Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Véronique De Keyser et les Pensionnés Socialistes

27 octobre 2011

A la demande des Pensionnés Socialistes, Véronique De Keyser fait un point sur l’Europe qui fera l’objet d’une édition dans leur brochure.

« Ni l’élargissement, ni le traité de Lisbonne, ne permettent encore aujourd’hui de parler d’un rôle stabilisateur de l’Union européenne. L’Europe ne s’est pas affaiblie, mais elle ne réussit pas encore à convaincre sur la scène internationale. Elle s’est dotée de moyens logistiques importants, qui lui donnent de réelles capacités de gestion de crise, mais elle n’a pas aucun pouvoir décisionnel commun. Le ton est toujours donné par les grands Etats-membres qui pilotent l’Europe. Ce sont les chefs de ces Etats qui recherchent soutien, cohérence et unité au sein de l’Europe et tentent d’y obtenir la légitimité de leur propre politique qu’elle soit intérieure ou extérieure.

Faire jouer l’Europe en l’alignant sur une politique nationale contestée devient la béquille des chefs d’Etats en difficulté ! Si la Gauche avait été au pouvoir dans les différents gouvernements européens, aurait-elle fait mieux ? Aurait-elle réussi à donner un poids plus grand à l’Europe, à la renforcer comme pôle stabilisateur du monde ? Rien n’est moins sûr. Parlerions-nous davantage d’une seule voix si l’Europe repassait à gauche ? Pèserions-nous davantage sur la scène internationale ? Ou bien, comme dans Obama président. La méprise, nous rendrions nous compte que, Gauche comme Droite aux manettes, l’Europe ne produit en termes de politique étrangère que la somme de ses parties, c’est-à-dire la somme des intérêts nationaux de ses Etats-membres ?

La gauche européenne peine à se constituer, non faute d’institutions mais parce qu’elle manque de ce qu’on aurait appelé autrefois, une conscience de classe. En effet, elle est complètement hétérogène. La transformation de l’électorat des partis de gauche en Europe de l’Est comme à l’Ouest, le flirt de certains avec les idées néolibérales, les différences de développement socio-économique, le niveau de vie qui reste très dissemblable ont contribué à exacerber la compétition entre pays. Cette compétition fait le jeu des nationalistes et dresse les travailleurs les uns contre les autres. Ces conditions objectives, secrétées par les politiques européennes de droite, fragilisent l’émergence d’une gauche cohérente

On s’interroge beaucoup sur les alliances en politique. Faut-il que les socialistes s’allient au centre ou se radicalisent à gauche ? Ce marketing politique est dépassé. La gauche doit s’appuyer sur la société civile, la faire bouger avec elle et non contre elle. C’est l’action commune qui crée la cohérence et fait émerger des valeurs partagées, pas l’inverse. L’Europe n’est pas une chance pour la gauche. Mais c’est un défi qu’elle doit relever.

L’Europe a besoin d’une stratégie européenne pour la croissance à l’horizon de 2020. Nous devons tirer les conséquences de l’échec de la stratégie de Lisbonne en donnant à l’Europe les moyens de son ambition. Cette dynamique de croissance doit être créatrice d’emplois, génératrice d’innovations, en particulier dans le domaine de l’écologie. Elle doit s’appuyer sur une politique d’investissements européens dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’alimentation et de la recherche.

La zone euro doit s’organiser, pas simplement avec une coordination économique mais par une véritable gouvernance politique qui est la seule à même d’assurer une cohérence économique sur notre continent. Aussi, nous ne pourrons pas accepter que les Etats réduisent le budget européen, et le Parlement, renforcé par le traité de Lisbonne, devra peser de tout son poids pour faire prévaloir l’intérêt européen sur les intérêts nationaux. De même, nous poserons clairement la question d’une ressource propre pour l’Europe assise sur une base large pour un taux faible et neutre en termes de pression fiscale. Coopération fiscale au lieu de concurrence fiscale déloyale entre Etats membres, taxe carbone, base commune pour les impôts sur les sociétés, lutte efficace contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale, taxation sur les transactions financières sont autant de pistes nécessaires pour renforcer les budgets de nos Etats et éviter une austérité budgétaire excessive. »

Union européenne, les laïques furieux contre Barroso

19 octobre 2011

Pour agrandir l’article cliquer sur le lien suivant: Europe_LeSoir_19.10.11-1

« Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec L’Union européenne? » Une conférence publique à l’intiative de Véronique De Keyser

6 octobre 2011

Interpellation suite aux propos tenus le 30 mai 2011 par Mr José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

8 juin 2011

« Le téléphone sonne » mardi 14 décembre pour Véronique De Keyser

16 décembre 2010

Pour revoir l’émission « Le téléphone sonne » du 14 décembre, cliquer sur le texte.

Traité de Lisbonne : quel bilan un an après ?
Stéphane LENEUF en direct du Parlement de Strasbourg

Il y a un an, le traité de Lisbonne entrait en vigueur. Crise financière oblige, aujourd’hui, les gouvernements le révisent pour combler ses lacunes en matière de gouvernance économique. Ce traité est-il déjà dépassé ? A-t-il amélioré le fonctionnement de l’Union ? A-t-il rapproché l’Europe des citoyens ? Y-a-t-il un pilote dans l’avion et pour nous conduire dans quelle direction ?

Avec Quentin Dickinson, directeur des Affaires européennes à Radio France.

Invités :
- Inigo Mendez de Vigo
Groupe du Parti Populaire Europe (Démocrates Chrétiens)
- Véronique De Keyser
Eurodéputée, groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates

- Jean-Luc Bennahmias
Groupe Alliance des démocrates et des libéraux

Certains s’intéressent davantage aux droits qu’à l’homme…

10 décembre 2010

Certains s’intéressent davantage aux droits qu’à l’homme… Il n’y a pas qu’en ce jour des Droits de l’Homme qu’il est bon de rappeler à tous, à commencer par les politiques, leurs devoirs, leur responsabilité pour le monde entier.

Le traité de Lisbonne renforce les droits de l’homme dans les politiques européennes – tant à l’intérieur de l’UE qu’à l’extérieur. Au Parlement, nous travaillons à mettre en place le Service européen d’action extérieure. Sans défenseurs des droits de l’homme, il n’y a pas de droits de l’homme… aussi devons-nous prendre sérieusement en compte ces défenseurs dans les délégations de l’UE et développer des stratégies locales pour les soutenir. Et les protéger car ils peuvent encourir des risques dans leur propre pays.

Le rapport annuel du Parlement sur les droits de l’homme dans le monde est actuellement en préparation, il sera adopté lors de la session plénière de décembre à Strasbourg. Lors de cette session aura lieu également la cérémonie de remise du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.

Concevoir un vivre-ensemble, combattre le règne de l’économisme, penser un monde plus humain… pour y parvenir, il ne suffit pas de faire appel à la démocratie et aux Droits de l’Homme ! Abolissons les inégalités et donnons-nous les moyens de les dépasser.

« Le commerce international doit être au service du développement en général et plus spécialement des droits de l’Homme, et des personnes les plus fragilisées comme les enfants »

14 octobre 2010

Parlement européen, Bruxelles, 13 octobre 2010. Ouverture des débats de Véronique De Keyser, Vice Présidente du groupe S&D, dans le cadre de la Grande conférence « La politique commerciale peut-elle améliorer les droits de l’homme? »

. L’Article 207 du Traité UE mentionne que la politique commerciale commune est menée dans « le cadre des principes et objectifs de l’action extérieure de l’Union ». Elle doit contribuer aux grands objectifs de l’Europe dans ses relations avec le reste du monde comme énoncés à l’article 3 du Traité : « au développement durable de la planète, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant ainsi qu’au strict respect et au développement du droit international, notamment au respect des principes de la Charte des Nations Unies ».

. Nous avons décidé d’organiser cette rencontre car depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le Parlement Européen jouit désormais du pouvoir de donner son consentement à tous les accords commerciaux conclus par l’Union européenne. Ceci est une étape importante dans l’évolution des prérogatives du PE qui devient désormais co-législateur pour la politique commerciale ce qui n’était pas le cas auparavant.

. Le commerce international ne doit pas être considéré comme une fin en soi mais bien comme un instrument au service d’un ensemble d’objectifs économiques, sociaux et de développement et ne peut en aucun cas être réduit aux seuls intérêts économiques. Insister sur la cohérence entre les différentes cohérences des politiques de l’UE. Face à la crise financière, économique et surtout sociale, il faudra à tout prix éviter que l’ouverture commerciale se fasse au détriment des droits de l’homme et du travail décent.

. Le débat sur le lien entre normes sociales et règles du commerce international a été bloqué jusqu’ici dans le cadre multilatéral de l’OMC, les pays en développement s’y opposant par crainte d’une utilisation à des fins protectionnistes. C’est pourtant dans le cadre des accords bilatéraux et régionaux que cette articulation a connu, pour l’Europe comme pour les Etats-Unis des développements concrets. L’obligation de respects des normes sociales et environnementales a ainsi commencé à trouver une place, quoique encore très limitée, dans la politique commerciale de l’Union. Il faut insister pour une coopération étroite et soutenue des différentes organisations internationales comme l’OMC, l’OIT et les différentes agences et programmes des Nations Unies comme le PNUD.

Deux exemples :
- L’Accord de Cotonou (signé en juin 2000 et révisé en 2005) avec les pays ACP, qui mentionne dans son article 9 les droits de l’Homme « y compris le respect des droits sociaux fondamentaux » comme partie intégrante du développement durable et comme « éléments essentiels » de l’accord; le non respect pouvant entrainer la suspension pure et simple de l’accord, y compris sa dimension commerciale.
- Le SPG+ est un système de préférences généralisées qui vise à promouvoir le respect des normes de travail internationales par le biais de préférences tarifaires supplémentaires : les pays qui peuvent bénéficier de ces préférences commerciales étendues, parce qu’ils sont des pays « vulnérables », doivent ratifier et mettre en oeuvre 27 conventions internationales sur les droits de l’homme et l’environnement (protocole de Kyoto, conventions sur le droit du travail, lutte contre la corruption etc..) et accepter que leur mise en oeuvre fasse l’objet d’une surveillance et d’un examen périodique avec possibilité de suspension du régime commercial en cas de non respect. Par exemple, cela a été le cas récemment pour le SRI LANKA et plus anciennement pour la Biélorussie. Le SPG+ est souvent présenté comme l’instrument de politique commerciale le plus ambitieux de l’Union Européenne en matière de droits de l’Homme, de droits sociaux et de droits environnementaux mais il reste sujet à caution et les questions posées par sa mise en oeuvre devraient être considérées lors de l’examen du futur réglement SPG+ actuellement en cours d’examen.

. Une critique majeure de la politique actuelle de « conditionnalité liée aux droits de l’Homme » est qu’elle n’est pas assez globale; de fait, elle n’existe pas systématiquement pour tous les pays et n’existe pas non plus pour certains accords sectoriels, comme la pêche, l’acier, ou le textile; ce dernier exemple est pourtant une industrie dans laquelle le non respect des droits de l’Homme et des enfants est très souvent pointé du doigt.

. Comment objectivement donner un avis positif ou négatif à la signature d’accords commerciaux ou de partenariat ? Deux écoles s’affrontent à ce sujet : la première soutient que signer des accords avec des pays « non respectables sur le plan des droits de l’homme » peut être un moyen de les amener à élever leurs standards dans la matière; l’autre école soutient qu’il faut d’abord évaluer la situation des droits de l’homme et imposer le respect de ces droits avant que des avantages commerciaux spécifiques ne soient octroyés par l’UE. L’idéal serait de pouvoir disposer d’une liste de critères objectifs qui pourraient nous amener à pouvoir prendre des décisions dans un sens ou dans un autre.

. Au Parlement Européen on discute actuellement du rapport Saifi (Droits de l’Homme et les normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux) qui devrait être adopté en INTA le 26 octobre prochain. On vient de voter l’avis de David Martin sur ce rapport en AFET qui recommande notamment que les accords commerciaux internationaux devraient comprendre des engagements contraignants concernant les normes en matière de droits de l’homme et permettre une révision en cas de violation de ces normes.

Actuellement, les accords commerciaux suivants sont en cours de négociation et devraient arriver devant le Parlement Européen : Colombie/Pérou et l’Inde en 2011/2012. La question ne se pose pas seulement pour les accords commerciaux mais aussi pour les accords de partenariat, c’est par exemple le cas du Turkménistan actuellement en discussion.

En tant que Vice-Présidente du Groupe des Socialistes et Démocrates, responsable pour les Droits de l’Homme, le commerce et le développement, je me suis déjà engagée à travailler sur une position commune au sein de notre Groupe afin que le langage des doubles standards ne soit pas utilisé lorsqu’il s’agira de ratification des futurs accords commerciaux et, de façon plus générale, de la ratification future d’accords internationaux. Le commerce international doit être au service du développement en général et plus spécialement des droits de l’Homme et des personnes les plus fragilisée comme les enfants.

Les Schtroumpfs sont arrivés !

7 juillet 2010

Intervention de Véronique De Keyser ce mercredi matin en session plénière à Strasbourg au sujet de la présidence Belge au Parlement européen

Depuis quelques jours les condoléances affluent : Vous vous êtes tiré une balle dans le pied ! Entamer une présidence avec un gouvernement démissionnaire ! Le traité de Lisbonne de toute manière a changé la donne : les présidences tournantes n’ont plus rien à dire. Heureusement vous avez Van Rompuy ! A tous ces messages sympathiques, je réponds : au pays du surréalisme, celui de Magritte et des Schroumpfs, rien n’est impossible ! Et plus sérieusement, le travail engrangé depuis des mois, la structure fédérale belge et ses gouvernements régionaux donneront à cette présidence la solidité qu’elle doit avoir : pas de risque à ce sujet. Quant à son rôle de présidence tournante, c’est finalement de la subsidiarité. La Belgique doit apporter une valeur ajoutée à ce que fait le Conseil, ou la Haute Représentante. Et c’est là qu’il y a un véritable boulevard. Car si j’ai entendu Herman Van Rompuy nous parler tant de fois de rassurer les marchés financiers, je ne l’ai pas entendu parler de rassurer les citoyens. Ces derniers sont inquiets et attendent de l’Europe une réponse communautaire à la crise en termes de régulation financière, de création d’emplois, de croissance verte, avec des projets, des investissements, des moyens à l’appui – bref, un souffle social, une dynamique européenne. Les solides traditions sociales belges et la vision généreuse que la Belgique a de la coopération devraient inspirer les institutions européennes à défaut de leur fournir de la salsepareille, la nourriture préférée des Schtroumpfs que nous gardons pour nous.

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin…

26 juin 2010

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin. Jamais auparavant on n’aurait pu voter, à une très large majorité au Parlement européen, une résolution condamnant l’attaque de la flottille mais surtout exigeant enfin une levée total du blocus de Gaza. C’est une victoire politique mais elle doit se traduire dans les faits. Une levée totale du blocus, une enquête internationale et pas de demi-mesures. Mais la semaine politique a été marquée par des événements heureusement moins dramatiques: les premiers pas de la présidence belge. Que n’ai-je entendu d’absurdité à ce propos. La Belgique se tire une balle dans le pied ! Cette Présidence va être catastrophique ! La scission c’est pour quand ? C’est pour cela que le Roi part au Congo ??? (pour rappel dans le fameux faux journal TV de la RTBF qui annonçait la fin de la Belgique, le Roi….fuyait au Congo !). Mais non, mais non, ça n’a rien à voir: il va aux célébrations de l’indépendance du Congo, si, si, je vous assure cela ne cache rien ! Et les premières rencontres des ministres avec le Parement européen au Palais d’Egmont ont été plus que rassurantes: Yves, Laurette, Paul, Didier, Joëlle et tous les autres – ah, mais il vous en reste beaucoup de ministres ? Vous en avez encore d’autres ??? Tous ont été excellents. Devant une telle richesse politique, mes collègues étaient évidemment étonnés. Aucun ne m’a demandé – ce que je craignais ! – vous êtes sûre qu’il n’y en a pas trop ??? Non, cette présidence sera très bien, j’en suis convaincue. La seule gaffe vient de Bart, mais il n’est pas encore ministre. Il a rencontré immédiatement les autorités européennes. À savoir, José manuel Barroso, Herman Van Rompuy… et puis c’est tout. Dites Monsieur De Wever, n’auriez-vous pas oublié une institution européenne ?? Et un brave Président polonais ? Jerzyk Buzek s’est senti exclu de la cour des grands, ce qui est d’autant moins mérité que depuis le traité de Lisbonne le Parlement européen s’est senti pousser des ailes.

Mais les couloirs du Parlement ont entendu des hurlements pour bien d’autres raisons que les oublis de Bart De Wever: Ô rage, Ô désespoir, que dire de la France à la coupe du monde ! Et si les joueurs ont du se faire savonner les oreilles par Sarkozy au retour, quel scandale que le refus de Domenech de serrer la main de l’entraineur de l’équipe d’Afrique du Sud ! Je me fous complètement de leurs rapports passés: à ce moment-là, c’était indécent. Mais quel délire que ce match Slovaquie Italie ! Quel antidote par rapport au précédent. L’activité du service hier en fin d’après-midi a été un peu réduite. Les mails ont crépités «congratulations» pour nos collègues slovaques et des «condoléances» pour les collègues italiens dont les joueurs nous ont tout de même donné un beau spectacle. À part cela, on épingle Jeannie Longo, inusable, et Justine qui tient bon sur le gazon. Quant à moi, aujourd’hui je m’envole vers le Soudan pour remettre aux autorités le rapport de la mission d’observation électorale.
Vous croisez les doigts ?

« Balayer devant notre porte »

23 juin 2010

Par Véronique Leblanc, correspondante à Strasbourg
Union européenne
Mis en ligne sur LaLibre.be le 18/06/2010

La Belgique épinglée pour la présence sur son territoire d’entreprises vendant des instruments de torture

C’est un exercice imposé. Tous les ans, la Commission tire les conclusions de l’action de l’Europe en faveur des droits de l’homme dans le monde et pour 2009, un grand oral a eu lieu cette semaine en plénière à Strasbourg. Un débat a ainsi réuni mercredi les eurodéputés et la haute représentante de l’Union pour la politique étrangère, Catherine Ashton.

Des chiffres tout d’abord. De juillet 2008 à fin 2009, l’Union a alloué 238 millions d’euros à des ONG opérant dans une centaine de pays. Elle a envoyé des délégations dans une quarantaine de pays pour discuter des droits fondamentaux avec les autorités et des missions d’observation électorale dans 16 autres pays.

« C’est bien mais encore « , ont dit en substance certains eurodéputés qui aspirent à plus de résultats concrets. Ainsi, pour la socialiste belge Véronique De Keyser, partie prenante de plusieurs missions d’observation électorale, l’Union s’est dotée par ce biais d’un « instrument merveilleux » qui permet de constater « des élections défaillantes ou frauduleuses » mais n’entraîne pas « une réaction coordonnée et audible ». « Ça finit par passer, dit-elle, les gouvernements corrompus font le gros dos et l’Europe légitime par lassitude. » « Ne pourrait-on envisager une stratégie de réponse un peu plus audible ? », a-t-elle demandé à Catherine Ashton. Pour le libéral luxembourgeois Charles Goerens, un autre paradoxe européen est le manque d’empressement à répondre aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme manifesté par certains Etats membres.

Une remarque approuvée par la verte finlandaise Heidi Hautala. « Pour que nous puissions parler haut et fort dans le monde, il faut d’abord balayer devant notre porte », a-t-elle souligné dans sa conclusion avant d’en revenir à un autre point évoqué durant le débat et qui n’est ni plus ni moins que l’interdiction du commerce d’instruments de torture sur le territoire de l’Union.

Difficile de penser que la question puisse encore se poser en terre européenne, mais c’est bien le cas. Et la Belgique -concernée- n’a rien d’exemplaire puisqu’un rapport d’Amnesty International et Omega Research Foundation atteste que des entreprises y proposent des articles concernés par le règlement. « Il faut prévoir des sanctions pour les pays contrevenants et actualiser la liste des produits concernés en y incluant des équipements tels que les bâtons à pointes et les poucettes murales servant à administrer des décharges électriques », ont réclamé les eurodéputés Gabriele Albertini (conservateur-Italie) et Vital Moreira (socialiste-Portugal), auteurs de questions écrites sur ce sujet.

Autre point important du rapport, la protection des défenseurs des droits de l’homme dans le monde avec la possibilité d’un réseau de « villes refuges » déjà évoquée lors de la présidence tchèque de l’Union et la demande de création -par les ministères des Affaires étrangères- d’une procédure de visa accélérée. Catherine Ashton s’est dite prête à collaborer étroitement avec le Parlement. « Il faut profiter de la nouvelle architecture du traité de Lisbonne », a-t-elle conclu.