Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Éradication de la torture dans le monde!

11 mars 2014

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Ce jeudi 13 mars sera voté en session plénière à Strasbourg le rapport de Véronique De Keyser sur l’éradication de la torture, adopté à 55 voix contre 1 le 6 février 2014 en commission des affaires extérieures.

Ce rapport porte sur la problématique de la torture dans le monde, avec un accent particulier mis sur la torture à l’encontre des enfants ainsi que sur les mécanismes de prévention européens et leur amélioration ou développement.  Il a été écrit en concertation avec les principales organisations internationales qui luttent contre la torture; l’Association pour la Prévention de la Torture, l’Organisation Mondiale contre la Torture, le Conseil International pour la Réhabilitation des Victimes de Torture, et la Fédération Internationale d’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, Amnesty International, Unicef Syrie etc.

Que ce soit dans les centres de détention, centres de réfugiés, dans les institutions étatiques ou non, en temps de conflit ou de paix, il est très important aujourd’hui de mettre un accent particulier sur la protection des enfants contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il n’existe aucun instrument européen spécifiquement alloué à ce groupe, ni de système judiciaire adapté aux besoins des enfants.  Les enfants sont victimes de torture physique et psychologique dans tous les cadres de vie aujourd’hui, mais une forme émergeante de torture d’enfants qui mène à un nombre croissant de suicides chaque année est l’abus des enfants sur Internet, notamment le harassement des mineurs et la pédopornographie.

Au travers de ce rapport, le Parlement européen demande une meilleure coordination, de la part du Service d’Action Extérieur Européen et des délégations et ambassades européennes dans les pays tiers, du travail contre la torture et des fonds octroyés pour lutter contre la torture, avec les organisations européennes spécialistes dans ce domaine et la société civile, notamment avec l’ONU et le rapporteur spécial onusien sur la torture.  Il demande aussi une meilleure mise en œuvre et un suivit des mécanismes disponibles dans l’Union Européenne, tels que le Plan d’Action européen sur les droits de l’homme et la démocratie (dont seulement trois maigres points portent sur la torture, qui n’impliquent pas tous les états membres), les orientations pour la politique de l’UE à l’égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants[1]  (mises à jour en 2012 mais manquant cruellement de mise en œuvre), l’Instrument Européen pour la Démocratie et Droits de l’Homme[2] (7% des fonds de cet instrument sont alloués à la lutte contre la torture), le COHOM[3] (groupe de travail du Conseil sur les droits de l’homme) et le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants[4].

Quelques autres points importants sont abordés dans le rapport.  Le premier porte sur la mise en pratique stricte du règlement (CE) n° 1236/2005 du Conseil[5] concernant le commerce de certains biens susceptibles d’être utilisés en vue d’infliger la peine capitale, la torture ou d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ensuite sur l’élaboration de manuels de conseils de « bonne pratique » pour des visites parlementaires aux centres de détention suspectés de pratiquer de la torture.  Une attention particulière est portée dans le rapport De Keyser sur la peine de mort, considérée dans un rapport d’octobre 2012 du rapporteur spécial onusien sur la torture, Juan E. Méndez, comme une forme de torture et donc de violation des droits de l’homme.  Enfin, un accent particulier est aussi mis sur la lutte contre la torture des femmes et des filles.

Voici mon rapport complet http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2014-0100&language=FR



 

Des enfants syriens abusés sexuellement, torturés et exécutés !

6 février 2014

La plénière de Strasbourg consacre une fois de plus, un débat et une résolution à la question syrienne.  Bouleversée par la lecture d’un rapport sorti cette semaine à l’Onu sur la torture des enfants syriens, Véronique De Keyser déclare en plénière :

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« La guerre de Syrie va durer.  Tous les analystes augurent d’une catastrophe humanitaire sans précédent, et d’un bouleversement complet du paysage du Moyen-Orient.  La guerre de proximité que se livrent, par combattants interposés, les puissances extérieures,  vise à modifier les rapports de force politiques et confessionnels dans la région.  Dès lors, le risque d’une déflagration plus large est énorme et Genève II a marqué un sursaut responsable de la part de la communauté internationale. Que les États-Unis et la Russie aient réussi à persuader les belligérants d’y participer est un pas important, mais insuffisant.  Je  regrette seulement que l’Iran n’y ait finalement pas été admis et mon groupe soutient les efforts de Lakhdar Brahimi de transformer le semi-échec de Genève II, en un processus de négociation plus long, mettant en avant des aspects humanitaires et capable de recréer de la confiance. Plus de trois millions d’enfants en Syrie  n’ont plus fréquenté l’école depuis trois ans.  Un rapport de l’UN sorti cette semaine dénonce que des enfants ont été abusés sexuellement, torturés, et exécutés sommairement par les forces de Bachar Al Assad, comme par des groupes rebelles.  Dans les enclaves assiégées, les gens meurent de faim.  A Yarmouk, les Palestiniens sont dans une situation désespérée.  Et aux photos des 5000 Syriens torturés livrées aux médias, il faut ajouter les égorgés, les assassinés, les torturés, les kidnappés tant par les milices du régime que par les groupes terroristes qui ont infiltrés l’opposition.  Pour atténuer cette immense souffrance, il faut de l’argent, du courage politique et de l’obstination. Mais il faut aussi tarir les sources de financement qui alimentent le terrorisme.  L’Europe n’est pas tout, mais elle n’est pas rien sur la scène internationale, comme elle a eu l’occasion de le montrer dans les négociations sur le nucléaire iranien.  La Syrie est une région où elle peut faire la différence. »

Les Nations Unies doivent réagir face à la violente répression de Bachar el-Assad

15 février 2012

Les Socialistes et Démocrates au Parlement européen apportent un soutient total à la proposition de la Ligue de déployer une force conjointe Nations Unies/Ligue arabe pour une mission de maintien de la paix en Syrie et invite le Conseil de sécurité à adopter une résolution à cet effet.

Les Socialistes et Démocrates condamnent fermement la brutalité aveugle du régime de Bachar el-Assad contre la population syrienne et plus particulièrement dans la ville de Homs. Ils en appellent une fois de à la cessation immédiate de cette violente répression, et au retrait sur le champ des troupes et tanks dans toutes les villes syriennes.

« Le régime syrien n’a pas réussi à se conformer aux lois internationales sur les droits de l’homme », a déclaré Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D, « et le président Bachar el-Assad en assume la totale responsabilité en tant que chef constitutionnel de l’Etat syrien ».

« Nous en appelons de toute urgence à la cessation immédiate de la répression sanglante et du harcèlement des manifestants pacifistes et de leur famille, de la violence contre les travailleurs humanitaires, de la violence sexuelle et de la torture contre quiconque s’oppose au régime y compris les enfants. Nous en appelons aussi à la libération immédiate de tous les manifestants emprisonnés, des prisonniers politiques, des défenseurs des droits de l’homme, des bloggers et des journalistes. Nous demandons un accès total au pays pour les organisations humanitaires internationales et de droits de l’homme ainsi que pour les media internationaux.

Nous réitérons notre demande au président Bachar el-Assad et à son régime de se retirer immédiatement pour permettre la mise en place d’une transition pacifique et démocratique dans le pays.

Nous saluons l’engagement de l’UE de continuer à faire croître une pression internationale contre le régime syrien et nous soutenons la décision du Conseil des affaires étrangères du 23 janvier 2012 de mettre en place de nouvelles mesures restrictives contre le régime syrien. Nous en appelons à plus de nouvelles mesures ciblées. »

Hessel : « Engagez-vous ! »

10 mars 2011

Guy Duplat
Mis en ligne le 09/03/2011
L’auteur du triomphal “Indignez-vous !” continue son combat militant.

Stéphane Hessel, 93 ans, a connu en 2010 un triomphe inattendu avec son opuscule, « Indignez-vous ! » (Éditions Indigène), vendu déjà à plus de 1,7 million d’exemplaires. Il poursuit sa campagne avec un nouveau livre qui sort en libraire le 10 mars et porte un titre tout aussi martial : « Engagez-vous ! » (Éditions de l’aube). Un texte qui, pour l’essentiel, ne fait que prolonger, voire délayer, ce qui faisait l’énergie surprenante du très court pamphlet précédent. « Indignez-vous ! » avait la force de l’éclair : vingt pages seulement, mais au style prophétique et signées d’un résistant, survivant des camps, signataire de la charte universelle des droits de l’homme, une conscience morale qui veut nous réveiller d’une torpeur morbide.

S’appuyant sur le programme du Conseil national de la Résistance qui s’était indigné du nazisme, il estime que la situation actuelle (inégalités sans cesse croissantes entre riches et pauvres, droits de l’homme bafoués, planète en danger) appelle le même élan. Il le rappelle dans ce nouveau livre de 60 pages auquel sont joints les textes de la déclaration des droits de l’homme et du programme du Conseil national de la Résistance.

Dans ce livre, Hessel répond aux questions d’un jeune de 25 ans Gilles Vanderpooten. À nouveau, il estime inadmissible ce qui se passe et qui nécessite une réaction comme fut celle de la Résistance : « refuser le diktat du profit et de l’argent, s’indigner contre la coexistence d’une extrême pauvreté et d’une richesse arrogante, refuser les féodalités économiques, assurer la sécurité sociale  » Résister, c’est alors, « refuser de se laisser aller à une situation qu’on pourrait accepter comme malheureusement définitive ». Stéphane Hessel en appelle avant tout aux jeunes qu’il rencontre et à qui il demande : « Interrogez-vous sur ce qui vous indigne et vous scandalise et quand vous l’aurez découvert, tachez de connaître concrètement comment il vous est possible d’agir pour lutter contre. »

Stéphane Hessel justifie son nouvel ouvrage en s’avouant « préoccupé par l’écart incommensurable qui existe entre les forces politiques et la jeunesse française ». Selon lui, « le monde déstabilisé dans lequel nous vivons depuis la crise mondiale -déstabilisé par les grands profiteurs de l’économie financiarisée mondiale- ce monde-là est détestable. Il faut le transformer le plus rapidement possible en un monde où la justice, l’égalité pour tous, la liberté pour tous puissent trouver leurs assises. »

Pour lui, tout commence par la défense des droits de l’homme, celle des sans-papier et des sans-logis. Mais dans « Engagez-vous ! », Stéphane Hessel, proche des écologistes – il a soutenu la liste Europe Écologie aux élections européennes de 2009 – insiste également sur la défense de l’environnement, à laquelle il consacre plusieurs chapitres. « Sorti des camps, le problème du respect des droits de l’homme me paraissait la chose la plus importante. [ ] La façon dont le gouvernement français traite le droit d’asile et les sans papiers est révoltante. Nous devons être nombreux à protester contre ces formes de violation des droits élémentaires. [ ] Aujourd’hui, je vois donc l’avenir comme devant respecter à égalité les droits de la personne humaine et les droits de la nature. »

Stephane Hessel croit en l’homme, capable du pire comme du meilleur. Il croit surtout aux jeunes et pense que chacun peut lutter, à son niveau, contre ce qu’il ressent comme inacceptable, même si aujourd’hui, l’ennemi n’est pas aussi identifiable que du temps du nazisme. L’ennemi est diffus, insaisissable. Et le risque est de se dire qu’il n’y a de toute manière rien à faire, « c’est comme ça ». C’est ce défaitisme qu’Hessel combat en voulant montrer à nouveau que l’engagement sartrien est ce qui définit un homme.

Un objectif toujours actuel.

« Engagez-vous ! » Stéphane Hessel, Éditions de l’Aube, 93 pp., env. : 7 euros

Stéphane Hessel invité par Véronique De Keyser au Parlement, à s’exprimer « en toute liberté »

10 mars 2011

En octobre dernier, Stephane Hessel publie à 93 ans Indignez-Vous!, un ouvrage d’une trentaine de pages qui devient rapidement un best-seller. Le 18 janvier, Stephane Hessel a vu le débat qu’il devait mener autour de son livre, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, annulé en dernière minute, suite, semble-t-il, à diverses pressions… Le 9 mars, Véronique De Keyser recevait Stéphane Hessel « en toute liberté » au Parlement.

Stéphane Hessel est né en 1917 à Berlin au sein d’une famille allemande cosmopolite. A 7 ans, sa famille immigra en France, et il se fit naturaliser. Après la débâcle de l’armée française en 1940, il a, alors, rejoint les services secrets du Général De Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale, et fût arrêté par la Gestapo. Stéphane Hessel fût déporté à Buchenwald, où il est interrogé et torturé. Apres la guerre, il entama une carrière diplomatique et participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. En 1962, il créa l’AFTAM (Association pour la Formation des Travailleurs Africains et Malgaches) afin d’améliorer le développement social. Après une longue carrière diplomatique, il occupa le poste d’Ambassadeur français aux Nations Unies à Genève. Depuis la fin de la guerre, il a été un défenseur infatigable des droits de l’homme à l’intérieur comme à l’extérieur de la France, un engagement qu’il décrit comme dans la lignée du combat qui l’avait amené à rejoindre  » l’aventure exaltante des Français Libres ». Le 14 octobre, il fût élevé au rang de Grand-Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Publié en Octobre 2010, son essai « Indignez-vous! » appelle le peuple français à s’indigner de nouveau, comme le fît la Resistance française durant la deuxième guerre mondiale. Dans cet essai, M. Hessel décrit une indignation personnelle envers les écarts grandissants entre les riches et les pauvres, contre le traitement français des immigrés clandestins, contre le sort de Palestiniens et enfin contre l’importance de défendre le système de protection sociale.

Pour voir la conférence de presse donnée par Stéphane Hessel le 9 mars, sans censure, et l’entendre parler de son engagement, de sa vision de la situation au Moyen-Orient, de sa vision du droit international. Sans langue de bois, sans doubles critères. Pour entendre aussi son tout dernier cri (et livre) « Engagez-vous! » cliquer ici.

Dès mon retour du Soudan, je suis passée ce week-end voir Stéphane Hessel à Paris

24 janvier 2011

Blog du 23 janvier 2011. Dès mon retour du Soudan, je suis passée ce week-end voir Stéphane Hessel à Paris. Je savais qu’il avait été interdit de parole et traité d’antisémite pour avoir appelé au boycott des produits des colonies. Mais qui est Stéphane ? Un vieux Monsieur de 93 ans, juif né à Berlin, émigré en France avec sa famille, résistant de la première heure en 40. Il rejoint l’appel du 18 juin de De Gaulle, s’exile à Londres, entre dans la Résistance où il est précieux vu sa connaissance parfaite de la langue allemande. Mais débarqué en France, il est capturé, torturé par la Gestapo, déporté à Buchenwald. Après la guerre, il fait partie de la petite commission présidée par Eléonore Roosevelt chargée de la rédaction de la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Puis il devient ambassadeur de France à l’ONU. C’est cet homme-là qui à 93 ans, défend la cause palestinienne, prétend qu’on ne pourra pas éviter de négocier avec le Hamas, écrit un brûlot politique vendu aujourd’hui à plus d’un million d’exemplaires, ami et condisciple de Sartre à l’Ecole Normale Supérieure…et ? Et est interdit de parole dans cette France qui se déclare patrie des droits de l’homme. J’aime beaucoup Stéphane. Je l’ai rencontré il y a quelques années au Mémorial de Caen, et nous participions tous les deux à une émission radio sur la Palestine. Dès qu’il m’a ouvert la porte de son appartement hier après-midi, avec un petit sourire- Excusez-moi, Véronique, je suis un peu débraillé ! -, j’ai eu un « coup de jeune » tant ce vieux monsieur est clair, droit et direct dans ses propos. Sa femme Christiane était là elle aussi, toujours à ses côtés, et nous avons discuté du Soudan, de la Tunisie, de cette Afrique qui bouge…et puis aussi de la Palestine. Je l’ai invité à venir au Parlement européen. Il a dit oui. Très bientôt. Sans doute en février. Il n’y sera pas censuré.

Je viens de rentrer de Paris. La manifestation pour un gouvernement bientôt, de toute urgence, continue à défiler dans les rues de Bruxelles. Je regarde à la TV les artistes se mobiliser. Nous restons une terre de liberté. A ne pas laisser mourir. Je sors de mon sac le livre de Stéphane Hessel : une petite plaquette de 30 pages aux Editions Indigènes. Son titre ne pouvait pas mieux tomber « Indignez-vous ! ». Trois euros pour une leçon de vie.

« Balayer devant notre porte »

23 juin 2010

Par Véronique Leblanc, correspondante à Strasbourg
Union européenne
Mis en ligne sur LaLibre.be le 18/06/2010

La Belgique épinglée pour la présence sur son territoire d’entreprises vendant des instruments de torture

C’est un exercice imposé. Tous les ans, la Commission tire les conclusions de l’action de l’Europe en faveur des droits de l’homme dans le monde et pour 2009, un grand oral a eu lieu cette semaine en plénière à Strasbourg. Un débat a ainsi réuni mercredi les eurodéputés et la haute représentante de l’Union pour la politique étrangère, Catherine Ashton.

Des chiffres tout d’abord. De juillet 2008 à fin 2009, l’Union a alloué 238 millions d’euros à des ONG opérant dans une centaine de pays. Elle a envoyé des délégations dans une quarantaine de pays pour discuter des droits fondamentaux avec les autorités et des missions d’observation électorale dans 16 autres pays.

« C’est bien mais encore « , ont dit en substance certains eurodéputés qui aspirent à plus de résultats concrets. Ainsi, pour la socialiste belge Véronique De Keyser, partie prenante de plusieurs missions d’observation électorale, l’Union s’est dotée par ce biais d’un « instrument merveilleux » qui permet de constater « des élections défaillantes ou frauduleuses » mais n’entraîne pas « une réaction coordonnée et audible ». « Ça finit par passer, dit-elle, les gouvernements corrompus font le gros dos et l’Europe légitime par lassitude. » « Ne pourrait-on envisager une stratégie de réponse un peu plus audible ? », a-t-elle demandé à Catherine Ashton. Pour le libéral luxembourgeois Charles Goerens, un autre paradoxe européen est le manque d’empressement à répondre aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme manifesté par certains Etats membres.

Une remarque approuvée par la verte finlandaise Heidi Hautala. « Pour que nous puissions parler haut et fort dans le monde, il faut d’abord balayer devant notre porte », a-t-elle souligné dans sa conclusion avant d’en revenir à un autre point évoqué durant le débat et qui n’est ni plus ni moins que l’interdiction du commerce d’instruments de torture sur le territoire de l’Union.

Difficile de penser que la question puisse encore se poser en terre européenne, mais c’est bien le cas. Et la Belgique -concernée- n’a rien d’exemplaire puisqu’un rapport d’Amnesty International et Omega Research Foundation atteste que des entreprises y proposent des articles concernés par le règlement. « Il faut prévoir des sanctions pour les pays contrevenants et actualiser la liste des produits concernés en y incluant des équipements tels que les bâtons à pointes et les poucettes murales servant à administrer des décharges électriques », ont réclamé les eurodéputés Gabriele Albertini (conservateur-Italie) et Vital Moreira (socialiste-Portugal), auteurs de questions écrites sur ce sujet.

Autre point important du rapport, la protection des défenseurs des droits de l’homme dans le monde avec la possibilité d’un réseau de « villes refuges » déjà évoquée lors de la présidence tchèque de l’Union et la demande de création -par les ministères des Affaires étrangères- d’une procédure de visa accélérée. Catherine Ashton s’est dite prête à collaborer étroitement avec le Parlement. « Il faut profiter de la nouvelle architecture du traité de Lisbonne », a-t-elle conclu.