Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Interventions en Session plénière du mois de mai 2013

23 mai 2013

Intervention: Bangladesh

Quand on me dit- Germinal c’est fini. L’exploitation de l’homme par l’homme c’est dépassé- je réponds-Non, c’est ailleurs. Et ce qui vient de se passer au Bangladesh n’en est qu’un exemple. Nous sommes tous dans cette enceinte vêtus du prix du sang- comme on parle des diamants du sang. En effet, les prix cassés des grandes chaînes de vêtements comme H&M, Zara, Carrefour, Gap et tant d’autres, viennent de l’exploitation insupportable de travailleurs du Bangladesh, le 2ème exportateur de textile au monde après la Chine. Ce n’est pourtant pas une surprise. Le Parlement européen avait déjà voté deux résolutions à ce sujet, en janvier et en mars 2013. Mais cette fois, la tragédie à été d’une telle ampleur – plus de 1100 victimes- que la chaîne de responsabilités multiples a été dénoncée : négligence et corruption des autorités, cupidité des industriels locaux, recherche impitoyable du profit des grandes chaînes étrangères, cécité du consommateur, absence de suivi par l’Europe de l’implémentation des conditions de ses accords commerciaux (en effet le SPG impliquait la signature et la mise en œuvre de conventions de l’OIT) etc.

Mais les grandes catastrophes industrielles ont parfois des effets positifs. C’est la catastrophe de Marcinelle de 1956 en Belgique, qui dans les années soixante à lancé les grands programmes de recherche CECA sur la sécurité dans les mines et la sidérurgie. C’est la catastrophe de Sevezo en 1976 dans la chimie qui a donné naissance à la directive Sevezo. Espérons que le drame du Bangladesh aura le même impact. De nombreuses mesures de prévention, d’encadrement législatif et de sanctions possibles ont été prises. Les salaires des travailleurs devraient être relevés. Un plan d’Action a été décidé entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs et l’OIT le 4 mai 013 engagé les parties à réformer la législation du travail pour permettre aux travailleurs de former des syndicats sans la permission préalable des propriétaires de l’usine. Le dialogue social doit continuer à se renforcer : c’est la meilleure garantie en matière de sécurité en travail. Le 15 mai dernier un accord ambitieux sur les conditions de sécurité, impliquant la responsabilité sociale des entreprises a été adopté par de nombreuses chaînes, à commencer par H&M et Zara, rejointes par Helfinger et d’autres. Mais les multinationales basées aux États-Unis et certaines firmes européennes comme Metro et carrefour ont refusé cet accord : au consommateur à s’en souvenir et à l’Europe d’adopter des mesures contraignantes les forçant à endosser leurs responsabilités sociales!

Intervention: Accord UE/USA

Le mandat donné à la Commission pour négocier l’accord de libre échange UE/USA aurait gagné à être plus ferme. Nous voulons un juste échange régulé par des contraintes sociales et environnementales. C’est dit dans le paragraphe 16, mais avec des gants. Or il y a là un fossé entre les Américains et nous. Qu’on en juge : dans l’effondrement de l’immeuble abritant des travailleurs du textile au Bangladesh, les entreprises américaines ont scandaleusement refusé le 13 mai d’approuver un accord sur les conditions de sécurité dans les usines textiles du pays, alors que les enseignes européennes soutenaient cet accord.

Mais attachons-nous aussi à l’audiovisuel : il doit être exclu explicitement des négociations. Les négociations de l’accord UE/Canada fonctionnent déjà sur une liste négative excluant ce secteur. Ce dernier se définit par son contenu, par sa diversité culturelle- pas par la technologie qu’il utilise. L’audiovisuel de service public européen a vocation à continuer à se développer dans un environnement numérique. Il doit être présent sur tout type de plate-forme. Le paragraphe 11 doit demeurer en l’état : mon groupe en fait une exigence.

Intervention: Syrie

Alors que la ville de Qousseir s’apprête à repasser aux mains de l’armée de Bachar Al Assad, alors que des milliers de civils, en majorité des enfants sont pris au piège, alors que la guerre s’internationalise et que des acteurs étrangers s’affichent clairement aux côtés des belligérants, le Parlement a choisi, non pas d’ignorer ce tournant tragique, mais de se pencher sur un des versants les moins visibles du conflit, à savoir le sort des réfugiés. Ils sont plus d’un million et demi, massés dans des camps ou accueillis dans des familles, dans les pays limitrophes de la Syrie, au Liban, en Jordanie, en Turquie. Leur situation est dramatique, malgré l’héroisme de travailleurs humanitaires sur le terrain et malgré l’aide de l’Union européenne. Dramatique, car
- Des contraintes financières empêchent de délivrer une aide humanitaire de base suffisante
- des émeutes éclatent dans des camps, à cause des conditions de vie des réfugiés, comme dans le camp jordanien de ZAATARI, qui héberge 170.000 réfugiés
- la violence sexuelle y sévit, les femmes et les enfants sont victimes de viols, de faux mariages, masquant la prostitution rampante
- les familles qui accueillent au Liban les réfugiés, sont des familles pauvres, qui ne parviennent plus à soutenir ce poids supplémentaire
- des conflits politiques et confessionnels risquent de faire imploser les pays les plus vulnérables comme le Liban ou la Jordanie, mais provoquent aussi des incidents sévères comme en Turquie.
- les Etats-membres répugnent à accepter des réfugiés syriens, y compris des déserteurs de l’armée de Bachar qui auraient droit au statut de demandeur d’asile.
De 1,5 à 2 millions de personnes aujourd’hui, à la périphérie de la Syrie et en Afrique du Nord dépendent strictement de l’aide internationale mais ils ne semblent pas susciter un immense élan de solidarité. Toute nouvelle escalade de la violence viendrait encore gonfler ces chiffres et la situation est réellement explosive. En attendant les résultats hypothétiques de la conférence de Genève 2, le Parlement européen lance aujourd’hui un cri d’alarme à la communauté internationale pour qu’elle prenne conscience de l’ampleur de ce drame et assume ses responsabilités. Car cette tragédie humanitaire pourrait être la grenade dégoupillée qui embraserait toute la région.

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CP: L’aide Européenne aux réfugiés syriens est vitale soulignent les Socialistes et démocrates

22 mai 2013
    L’aide Européenne aux réfugiés syriens est vitale soulignent les Socialistes et démocrates

Face à la situation alarmante des réfugiés syriens, le Groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen demande d’urgence au Conseil et à la Commission Européenne d’établir et appliquer une feuille de route pour gérer ce drame humain. Il faut que l’Union européenne contribue de manière active, financièrement et logistiquement, pour que la situation alarmante des réfugiés syriens soit gérée au mieux. Le Groupe des Socialistes et des Démocrates réitère, de même, sa position pour une solution politique au problème syrien.

Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D, a commenté en ces termes le débat en plénière:

« Après la mort de plus de 75.000 personnes, la fuite de plus d’un million de réfugiés dans les pays voisins et la misère de millions de Syriens ayant dû fuir leurs maisons pour se retrouver réfugiés dans leur propre pays, envoyer plus d’armes en Syrie n’est pas la solution.

Alors que la ville de Qousseir s’apprête à repasser aux mains de l’armée de Bachar Al Assad, alors que des milliers de civils, en majorité des enfants, sont pris au piège, alors que la guerre s’internationalise et que des acteurs étrangers s’affichent clairement aux côtés des belligérants, le Parlement a choisi, non pas d’ignorer ce tournant tragique, mais de se pencher sur l’un des versants les moins visibles du conflit, à savoir le sort des réfugiés. Ils sont plus d’un million et demi, massés dans des camps ou accueillis dans des familles, dans les pays limitrophes de la Syrie, au Liban, en Jordanie, en Turquie. Leur situation est dramatique, malgré l’héroïsme des travailleurs humanitaires sur le terrain et malgré l’aide de l’Union européenne.

Dramatique, car
- des contraintes financières empêchent de délivrer une aide humanitaire de base suffisante
- des émeutes éclatent dans des camps, à cause des conditions de vie difficiles des réfugiés, comme dans le camp jordanien de ZAATARI, qui héberge 170.000 réfugiés
- la violence sexuelle y sévit, les femmes et les enfants sont victimes de viols, de faux mariages masquent une prostitution rampante
- les familles qui accueillent au Liban les réfugiés sont des familles pauvres, qui ne parviennent plus à supporter ce poids supplémentaire
- des conflits politiques et confessionnels risquent de faire imploser les pays les plus vulnérables comme le Liban ou la Jordanie, mais provoquent aussi des incidents sévères comme en Turquie.
- les Etats-membres répugnent à accepter des réfugiés syriens, y compris des déserteurs de l’armée de Bachar qui auraient droit au statut de demandeur d’asile.

De 1,5 à 2 millions de personnes aujourd’hui, à la périphérie de la Syrie et en Afrique du Nord dépendent exclusivement de l’aide internationale, mais l’élan de solidarité est très insuffisant. Toute nouvelle escalade de la violence viendrait aggraver encore cette situation explosive. En attendant les résultats hypothétiques de la conférence de Genève 2, le Parlement européen lance aujourd’hui un cri d’alarme à la communauté internationale pour qu’elle prenne conscience de l’ampleur de ce drame et assume ses responsabilités. Car cette tragédie humanitaire pourrait être la grenade dégoupillée qui embraserait toute la région. »

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Agenda de la session plénière Mai 2013

21 mai 2013

france-strasbourg-parlement

Lundi:
- Discussion commune – Application de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne à la République tchèque
- Présentation de Rapports – Droits des femmes dans les pays des Balkans candidats à l’adhésion; Charte de l’UE: ensemble de normes pour la liberté des médias à travers l’UE

Mardi:
- Votes de Rapports – Droits des femmes dans les pays des Balkans candidats à l’adhésion; Charte de l’UE: ensemble de normes pour la liberté des médias à travers l’UE; Lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et les paradis fiscaux

Mercredi:
- Débats – Situation des réfugiés syriens dans les pays voisins; Recouvrement des avoirs par les pays du printemps arabe en transition; Reconnaissance mutuelle des mesures de protection en matière civile; Pilier social de l’Union économique et monétaire
- Votes

Jeudi:
- Débats – Conditions de travail, en particulier normes de santé et de sécurité (incendie dans une usine et effondrement d’un immmeuble) au Bangladesh;
- Votes – Situation des réfugiés syriens dans les pays voisins; Recouvrement des avoirs par les pays du printemps arabe en transition
- Débats sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit – Guantanamo: grève de la faim de prisonniers; Inde: exécution de Mohammad Afzal Guru et ses implications; Rwanda: procès de Victoire Ingabire

CP: Syrie, l’OTAN ne savait rien !

8 mai 2013

Le Secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen l’affirme : l’OTAN ne savait rien !!!

L’OTAN ne savait rien des intentions d’Israël de bombarder Damas, répond laconiquement le Secrétaire général de l’OTAN,, à une question de l’eurodéputée Véronique De Keyser, en Commission Affaires Etrangères au parlement européen ce lundi 6 mai après-midi.

Véronique De Keyser interpelle en effet le Secrétaire général de manière très directe : « Le 7 mars, Shimon Peres a signé un accord bilatéral de partenariat avec l’OTAN, pour lui permettre de planifier et de mieux coordonner entre les Etats-Unis, l’OTAN et Israël toute intervention au Moyen Orient. La presse d’ailleurs titrait à l’époque, c’est-à-dire il y a deux mois : Israël, membre de facto de l’OTAN ! Le 12 mars, au Parlement européen Shimon Peres venait dresser son nouvel axe du Mal : Hezbollah, Iran, Syrie. Alors, une question : Israël s’est-il coordonné avec vous pour les bombardements du week-end dernier ? »

Dire que Rasmussen a été rapide dans la réponse, c’est peu dire. Mais de toute façon, c’est Non. L’OTAN ne savait rien et ne veut rien savoir. Alors, à quoi sert-il ?? Quand nous glissons irrésistiblement vers un embrasement du Moyen Orient, se poser la question n’est pas impertinent.

Rasmussen

Article presse Mediapart

17 mars 2013

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Agenda de la session plénière Mars 2013

11 mars 2013

france-strasbourg-parlement

Lundi:
- Discussion commune – journée internationale de la Femme (Elimination des stéréotypes liés au sexe dans l’Union; Situation des femmes en Afrique du Nord; Les répercussions de la crise économique sur l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes)
- Infrastructures énergétiques transeuropéennes
- Feuille de route pour l’énergie à l’horizon 2050
- Évaluations du risque et de la sûreté dans les centrales nucléaires de l’Union européenne (« tests de résistance »)
- Discussion Commune – Emissions de gaz à effet de serre (Règles comptables et plans d’action concernant les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation des terres; Mécanisme pour la surveillance et la déclaration des émissions de gaz à effet de serre et d’autres informations ayant trait au changement climatique)

Mardi:
- Débats: Problèmes dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire dans le contexte de la récente affaire de la viande de cheval; Règlement des litiges de consommation; Intensifier la lutte contre le racisme, la xénophobie et les crimes inspirés par la haine
- Votes: Mécanisme pour la surveillance et la déclaration des émissions de gaz à effet de serre et d’autres informations ayant trait au changement climatique; Règlement des litiges de consommation; Substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine; Suivi et évaluation des projets de plans budgétaires et correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro; Les répercussions de la crise économique sur l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes; Situation des femmes en Afrique du Nord; Élimination des stéréotypes liés au sexe dans l’Union
- Allocution de Shimon Peres, Président de l’Etat d’Israël
- Débats: Réforme de la PAC; Orientations pour le budget 2014; Composition du Parlement européen en vue des élections de 2014; Protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens; Intégration des migrants, ses effets sur le marché de l’emploi et la dimension extérieure de la coordination en matière de sécurité sociale; Conséquences des politiques d’austérité sur les conditions de vie des personnes handicapées.

Mercredi:
- Débat prioritaire avec le Conseil et la Commission européenne: Préparatifs en vue de la réunion du Conseil européen (14-15 mars 2013)
- Votes: Décision sur l’ouverture et le mandat de négociations interinstitutionnelles sur les paiements directs aux agriculteurs au titre des régimes de soutien relevant de la PAC; Décision sur l’ouverture et le mandat de négociations interinstitutionnelles sur l’organisation commune des marchés des produits agricoles (règlement OCM unique); Décision sur l’ouverture et le mandat de négociations interinstitutionnelles sur le soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER); Évaluations du risque et de la sûreté dans les centrales nucléaires de l’Union européenne; Intensifier la lutte contre le racisme, la xénophobie et les crimes inspirés par la haine; Intégration des migrants, ses effets sur le marché de l’emploi et la dimension extérieure de la coordination en matière de sécurité sociale.
- Débats: Situation en Egypte; Menace nucléaire et droits de l’homme en Corée du Nord; Syrie, en particulier sur la situation humanitaire; situation au Mali; Situation en Ukraine; Relations UE-Chine; Mécanisme de coopération et de vérification: méthodologie, application actuelle et évolution à venir

Jeudi:
- Débats sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit
- Propositions de résolution concernant les débats sur ces cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit

Interview de ce mercredi 19 septembre 2012 sur l’intervention de l’UE en Syrie.

20 septembre 2012