com/?tid=1188477450563&sk=messages#!/pages/Hassan-Bousetta/33770596902?ref=mf) ??? Un instant j’ai eu peur. Lorsqu’on a voté la liste liégeoise de la Chambre, Rue Ste Véronique, j’ai bien sûr cherché ou étaient les amis et je les ai trouvés, mais pas d’Hassan. Ni en tête, ni en queue de liste. Je m’inquiète, je téléphone, sans succès. Il faut dire qu’Hassan est quelqu’un de spécial pour moi. Non pas parce que c’est un jeune collègue de l’ULg: je n’ai pas de corporatisme universitaire. Non pas parce qu’il est conseiller communal comme moi. Non pas parce qu’il est d’origine marocaine. Mais parce que c’est un militant socialiste, aux valeurs universelles: un vrai remède contre le communautarisme. Car si aujourd’hui la Belgique s’agite pour savoir comment Flamands et Wallons peuvent vivre ensemble, Hassan et ses amis réfléchissent le vivre ensemble autrement. Ils tentent de fonder une unité de la Gauche au-delà des nationalités, des immigrations et des origines sociales. Ce vivre ensemble là est tout aussi important que BHV si on veut éviter de transformer la Belgique en forteresse. L’immigration n’est ni un problème ni une solution: c’est une réalité, tout simplement et elle nous met à l’épreuve. Mais bref, je ne trouvais pas Hassan sur la liste de la Chambre. Mais la liste du Sénat m’a fait faire des bonds de joie: Hassan est là et en bonne place, 4ème effectif. Superbe ! Willy pousse la liste et Christie est seconde suppléante. Liège est bien représenté. Mais pas seulement Liège: avec Paul, Marie, Philippe on n’avait vraiment pas besoin de people, on a nos stars à domicile. Même quand il faut chercher des candidats d’ouverture. J’ai adoré, à la Chambre, le plus jeune de nos candidats d’ouverture: le bébé toujours dans le ventre de Julie. Car comment comprendre sinon que la candidate d’ouverture de la Chambre, très joliment enceinte, soit Julie, ex Secrétaire d’Etat, ex échevine, députée régionale, conseillère communale dont le dynamisme et le dévouement au parti ne sont plus à prouver. Non, quand je vous le disais: c’est du made in PS pur jus. Et du meilleur.

Rapport de mission délégation S-D à Washington du 27 au 31 octobre 2009. Notes personnelles de Véronique De Keyser.

25 novembre 2009

OBJECTIF DE LA MISSION

Composée exclusivement de membres du Groupe S-D, la délégation était de haut-niveau et comprenait, outre le staff, plusieurs Vice-présidents du Groupe, un président de commission et des coordonnateurs. L’objectif: établir des relations transatlantiques plus suivies avec des membres démocrates du Congrès américain et différents think tanks. La première partie du voyage s’est déroulée à New-York, à l’ONU, la seconde partie à Washington. Je n’ai pu, à cause d’engagements politiques pris antérieurement, participer aux rencontres de New-York : j’ai rejoint directement la mission à Washington. Ces notes personnelles se borneront donc aux rencontres de Washington.

Trois thèmes ont été abordés de façon récurrente :

- le changement climatique et le futur sommet de Copenhague,

- les questions de sécurité et défense, l’Afghanistan, les relations avec la Russie et la sécurité énergétique,

- la crise financière.

Ces thèmes ont été abordés avec en toile de fond l’analyse des marges de liberté dont dispose à l’heure actuellement le Président Obama.

COPENHAGUE ET LES MARGES DE LIBERTE DONT DISPOSE BARAK OBAMA

a) Les marges de liberté. Elles sont faibles. Si plus de la moitié de la population soutient son Président, ce dernier est conspué en permanence par une droite et une extrême très dure qui contestent sa légitimité élective. Les rumeurs de falsification de son acte de naissance -il ne serait pas né aux Etats-Unis mais aurait falsifié le document- loin de se dissiper continuent à être agitées par des extrémistes et troublent de nombreux citoyens. L’opposition qu’il affronte est prête à tous les coups bas et la bataille est rude. A côté de cela, la Health Care Bill actuellement en discussion au Congrès menace directement les intérêts des assurances privées(1). Ces dernières font un lobby agressif pour empêcher son adoption et prédisent un désastre si les soins de santé tombent dans le secteur public. Dans le même temps, face à la crise financière, Barak Obama tente d’assainir le système sans oser réellement s’attaquer à Wall Street : il sait que s’il va trop loin, la riposte du système financier pourrait lui être fatale.

C’est dans ce climat tendu que se discute aujourd’hui la Bill sur le changement climatique. Cette Bill n’est pas prioritaire par rapport à d’autres thèmes chauds (Health Care, crise financière, Afghanistan). Elle a de l’importance aux yeux des Congressistes, certes, mais sans urgence réelle. Pour être adoptée, elle doit encore franchir le cap du Sénat. Le 26 juin dernier, non sans compromis et affaiblissements de son contenu initial, elle a réussi à passer à la Chambre où les Démocrates ont une très courte avance sur les Républicains (219/212) mais au Sénat les deux grands partis sont à égalité (49/49). Deux indépendants feront la balance : les sénateurs Billie Sanders et Joseph Lieberman. Ils votent en principe avec les démocrates et leur assurent ainsi une très courte majorité simple mais il faut 60 votes pour la Bill sur le changement climatique et nul ne sait donc comment le Sénat se comportera. De plus, les contraintes institutionnelles rendent peu probables un vote au Sénat avant le printemps prochain.

Obama risque donc bien de se rendre à Copenhague les mains vides -s’il y va ! Il ne pourra pas non plus signer un nouveau Traité, car là, il lui faudrait une majorité qualifiée de 67 sénateurs au Sénat, ce qui semble hors d’atteinte pour l’instant. Le joker qu’il a dans la manche est d’obtenir des avancées substantielles sur le climat avec la Chine et l’Inde : il y travaille ferme. Pour le reste, il faudra sans doute se contenter à Copenhague d’un agrément commun sur des objectifs généraux. Cet agrément ne serait pas un discours creux vu que le débat législatif est bien lancé aux Etats-Unis, mais ce n’est pas encore un nouveau Kyoto. Si l’Europe place la barre trop haut, elle risque bien d’être déçue et un déchaînement médiatique parlant d’échec affaiblirait encore la position d’Obama. Si au printemps la Bill ne passe pas au Sénat, il reste au Président la possibilité d’atteindre des objectifs de réduction des émissions de CO2 en utilisant la EPA, l’Agence pour la Protection de l’Environnement. C’est une option nettement moins ambitieuse mais sûre.

b) Le contenu de ce qui a été adopté à la Chambre. Le contenu de la Bill, l’American Clean Energy and Security Act (H.R. 2454) passé le 26 juin dernier à la Chambre, peut se résumer comme suit :

- d’ici 2020, 20% de la demande en électricité doit pouvoir être assurée par un mélange d’énergie renouvelable et d’augmentation de l’efficacité énergétique,

- l’investissement dans les énergies propres et l’efficacité énergétique sera de 90 billions dans de nouveaux investissements d’ici 2025; l’investissement dans la capture du carbone sera de 60 billions; dans la voiture électrique ou d’autres formes de techniques avancées pour véhicule de 20 billions; plus 20 billions encore en recherche et développement,

- de nouveaux standards pour préserver l’énergie seront appliqués aux nouveaux buildings,
les réductions de carbone des sources principales d’émission aux Etats-Unis seront de 17% d’ici 2020 et de 80% en 2050, par rapport à l’indice de 2005,

- des mesures de protection des consommateurs contre l’accroissement du prix de l’énergie seront prises. Des estimations tant de l’Agence de Protection de l’Environnement que de l’Office du Budget du Congrès considèrent que la nouvelle législation ne coûterait pas plus aux ménages qu’un timbre par jour- ou cinquante cents. Néanmoins, il y aura une protection pour les industries les plus vulnérables.

On le voit cette législation est prudente et peu visionnaire. Elle mise sur l’accroissement de l’efficacité énergétique, plutôt que sur la baisse des émissions. De plus, le marché des «permis de polluer» explose littéralement en bourse et pourrait bien, selon certains de nos interlocuteurs, devenir une bulle spéculative à haut risque. Ce sont en effet les banques qui achètent les permis d’émissions plus que les industries ; elles font grimper les prix, se saisissent de ce nouveau marché financier très rentable et la spéculation sur le changement climatique bat déjà son plein.

L’AFGHANISTAN, LA RUSSIE, LA SECURITE ENERGETIQUE

a) L’Afghanistan. Continuellement attaqué sur ce front, Obama tarde à prendre position. Le renfort de 45.000 hommes que lui demandent ses chefs militaires est particulièrement impopulaire et a peu de chances de passer au Congrès. Le livre qui se vend le mieux à Washington pour l’instant est un livre de Goldstein qui retrace l’engrenage fatal qui a conduit à l’échec du Vietnam. Il est déjà épuisé en librairie. En fait deux stratégies s’offrent au Président, l’une entièrement tournée vers la guerre à Al Qaida, l’autre vers la population afghane. La première reviendrait à masser les troupes à certains endroits stratégiques du pays pour déclencher des raids de grande envergure sur les Talibans supposés abriter Al Qaida, la seconde consisterait à déployer les troupes dans le pays en travaillant sur des objectifs à la fois civils et militaires, tournés vers la population. Le paradoxe, révélé par des députés démocrates au cours de notre visite, c’est que cette dernière option, traditionnellement celle des Démocrates, est devenue celle des Républicains. Ce sont les Républicains qui aujourd’hui accusent Obama de ne pas faire assez pour les droits de l’homme, la pauvreté etc. en Afghanistan et les Démocrates qui tentent tant bien que mal de défendre l’option militaire. Tous nos interlocuteurs ont décrit leur impuissance à trouver une solution à cet imbroglio. Beaucoup, mais pas tous, accusent l’Europe de laisser toute la charge de cette guerre aux Etats-Unis sans prendre leur juste part.

b) La Russie. Sur la question de la Russie, manifestement les relations diplomatiques US sont plus satisfaisantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous G.W. Bush : le RESET d’Hillary Clinton a l’air de fonctionner. La question de désarmement et de la non prolifération du nucléaire sont grandement facilitées par le fait que l’armement des Russes -et notamment les missiles- arrive en fin de vie et que le renouvellement total serait prohibitif. Mais nos interlocuteurs lient une sorte de confiance retrouvée avec la Russie à une plus grande latitude pour faire entrer de nouveaux partenaires dans l’Otan, ou dans l’Union Européenne, comme par exemple l’Ukraine, voire même la Géorgie sans que cela ne suscite l’ire russe. Ce qui n’est certainement pas l’opinion de la majorité des Européens. De nombreuses discussions ont porté sur l’Ukraine, ses problèmes internes et le transit énergétique qu’elle assure dans la plus grande opacité. La question de Nabucco, versus les gazoducs de North Stream et South Stream a également fait l’objet de discussions contradictoires. Nos interlocuteurs poussaient très fort pour l’option Nabucco pour éviter toute dépendance par rapport à la Russie, la délégation socialiste et démocrate étant beaucoup plus circonspecte et ne voyant dans Nabucco qu’une option parmi d’autres, la première interrogation portant d’ailleurs sur les sources d’approvisionnement de Nabucco.

Pour rappel, quelques explications techniques sur le projet Nabucco. Après la crise russo-ukrainienne de 2006, l’Union européenne a placé Nabucco sur la liste de ses projets prioritaires. Avec une longueur de 3 300 km et un coût estimé autour de 7,9 billions, la construction du pipeline devrait commencer en 2010 et finir en 2014 avec une capacité de 30bcm. Ce gazoduc a pour objectif de fournir l’Europe de l’Ouest en gaz venant d’Asie centrale, de la Caspienne et du Moyen Orient, en évitant complètement le territoire russe. Le gazoduc irait de Erzurum en Turquie, à travers la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie jusqu’à Baumgarten en Autriche. Près de Erzerum, il devrait être connecté avec le gazoduc Tabriz -Erzerum et avec le gazoduc du Sud Caucase, connectant Nabucco avec le gazoduc Trans-Caspienne. La principale source d’approvisionnement de Nabucco serait la nappe de gaz de Shah Deniz en Azerbaïdjan. L’accord devrait porter sur 8 bcm de gaz naturel par an. Un projet d’accord non concrétisé existe également avec le Turkménistan : il serait de 10bcm par an. A long terme, le Kazakhstan pourrait également participer à l’approvisionnement. L’ambition de Nabucco est de devenir la quatrième source d’approvisionnement en importance au niveau européen, avec une capacité de 30 bcm. C’est le dessin d’un projet emmené par le groupe autrichien OMW, projet qui inclut à part égale les Hongrois (MOL) les Roumains (Transgaz) les Bulgares (Bulgargaz) les Turcs (Botas) ainsi que les Allemands (RWE). La France avait tenté d’y entrer avec Gaz de France, mais fut rejetée par la Turquie en 2007. C’est un Néerlandais, l’ex-ministre des Affaires Etrangères Jozias van Aartsen, qui coordonne le projet pour la Commission.

Mais il reste un large débat sur les sources d’approvisionnement de Nabucco. A ce jour, il pourrait n’y avoir en 2015 que seulement 3bcm venant d’Azerbaïdjan, mais aucun accord n’est encore signé avec Baku. Le gaz du Turkménistan comme celui du Kazakhstan requièrent la construction d’une infrastructure -la Trans-Caspienne- sous la mer Caspienne, ce qui pour l’instant n’est pas réaliste. Il y a des doutes sur la capacité du Turkménistan à remplir son engagement de 10 bcm, vu les engagements pris par ce pays envers la Russie et la Chine. L’Irak et l’Iran sont également pressentis, mais les incertitudes politiques restent grandes dans ces pays. Il pourrait y avoir de nouvelles découvertes en Egypte mais c’est aléatoire. Et finalement on en arrive à une conclusion paradoxale : les sources d’approvisionnement les plus sûres du pays que Nabucco veut très expressément contourner à savoir la Russie !! C’est pourquoi, sans s’attarder sur l’analyse technique ci-dessus, nous avons plaidé avec nos interlocuteurs pour un réseau inter-connecté de gazoducs en Europe, qui inclurait aussi Nabucco mais n’en ferait pas un instrument privilégié symbolisant la défiance vis-à-vis de la Russie.

LA CRISE FINANCIERE

Les titres des journaux américains sont plutôt optimistes : la crise financière prendrait fin. Avec 18 mois de récession (de décembre 2007 à juin 2009) ce serait la plus longue connue par les Etats-Unis depuis les années trente. Mais si l’activité financière se relève, le chômage persiste et des dommages structuraux affectent durablement l’économie. Le secteur du logement et de la construction commence très, très lentement à se redresser. Les ventes automobiles ont repris en 2009 grâce aux incitants gouvernementaux, mais attention, beaucoup de mesures temporaires prises pour relancer l’économie viennent à expiration. Ces timides progressions pourraient donc bien faire long feu. Les pertes d’emplois -licenciements, fermetures d’entreprises, faillites etc.- diminuent, mais le taux de chômage grimpe toujours d’où une très grande anxiété chez les Américains. On parle d’un taux officiel de chômage de près de 10% (9,8) ce qui compte tenu de la segmentation du marché du travail (beaucoup de temps partiels, d’emplois précaires de quelques heures par semaine) pourrait cacher un taux réel de 17%. Le pouvoir d’achat est donc globalement faible, ce qui entraîne, en un cercle vicieux, le ralentissement de la reprise économique. Les banques reprennent du «poil de la bête», mais n’entendent pas financer facilement le crédit à la consommation pas plus qu’elles ne semblent prête à investir dans l’économie réelle : la reprise de l’économie ne peut donc pas se faire, ni par des investissements, ni par une relance de la consommation. Les profits purement spéculatifs engendrés par les transactions financières sont bien plus attractifs pour les banques et les bonus indécents accordés aux agents de change (traders) sont là pour en témoigner. Le risque, vu l’urgence de l’emploi à court terme et la pression d’une population aux abois, serait de faire l’impasse sur une profonde réforme financière et de retourner au business as usual. Nous avons demandé à nos interlocuteurs, et notamment au sénateur Sanders (un des deux Indépendants au Sénat qui n’hésite pas à se dire socialiste, ce qui dans la bouche d’un citoyen américain est généralement péjoratif), pourquoi Barak Obama ne se montrait pas plus ferme sur ce chapitre ? Sa réponse était sans ambiguïté. Obama a pu compter largement sur Wall Street pour sa campagne électorale et le secteur financier est un de ses alliés naturels. Ce secteur n’hésite d’ailleurs pas à rappeler au Président qu’en cas de contrainte trop grande sur son fonctionnement, il n’hésitera pas à délocaliser dans le Sud Est asiatique. Une taxe sur les transactions financière est possible; cette option a spontanément été avancée par différents interlocuteurs mais dans un contexte particulier : comme source de financement à l’adresse des pays en développement, touchés à la fois par la crise financière et par le changement climatique.

Trois jours après notre départ se tenait à Washington le Sommet EU-US (15352/09-Press 316) voir http://consilium.europa.eu/Newsroom. La plupart des thèmes évoqués durant nos entretiens a été reprise. La disponibilité de nos interlocuteurs durant ce séjour a été étonnante, de même que leur sincère intérêt pour le Traité de Lisbonne, alors même que tous étaient sous pression. Faut-il rappeler que la Chambre discutait âprement le système de santé et que le Sénat traitait du changement climatique ? L’accueil réservé au socialistes et démocrates européens était chaleureux mais avec un message qui sonnait comme un avertissement : Barak Obama se tourne vers l’Europe parce qu’il espère qu’après le Traité de Lisbonne elle parlera davantage d’une seule voix et saura prendre les décisions qui s’imposent (Afghanistan ??). Si tel n’est pas le cas, il se passera de l’Europe !

(1) La Health care Bill a passé avec succès le cap de la Chambre des Représentants samedi 7 novembre 2009, après notre voyage. C’est un second succès non négligeable de Barak Obama, le premier étant incontestablement celui de la législation sur le changement climatique fin juin 2009.

Liège, le 8 novembre 2009. Notes personnelles de VDK. Le rapport officiel et complet de la mission interviendra ultérieurement.

«Souscription Julien Lahaut» au compte Fortis 001-5981690-67

16 novembre 2009

Blog du 15 novembre. J’ai-tout-raté !! Magrets trop cuits, fruits décomposés en compote et non pas croquants et caramélisés, j’ai oublié le sel. Mais je me suis rarement autant amusée. J’explique. Jeudi soir, à Liège, dans le cadre de l’école d’hôtellerie, compétition culinaire entre politiques et journalistes. Téméraire, je m’étais inscrite. J’adore faire la cuisine… en vacances. Mais ma spécialité c’est plutôt les poissons crus, les verrines de légumes, les soupes, les huîtres chaudes sur galets etc. Alors qu’ici, le thème imposé c’était…le magret de canard avec produits du terroir. Mais je suis végétarienne et je n’ai jamais cuit ni surtout mangé un magret de ma vie !! Heureuse déjà qu’il ne fallait pas le plumer. Mais je fais face. J’explore Internet, je déniche une recette alléchante avec soja, gingembre, figues (produits du terroir dites-vous?) mais aussi, miel, poires, pommes qu’on peut trouver chez nous. En un mois, pas moins de quatre magrets ont été sacrifiés chaque semaine pour expérimentation. La pire recette fut le tartare de magret au gingembre, je ne le conseille à personne ! En tout cas, le mien… Mon entourage proche est vacciné contre le magret- à vie je le crains. Mais moi, je prenais lentement de l’assurance.

Jeudi soir, ce fut la Bérézina. La toque ne tenait pas sur ma tête, les fourneaux me brûlaient le dos, on s’arrachait le matériel, certains candidats prenaient du retard, d’où la cuisson trop longue d’un magret sensé être saignant. Et j’en oublie le sel. Voyant ma détresse, les membres du Jury me donnaient des conseils hélas contradictoires – Il faut saisir la viande et puis réduire la flamme ! Alors que dans ma recette il était indiqué: «Vous faites cuire à feu très doux pour dégorger la graisse et puis au dernier moment, vous augmentez la flamme». Quant à l’après cuisson, c’est très délicat. Que faire du canard pendant qu’on cuit les fruits ?? La recette était muette sur ce point et je m’apprêtais à mettre le magret 5 minutes au four, comme me l’avait suggéré mon ami Alain. Un membre du Jury me le déconseille : «Surtout pas, il va trop cuire! Réservez-le simplement sur la table». J’exécute mais un autre membre s’approche : «Mettez un couvercle pour tenir au chaud. Pourquoi ne l’avez-vous pas gardé au four ?» Un troisième passe : «Pourquoi avez-vous mis un couvercle? J’en aurais avalé le couvercle !» Moralité : il vaut mieux suivre son petit bonhomme de chemin sans se laisser influencer. L’assiette de présentation par contre était satisfaisante et je m’en suis tirée avec une honorable cinquième place (sur dix) ex-aequo avec Michel Royer du journal La Meuse. Anton a immortalisé cette mémorable prestation sur vidéo (je la mets en ligne dès que possible). Je ne sais pas s’il a capté l’attente insoutenable des candidats en attendant le verdict : Michel Fawez, Dodrimont, Bouldou, Georges et les autres, tous morts de rire. La chaleur des fourneaux nous avait donné un peu soif et la très sérieuse proclamation s’est faite devant des candidats particulièrement gais.

Si la nuit a été courte, le lendemain matin c’était une atmosphère très différente. Je lançais à la maison de la presse la souscription pour l’enquête sur la mort de Julien Lahaut. Il est incroyable que la ministre de la recherche Sabine Laruelle n’ait pas trouvé de quoi financer cette enquête attendue depuis 60 ans. En effet, il y a près de soixante ans que le militant liégeois, auquel on attribue le cri «Vive la République!» lancé lors de la prestation de serment du jeune roi Baudouin, était assassiné sur le pas de sa porte à Seraing. Julien Lahaut, tour à tour socialiste, communiste, militant syndical, prisonnier à Mauthausen, a d’abord et avant tout été un résistant. Il a combattu toutes les formes d’injustices, toutes les inégalités. Sa personnalité solaire à rayonné jusque dans les camps de concentration. Une chape de plomb s’est abattu sur cette mort et à chaque fois qu’une piste était lancée, assez étrangement elle s’évanouissait. Le Nord du pays s’est paradoxalement plus attaché à faire éclater la vérité que le Sud. Dès 1985, Rudi Van Doorslaer, historien gantois et Etienne Verhoeyen de la BRT, s’attaquent à la question. Pour ces deux historiens ce sont les milieux de l’extrême droite léopoldiste qui ont agi dans un contexte de tension anticommuniste qui régnait à l’époque. Mais au niveau politique, les choses ne bougent guère. En 2000, 200 personnalités politiques, syndicales et associatives répondent à une initiative du parti communiste et demandent une enquête. En 2008, le Sénat en séance plénière adopte à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement de financer une recherche pour faire enfin la clarté. Le 17 septembre 2009, cette recherche est refusée par la Ministre Laruelle, faute de moyens. Inimaginable. J’ai donc décidé de lancer une souscription publique : c’est désormais chose faite. Beaucoup m’ont félicitée, certains se sont étonnés: «Ce n’est pas au citoyen à payer» disent-ils. Peut-être. Mais quand on organise un Téléthon pour financer la recherche médicale personne ne trouve rien à redire. Alors pourquoi pas un téléthon de la démocratie ?

Nous vivons dans une drôle d’époque, aussi troublée à bien des égards que l’après guerre. La crise financière, la montée de la droite et de l’extrême-droite ouvrent la voie à des formes de violence et à des tentations totalitaires que l’on a déjà rencontrées dans le passé. À la première session parlementaire de cette année, l’extrême droite hongroise a pénétré dans l’hémicycle du Parlement européen en tenue paramilitaire. La Belgique est bien épargnée en particulier dans le Sud du pays et nous faisons pour certains, figure de paradis démocratique. Mais il est dangereux de faire l’impasse sur une des périodes les plus troublées de notre histoire. Le travail de mémoire est urgent d’autant que certains témoins, encore en vie, risquent de disparaître bientôt. Je vous invite donc, même avec des dons très minimes, à soutenir cette souscription et à marquer ainsi votre volonté de faire toute la lumière sur cet assassinat et sur le contexte dans lequel il s’est déroulé. Je vous rappelle les formalités : vous pouvez envoyer un don au compte Fortis 001-5981690-67 au nom de «Souscription Julien Lahaut». Mentionnez bien dans la communication si vous voulez être cité dans la liste des donateurs (sans mention des montants versés) qui apparaîtra ici-même sur mon site, sur lequel vous trouverez aussi des informations régulières sur la souscription. Un comité d’accompagnement suivra ce fonds, ainsi qu’un réviseur aux comptes. Tout l’argent ira à la recherche, aucun frais administratif n’en sera prélevé. Si dans les six mois, nous n’arrivions pas à notre objectif, ou si une solution intervenait au niveau gouvernemental, les sommes reçues seraient immédiatement reversées à leurs donateurs. Merci d’avance.

Comment souscrire pour réaliser l’enquête « Julien Lahaut » ?

14 novembre 2009

Merci à tous ceux qui ont pu venir à la conférence de presse ce mercredi 13 novembre, camarades, représentants des milieux syndicaux et communistes, personnalités politiques – Josy Dubié Sénateur honoraire écolo, Jean-Maurice Dehousse ex-Ministre de la police scientifique PS, Marc Bolland Député-Bourgmestre de Blegny PS, Muriel Geerkens chef de groupe écolo à la Chambre – mais aussi à vous tous qui avez si gentiment pris le temps de me répondre.

Cela fait 60 ans bientôt, qu’une véritable enquête sur la mort de Julien Lahaut est reportée. Le 18 décembre 2008, le Sénat votait une résolution relative à la réalisation d’une étude scientifique sur l’assassinat de Julien Lahaut (vote n°18 – présents : 41 ; pour : 41 ; contre : 0 ; abstentions : 0). L’argent devait venir du Fédéral. Mais la Ministre Sabine Laruelle refuse de débloquer les fonds nécessaires.

Dans toute démocratie, il est nécessaire de faire la vérité sur un passé parfois trouble mais qui peut être instructif pour l’avenir. C’est pourquoi, ensemble, nous devons avoir ce sursaut citoyen qui permettra de mener à bien la recherche de la vérité.

Ainsi, celles et ceux, citoyens ordinaires, entreprises, associations, mouvements, qui souhaitent soutenir cette initiative, peuvent participer en envoyant un don au compte Fortis 001-5981690-67 au nom de « Souscription Julien Lahaut ». Mentionnez bien dans la communication si vous voulez être cité dans la liste des donateurs (sans mention des montants versés) qui apparaîtra ici-même sur mon site, sur lequel vous trouverez aussi des informations régulières quant à la souscription. Un comité d’accompagnement suivra ce fond, ainsi qu’un réviseur aux comptes. Tout l’argent ira à la recherche, aucun frais administratif n’en sera prélevé. Si dans les six mois, nous n’arrivions pas à notre objectif, ou si une solution intervenait au niveau gouvernemental, les sommes reçues seraient immédiatement reversées à leurs donateurs.