Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

7 novembre 2011

BRUXELLES 07/11 (BELGA) = Dans une démarche peu commune, les 94 parlementaires du PS actifs dans les différentes assemblées législatives du pays ont co-signé une carte blanche diffusée lundi, par le quotidien Le Soir, pour expliquer leur choix de participer aux difficiles négociations visant la formation d’un gouvernement fédéral.

« Mais que diable irait faire le PS dans cette galère? « , demandent-ils notamment avant d’expliquer pourquoi les principaux ténors du parti consacrent tant de temps à négocier pour entrer dans un gouvernement qui serait « amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite », mais pas à n’importe quel prix.

Le cœur des socialistes reste dans la rue aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi, mais le sens des responsabilités et les 36% des voix confiées au parti lors des dernières élections, leur dictent de ne pas baisser les bras ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes (ndlr: économiques) à la Tatcher-Reagan, lit-on encore dans la carte blanche. JDD/

Carte blanche parue dans Le Soir

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

Les socialistes le répètent : leur cœur est « dans la rue » mais continuer à négocier pour former un gouvernement est aujourd’hui un devoir moral.
« Pas question de sacrifier les citoyens ».

Les parlementaires PS, à la Chambre, au Sénat, aux parlements wallon, bruxellois, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté germanophone et du Parlement européen

On parle déjà d’un gouvernement fédéral qui n’annoncerait que des mesures difficiles, rigueur et assainissement des finances publiques. Mais que diable irait faire le PS dans cette galère ? Pourquoi Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Paul Magnette et tous les parlementaires qui participent aux groupes de travail, consacrent-ils tant de temps et d’énergie à négocier pour entrer dans un futur gouvernement qui serait amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite ?

La place du PS n’est-elle pas, au contraire, « parmi les siens », aux côtés des militants, des syndiqués, des manifestants, des « indignés », à crier sa colère contre les dérives du capitalisme débridé ? Oui, c’est là, dans la rue, avec les citoyens, que bat notre cœur de socialistes. C’est aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi que nous nous sentons à notre place. Parce que nous partageons leurs idéaux et leur combat contre les inégalités. Mais opter aujourd’hui, en tant que responsables politiques, pour le bitume des manifestations plutôt que l’action au sein d’un gouvernement, cela reviendrait à nier nos responsabilités.

Environ 36 % des Wallons, des Bruxellois et des Germanophones nous ont confié leur voix lors des dernières élections. C’est une responsabilité énorme. Celle de se battre depuis des mois pour défendre les intérêts des citoyens ; celle de ne jamais baisser les bras, ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes à la Thatcher-Reagan ; celle de revendiquer un impôt spécial pour les plus fortunés, une taxation des spéculateurs et l’allègement de la fiscalité sur le travail. Ces centaines de milliers de voix nous imposent de rester debout. Après 500 jours de combat. Après un accord institutionnel historique qui permet de pacifier le pays (saluons à cet égard les 8 partis qui l’ont conclu). Continuer à négocier, discuter, travailler pour former, enfin, un nouveau gouvernement est un devoir moral. Pour rester les garants des droits des travailleurs, des pensionnés, des jeunes, des personnes souffrantes, de tous ceux qui ont du mal à mener une vie décente et digne. Nous le faisons parce que nous devons le faire. Mais aussi parce que nous le voulons. Le PS est le seul parti qui, après 125 ans de progrès sociaux, a la force de dire NON à l’austérité, mais aussi le courage de dire OUI à ses responsabilités.

Si vous devez rénover votre maison, vous le faites vous-même ou vous faites appel aux meilleurs ouvriers. Aujourd’hui, c’est notre modèle économique et social qui doit, de toute urgence, être réformé. C’est une question de survie, face à l’allongement de l’espérance de vie et c’est une question d’équité pour redistribuer la richesse. Le PS veut assumer cette réforme de manière juste, sérieuse et responsable.

La situation est exceptionnelle et les défis, gigantesques. Le chemin sera loin d’être facile. Il n’est pas question de sacrifier les citoyens pour rémunérer de façon indécente les dirigeants des banques mais bien d’éviter que notre dette tue les services publics et la sécurité sociale ; et sacrifie la génération suivante, nos enfants et petits-enfants. Dans un monde de plus en plus incertain, il est indispensable d’assumer la rigueur ensemble, aujourd’hui, si l’on veut éviter l’austérité demain. Nous devons agir parce qu’il faut aussi redonner l’espoir aux citoyens et en particulier aux plus jeunes.

Cette responsabilité énorme nous confère également la capacité de dire haut et fort : ce ne sera pas à n’importe quel prix ! Le PS se battra avec acharnement pour être le bouclier contre la crise. Au nom des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui nous ont fait confiance, nous continuerons à nous battre pour que ce gouvernement prenne des mesures justes, qui tiennent compte de la capacité contributive de chacun ; pour qu’il soutienne les travailleurs et renforce le pouvoir d’achat, pour qu’il remette la finance sous contrôle, qu’il encourage les jeunes, qu’il défende la sécu, qu’il tire chacun vers le haut. Sans laisser personne au bord du chemin.

Véronique De Keyser et les Pensionnés Socialistes

27 octobre 2011

A la demande des Pensionnés Socialistes, Véronique De Keyser fait un point sur l’Europe qui fera l’objet d’une édition dans leur brochure.

« Ni l’élargissement, ni le traité de Lisbonne, ne permettent encore aujourd’hui de parler d’un rôle stabilisateur de l’Union européenne. L’Europe ne s’est pas affaiblie, mais elle ne réussit pas encore à convaincre sur la scène internationale. Elle s’est dotée de moyens logistiques importants, qui lui donnent de réelles capacités de gestion de crise, mais elle n’a pas aucun pouvoir décisionnel commun. Le ton est toujours donné par les grands Etats-membres qui pilotent l’Europe. Ce sont les chefs de ces Etats qui recherchent soutien, cohérence et unité au sein de l’Europe et tentent d’y obtenir la légitimité de leur propre politique qu’elle soit intérieure ou extérieure.

Faire jouer l’Europe en l’alignant sur une politique nationale contestée devient la béquille des chefs d’Etats en difficulté ! Si la Gauche avait été au pouvoir dans les différents gouvernements européens, aurait-elle fait mieux ? Aurait-elle réussi à donner un poids plus grand à l’Europe, à la renforcer comme pôle stabilisateur du monde ? Rien n’est moins sûr. Parlerions-nous davantage d’une seule voix si l’Europe repassait à gauche ? Pèserions-nous davantage sur la scène internationale ? Ou bien, comme dans Obama président. La méprise, nous rendrions nous compte que, Gauche comme Droite aux manettes, l’Europe ne produit en termes de politique étrangère que la somme de ses parties, c’est-à-dire la somme des intérêts nationaux de ses Etats-membres ?

La gauche européenne peine à se constituer, non faute d’institutions mais parce qu’elle manque de ce qu’on aurait appelé autrefois, une conscience de classe. En effet, elle est complètement hétérogène. La transformation de l’électorat des partis de gauche en Europe de l’Est comme à l’Ouest, le flirt de certains avec les idées néolibérales, les différences de développement socio-économique, le niveau de vie qui reste très dissemblable ont contribué à exacerber la compétition entre pays. Cette compétition fait le jeu des nationalistes et dresse les travailleurs les uns contre les autres. Ces conditions objectives, secrétées par les politiques européennes de droite, fragilisent l’émergence d’une gauche cohérente

On s’interroge beaucoup sur les alliances en politique. Faut-il que les socialistes s’allient au centre ou se radicalisent à gauche ? Ce marketing politique est dépassé. La gauche doit s’appuyer sur la société civile, la faire bouger avec elle et non contre elle. C’est l’action commune qui crée la cohérence et fait émerger des valeurs partagées, pas l’inverse. L’Europe n’est pas une chance pour la gauche. Mais c’est un défi qu’elle doit relever.

L’Europe a besoin d’une stratégie européenne pour la croissance à l’horizon de 2020. Nous devons tirer les conséquences de l’échec de la stratégie de Lisbonne en donnant à l’Europe les moyens de son ambition. Cette dynamique de croissance doit être créatrice d’emplois, génératrice d’innovations, en particulier dans le domaine de l’écologie. Elle doit s’appuyer sur une politique d’investissements européens dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’alimentation et de la recherche.

La zone euro doit s’organiser, pas simplement avec une coordination économique mais par une véritable gouvernance politique qui est la seule à même d’assurer une cohérence économique sur notre continent. Aussi, nous ne pourrons pas accepter que les Etats réduisent le budget européen, et le Parlement, renforcé par le traité de Lisbonne, devra peser de tout son poids pour faire prévaloir l’intérêt européen sur les intérêts nationaux. De même, nous poserons clairement la question d’une ressource propre pour l’Europe assise sur une base large pour un taux faible et neutre en termes de pression fiscale. Coopération fiscale au lieu de concurrence fiscale déloyale entre Etats membres, taxe carbone, base commune pour les impôts sur les sociétés, lutte efficace contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale, taxation sur les transactions financières sont autant de pistes nécessaires pour renforcer les budgets de nos Etats et éviter une austérité budgétaire excessive. »

Existe-t-il encore une raison d’espérer ?

20 octobre 2011

Une semaine déjà que les ouvriers de l’entreprise Ineos sont à l’arrêt. Au départ, un blocage dans la négociation d’une nouvelle convention collective dénoncée par une centaine de travailleurs. Pour toute réponse, la direction fait appel à la police pour aller jusqu’à leur domicile réquisitionner les ouvriers ! Une telle atteinte au droit de grève, c’est du jamais vu ! Pour la direction, cette « réquisition » se justifie pour des raisons de sécurité, le site d’Ineos étant classé Seveso 2. Les représentants du personnel réfutent cet argument puisque les ouvriers avaient déjà mis l’usine en sécurité avant de débrayer. Depuis, sur le site de Feluy, le mouvement s’est franchement durci. Mardi, la direction se fait désavouer par le Conseil d’État et les 46 ouvriers réquisitionnés sortent de l’usine et rejoignent leurs collègues devant l’entrée du site. Depuis ce matin, la direction est en discussion avec les syndicats et l’on apprend que quatre volontaires se rendent à leur poste de travail afin d’assurer la sécurité de l’usine.

Droit de grève bafoué sur le site d’Ineos, nouveau drame social dans la sidérurgie liégeoise, menaces sur les allocations de chômage et des Indignés de plus en plus nombreux à refuser les dérives et l’arrogance du capitalisme financier… combien de temps encore va-t-on nous faire croire que demain sera meilleur grâce aux collusions malsaines entre politique et finance ? N’est-il pas temps de confisquer la « crise » aux donneurs de leçons et de remettre en cause le système économique dans lequel nous vivons ? L’heure n’est plus à la « gestion de la crise » qui s’éternise, mais aux véritables choix. L’économie n’a jamais autant produit de richesses pour quelques uns, et de misères pour le plus grand nombre. L’état social de la planète, le délabrement de l’environnement, la médiocrité culturelle globalisée témoignent du triomphe de l’individualisme et de l’intérêt mal compris. S’il n’existe qu’une raison d’espérer, elle réside dans notre faculté et surtout notre volonté à réinventer la société. Le temps est venu d’un nouvel humanisme conçu à l’échelle du monde pour faire face à nos problèmes communs.

« 100 ans de combat pour l’égalité des genres » : colloque le 8 mars 2011 au parlement à Strasbourg avec Gisèle Halimi

3 mars 2011

Colloque le 8 mars au parlement à Strasbourg : « 100 ans de combat pour l’égalité des sexes. Quelles sont les lois les plus favorables aux femmes ? Qu’avons-nous gagné ? Que reste-t-il à faire ? » Par Gisèle Halimi, avocate française et militante pour le droit des femmes et avec la participation de Véronique De Keyser.

Non à la suppression de l’indexation automatique des salaires !

5 février 2011

Conseil européen. 4 février 2011. L’énergie et l’innovation sont à l’ordre du jour mais Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en décident autrement. Ils expriment clairement leur souhait de supprimer l’index (pilier du modèle social belge), au nom d’un pacte de compétitivité qu’ils ont concocté. L’Europe, ce n’est que l’axe franco-allemand ?? Leterme (merci Laurette !) a bien résisté, mais les autres ne renonceront pas et repasseront bientôt le plat. Si nous ne nous intéressons pas à l’Europe, elle s’intéresse à nous. Réagissons !

Tous solidaires de la déclaration du PS qui dit non à la suppression de l’indexation automatique des salaires :

« Ce Pacte s’apparente à une régression sociale où les dépenses sociales sont les variables d’ajustement de la compétitivité des Etats membres dans la mesure où il préconise entre autres le relèvement généralisé de l’âge de la pension légale et la suppression de l’indexation des salaires.

Au nom du PS, Laurette Onkelinx indique très clairement qu’il ne peut être question d’une remise en cause d’acquis sociaux fondamentaux tels que l’indexation automatique des salaires, ni au plan belge, ni au plan européen. Cette liaison des salaires à l’index soutient la croissance et est déterminante pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs. Le PS attend donc du Premier Ministre qu’il exprime lors du Sommet européen un refus net de ce type de proposition et souligne qu’il n’entre pas dans les compétences de l’Union européenne de se mêler de la politique salariale au sein des Etats Membres.

A un projet européen préconisant dérégulation des marchés du travail, coupe-sombres dans les dépenses sociales et libéralisation totale du marché intérieur, le PS oppose un projet européen alliant soutien à la croissance, solidarité et développement durable. »

Evitons que l’histoire ne se répète…

14 janvier 2011

« Non à l’austérité ! » Non, à l’augmentation des impôts, à la réduction des allocations de chômage, au bloquage des salaires des agents communaux, à la diminution des pensions de la fonction publique, à la réduction des prestations de l’Assurance maladie… Euromanifestation du 29 septembre 2010 ?

Souvenez-vous…c’était il y a 50 ans… Mêmes revendications déjà… Pour pallier les difficultés dues à la perte du Congo et à la compétition économique en Europe, l’état belge constitue alors « La loi unique » un programme destiné à faire supporter à la classe ouvrière la reconversion du capitalisme.

Près d’un million de travailleurs belges mènent un vaste mouvement de grève contre la « loi unique ». Cette grève générale, dont le Secrétaire-Général adjoint de la FGTB André Renard fut l’âme, déclenchée contre le programme d’austérité du gouvernement dura six semaines (20 décembre 1960-20 janvier 1961). Intervention de la gendarmerie, de l’armée. Quatre morts. Face à la coalition gouvernementale catholique-libérale de Gaston Eyskens, les socialistes fédèrent le parti, le syndicat et les mutuelles dans l’Action Commune Socialiste.

Ce conflit social entre des syndicats et le pouvoir politique prétendant vouloir redresser les finances publiques par des restrictions sur le plan social, reste malheureusement d’une grande actualité ! Droit de grève en perte de vitesse, retraites menacées, impôts toujours plus lourds alors que les grands profits ne sont toujours pas remis en cause…luttes ouvrières détruites, systèmes de protection sociale détricotés… Vous voyez une différence ? On nous annonce en Belgique, quand le gouvernement sera formé, un plan d’austérité de 25 milliards d’euros. La loi unique c’était cinq milliards de francs belges. 25 milliards d’euros, ça correspond à mille milliards de francs belges, c’est à dire 200 fois plus ! Bien sûr, le pouvoir d’achat a changé, dans un rapport de 1 à 10, mais l’austérité que l’on nous annonce correspond à 20 lois uniques !

Il faut se remémorer les leçons du passé, repartir dans la bataille, ne pas se laisser davantage démunir. Agissons ensemble dans une perspective d’unification. Réinventons la solidarité pour défendre les droits et les acquis de tous les travailleurs. Créons d’autres horizons que ceux que nous offre la société actuelle qui ne profite qu’aux riches à qui l’on prête… ce que l’on vole aux pauvres ! 2011 permettra-t-il de remplacer enfin l’austérité par la solidarité ?

«Nous devons nous battre pour une sécurité sociale fédérale, solidaire» une carte blanche signée Gaston Onkelinx, que Véronique De Keyser approuve totalement !

22 décembre 2010

Pour lire la carte blanche en ligne cliquer sur le texte.

Blog de campagne (14)

2 juin 2009

Je croyais que je ne trouverais plus le temps d’écrire une ligne. Impossible de raconter ces derniers jours de campagne. Trop denses. Avec une bourrasque de sentiments. Mais voilà : ce matin une trouée. Je pique quelques temps forts. Parcours avec Valérie, Jean-Marc et les autres autour de Dinant Philippeville. Un thème, les courage,et notamment les bureaux de poste. On va voir un point poste installé dans une épicerie, qui fait aussi librairie et journaux. La tenancière ouvre tous les matins à 6h30 et ferme en soirée. Flexibilité maximale avec laquelle elle espérait attirer, grâce au service postal, de nouveaux clients. Engage donc une assistante, fait installer bureau, ordinateur, scanner etc. Tout ça prend de la place. Et le bénéfice n’est pas au rendez-vous. Pour des raisons évidentes de sécurité, le plafond des virements possibles est bas : dès qu’une assurance vie ou même voiture dépasse le montant permis, le client doit tout de même se rendre à la ville voisine. La vente des timbres ne suffit pas à assurer la rentabilité du système. Et de plus, l’« avisage » ne fonctionne toujours pas. Cela veut dire que lorsqu’un client reçoit un avis de recommandé alors qu’il est absent, le pli ou le colis ne retourne pas à l’épicerie, mais à la ville voisine. C’est anormal, mais cela dure depuis un an. En clair, avec la formation qu’elle a reçue, l’engagement d’une assistante, l’encombrement du matériel, cette femme courageuse ne s’en tire pas. Et elle se sent flouée. Les travailleurs de la poste aussi. En début de soirée, réunion avec des militants dans un local du club de pétanque. Auditoire clairsemé mais motivé. L’un d’entre eux se dresse, très calme mais très ferme et dit ceci : « J’étais en pyjama quand j’ai appris cette réunion, je m’apprêtais à regarder le match de Manchester. J’ai fermé ma télé et je me suis rhabillé uniquement pour vous dire ceci : je vais encore une fois voter socialiste mais après, je veux que ça change. Je veux qu’on réfléchisse, je veux un vrai congrès doctrinal. Vous les élus, vous devez cesser d’être des béni-oui-oui. Quand quelque chose ne va pas, il faut oser le dire. C’est ça que je vous demande : d’avoir du courage politique ». Et on discute au moins une heure sur comment revenir aux fondamentaux du socialisme dans un monde qui a changé et change aussi rapidement. Passionnant mais dur. Je quitte cette tournée avec le sentiment, non pas d’avoir fait un plein de voix, non pas d’avoir fait une tournée électorale, mais d’avoir reçu quelques leçons de courage politique.

Autre réunion fabuleuse mais totalement hors du temps. A Liège, c’est la soirée Standard-Anderlecht et comme depuis le Heysel je suis paniquée par les grands mouvements de foule, je m’échappe et monte à Bruxelles. T. y fête le rétablissement de sa mère qui a subi une intervention chirurgicale et je sais que Leila sera là. Rien que des femmes, voilées ou pas. Pas de campagne électorale, pas de tract, mais de merveilleuses chanteuses soufies. A la fin de la soirée, soudain la vieille maman prend la parole et lance en arabe une très longue prière où elle remercie chacune en lui souhaitant le meilleur. Parmi la litanie des noms, j’entends le mien. Je regarde T. : les larmes coulent le long de son visage, Leila aussi est sur le point de pleurer. Bientôt toute la salle pleure, et la petite vieille entièrement vêtue de blanc continue sa mélopée. Je ne sais pas très bien ce qui se passe : moi qui suis non seulement totalement laïque mais athée de chez athée !, je reste là dans cette sorte de chaîne d’union que sans doute toutes les communautés inventent pour rester soudées.

De réunion en réunion, de périple en périple -près de 700 km par jour- je finis par me laisser porter par des amitiés, des aides inattendues, des soutiens que je n’imaginais pas. Cette campagne aura été celle de tous les contrastes. Les coups les plus bas, les plus durs -« On ne vote pas pour un parti de pédophiles ! »- et les soutiens les plus chaleureux. Ce n’est pas la première campagne que je fais, mais celle-ci, je la devine historique. Parce que quelque chose se passe. Je ne sais pas quoi, je n’en connais pas l’issue, mais nous sommes à un tournant. Non seulement la crise en démultiplie les enjeux mais on sent, vis-à-vis des socialistes, une attente, un sursaut nouveaux.

Aux côtés des manifestants contre la directive « temps de travail », Véronique De Keyser dit NON à la régression sociale !

16 décembre 2008


Le 17 décembre 2008, le Parlement européen doit examiner le rapport relatif à la révision de la directive « temps de travail », qui cède aux sirènes libérales, fait la part belle à la flexibilité et constitue un recul sans précédent dans l’histoire sociale de l’Union européenne !

Banalisation de la semaine de 65 heures, nouvelle définition du temps de travail défavorable pour le salarié, modulation annuelle du temps de travail qui rendrait possible des semaines de 78 heures… repos compensateur reculé dans le temps : ces propositions ne respectent pas les droits et les intérêts des travailleurs et de leurs familles.

Les organisations syndicales appellent les députés à voter les amendements visant à :

- mettre un terme à « l’opt-out » (abus d’horaires de travail trop longs), dont les effets négatifs sur la santé doivent être proscrits,

- affirmer que le temps de garde est du temps de travail,

- garantir la prise du repos compensateur après le service et non dans un délai raisonnable,

- ne pas permettre « l’annualisation » du temps de travail sans un accord entre les employeurs et les représentants des travailleurs.

A un moment où la crise économique et financière frappe durement les salariés, il y a urgence à ce que la construction européenne démontre qu’elle les protège contre des horaires de travail menaçant leur santé et leur sécurité. Si la proposition de directive est adoptée en l’état, ce sera la première fois que la révision d’une directive se traduit par une régression de la législation européenne dans le domaine social. Ce à quoi s’oppose fermement la députée européenne Véronique De Keyser.