Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Journée de la femme: l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique

7 mars 2012

Si chaque année, la journée internationale de la femme est l’occasion de faire un point sur la condition des femmes, l’égalité des sexes, la pauvreté, les écarts de rémunération, l’accès à l’emploi…elle doit aussi être une opportunité supplémentaire de regarder au-delà de nos frontières et d’approfondir notre réflexion concernant les avancées futures. Le combat en faveur des femmes de Véronique De Keyser, ici, partout dans le monde, qui vient d’être récompensé par le Prix Théroigne de Méricourt fin 2011, est pour elle une préoccupation non pas d’une journée, sinon de tous les jours.


De gauche à droite : Poul Ramussen Président du Parti Socialiste Européen et Véronique De Keyser Vice-présidente du groupe Socialistes et Démocrates Députée européenne et Présidente du jury des Silver Rose Awards, la représentante de l’association KAOS GL qui s’est vue décerné un prix, Iris Munguia qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière victimes d’harcèlements sexuels également récompensée par Véronique De Keyser

Ce 6 mars 2012, l’eurodéputée qui présidait les Silver Rose Awards, récompensait avec émotion des femmes qui se battent concrètement chaque jour, avec convictions et courage, pour un monde plus solidaire et équitable. L’un des prix récompensait l’association KAOS GL qui défend en Turquie les droits à la pleine liberté d’orientation sexuelle et notamment les droits des gays, des lesbiennes et des transsexuels même si, contrairement à certains pays, l’homosexualité n’a jamais été illégale dans ce pays laïque. Kaos lutte contre toute forme de discrimination directe ou indirecte. L’autre prix mettait à l’honneur le travail d’Iris Munguia, qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière qui sont souvent victimes d’harcèlements sexuels et de multiples discriminations au travail. Iris Munguia a milité durant des décennies pour leurs droits plus particulièrement au sein des plantations de Chiquita au Honduras.


Leila Shahid Déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne et Véronique De Keyser Députée européenne et marraine de « La Palestine au Féminin »

« La Palestine au Féminin ». Aujourd’hui 7 mars, en présence de Leila Shahid déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne, Véronique De Keyser recevait au Parlement européen un groupe de femmes palestiniennes venant de Gaza, de la Cisjordanie et des territoires occupés et cela dans le cadre de la Journée de la Femme. Ces huit femmes remarquables – Rania Elias, Directrice du Festival de Jérusalem, la journaliste Naela Khalil, Nadia Abu Nahla, Directrice de l’organisation de la coalition des femmes à Gaza Strip, Amal Elsana-Alh’jooj, Directrice du Arab Jewish Center for Equality Empowerment and Cooperation, Mona Taneeb, personnage de référence du mouvement des femmes paysannes, Amneh Jibril de la General Union of Palestine Women, Rana El Nashashibi, activiste dans le domaine social et politique à Jérusalem et Naila Ayesh, Directrice du Centre d’Affaires des Femmes à Gaza – étaient parrainées par huit femmes au Parlement européen, dont Véronique De Keyser.

Demain, 8 mars, Véronique De Keyser fêtera la journée internationale des femmes en compagnie de Jean-Pierre Hupkens, Échevin de la culture et Willy Demeyer, Bourgmestre à Liège, pour ne pas oublier qu’aujourd’hui dans le monde des femmes meurent encore sous le poids des inégalités, que ce soit par la violence, par le non accès aux soins de santé,… Victimes de leur statut de femmes – femmes monnaie d’échange, femmes tribu de guerre, femmes moins qu’un homme… Femme organe reproducteur sans plus.

Le 9 mars, toujours dans le cadre de la “Journée Internationale de la Femme” à la Maison de la Laïcité à Angleur, place au vernissage de l’exposition des artistes-peintres Djamila Gassoiand, Nathalie Gornescu et Berna Güzel en présence du Député à la province Paul-Émile Mottard. Début à 19h30. Trois artistes-peintres qui proposent un regard sur la société sous différentes facettes et différentes sensibilités.

Le 10 mars, les halles à Scaherbeek acceuilleront un concert de clotûre de Rim Banna en l’honneur des 8 femmes d’exception venues de Palestine reçues par Véronique De Keyser, et qui incarnent par leur parcours et leur combat tant la Palestine et son destin exceptionnel, que le combat des femmes dans sa dimension universelle. Menée entre le 8 mars 2011 et le 8 mars 2012 et parrainée par 8 parlementaires européennes, « la Palestine au Féminin » a permis à ces 8 femmes de visiter la Belgique et de mettre en exergue le rôle et l’engagement de la femme palestinienne dans tous les domaines en faveur de la liberté, de la dignité et de l’égalité.

Pour Véronique De Keyser, si la journée du 8 mars est un rappel indispensable du combat en faveur des femmes, l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme

Le départ de Bashar Al-Assad est un élément essentiel pour la démocratie syrienne

15 décembre 2011


Le Groupe des Socialistes et des Démocrates au Parlement européen appelle à la démission immédiate de Bashar Al-Assad et assure de sa totale solidarité le peuple syrien luttant pour la liberté, la dignité et la démocratie.

Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D (Socialistes & Démocrates), déclare :

« le régime dictatorial de Bashar Al-Assad n’a plus de légitimité pour le peuple syrien, et doit affronter un fort isolement international à cause de ses actes de plus en plus répressifs et sanglants. Nous applaudissons le courage et la détermination des syriens, particulièrement les femmes jouant un rôle crucial dans cette lutte. Nous accueillons les étapes positives franchies par le Conseil de Droits de l’homme de L’ONU, la Ligue des pays arabes et la Turquie. Néanmoins, nous déplorons le manque de réponse adéquate du conseil de sécurité de l’ONU et continuons à soutenir les efforts de l’Union européenne dans ces différentes entreprises. Nous continuons à soutenir l’émergence de forces d’opposition syriennes et nous les encourageons à établir une plate-forme unie afin d’obtenir la liberté et la démocratie pour toutes et tous en Syrie. Bashar Al-Assad doit renoncer au pouvoir immédiatement et inconditionnellement pour que la démocratie puisse être établie en Syrie et que le pays puisse regagner sa place dans la communauté internationale. Nous avons eu un échange d’opinions important avec le Conseil national syrien lors d’une conférence organisée par le Groupe S&D la semaine dernière à Bruxelles et nous continuerons sur le chemin du dialogue et de la coopération avec les forces d’opposition syriennes. »

L’ONU, c’est le printemps arabe des palestiniens !

14 septembre 2011

Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, en Affaires Etrangères, Développement et Droits de l’homme

Depuis plus de dix ans, l’analyse politique du monde arabe et le processus de paix au Moyen-Orient ont toujours été une des priorités de l’eurodéputée Véronique De Keyser, qui a multiplié les missions sur le terrain – déjà en 2006 elle dirige la mission européenne d’observation des élections législatives en Palestine, elle se rend sur place pendant la terrible opération « Plomb durci », elle soutient activement la flottille de Gaza – et s’est également rendue à de très nombreuses reprises en Israël, en Turquie, en Egypte, au Liban, en Syrie. Le 6 juin dernier, avec d’autres députés, elle dépose une nouvelle déclaration écrite sur la reconnaissance par l’Union européenne de l’Etat palestinien, qui bénéficie du soutient de députés de tous les groupes politiques. « Cette déclaration est extrêmement importante quant à la promotion du Parlement européen de la paix et la sécurité concernant le conflit Israélo Palestinien qui affecte la vie de tellement de personnes. A l’heure où plus de 130 pays ont déjà reconnu le principe d’un Etat palestinien, y compris plusieurs Etats européens, le parlement européen doit oeuvrer activement en ce sens » déclare la députée européenne. Hier, au titre de Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, elle appelait les députés socialistes à signer la lettre de l’ancien ministre des Affaires Etrangères français Hubert Védrine et d’une vingtaine d’hommes et femmes politiques de premier plan, visant à soutenir l’initiative palestinienne.

Aujourd’hui, 14 septembre 2011, elle est intervenue en séance plénière à Strasbourg, sans détour:

« Dans 8 jours le président Abbas demandera à l’ONU la reconnaissance de l’Etat palestinien. C’est un moment historique qui nous place nous Européens, au pied du Mur- et dans le cas de la Palestine, ceci n’est pas une figure de style. Assumant la responsabilité prise en 1948 de reconnaître l’Etat israélien, l’Europe n’a cessé depuis de soutenir une solution à 2 Etats, sur les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale. Elle n’a pas fait que le dire- comme dans les conclusions du Conseil de 2009, elle a aussi aidé à construire cet Etat, en finançant le plan Fayyad, qui avait pour objectif d’établir des institutions crédibles pour le futur état palestinien. Deux ans après, mission accomplie, le plan Fayyad est un succès. Le moment est donc venu pour l’Europe de faire un pas supplémentaire, le pas diplomatique qui consiste à soutenir la démarche palestinienne à l’ONU. Les Palestiniens le méritent. Les Palestiniens y ont droit. Les Palestiniens y croient.

Certains diront- mais les Etats-Unis n’en veulent pas. Mais l’Europe n’est-elle que l’écho timide des Etats-Unis ? Laissons Obama à ses contradictions- que de reculades depuis le fameux discours du Caire !- et à sa campagne électorale.

Certains diront- mais cela ne changera rien sur le terrain. C’est vrai, il faut retourner au plus vite à la table de négociation. Mais une reconnaissance à l’ONU donnerait aux Palestiniens des droits et des responsabilités nouvelles, un rapport de force plus équilibré avec les Israéliens et un cadre multilatéral de négociation- non pas, une fois de plus, un face-à-face stérile et déséquilibré avec Israël.

D’autres diront- mais tous les pays européens ne suivront pas et nous risquons la désunion. Mais c’est à nous Parlement européen, qui sommes la voix des peuples, à aider nos gouvernements à parler d’une seule voix, avec une position politique courageuse et éthique. Mais au-delà c’est la crédibilité politique de l’Europe qui est en jeu. Nous n’avons cessé de célébrer la démocratie retrouvée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, et les efforts du peuple syrien, qui reste un peuple martyr. Un drapeau européen flotte sur Ben Ghazi. Mais L’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens ! C’est la voix pacifique, négociatrice, qui nous a fait confiance à nous Européens, qui a refusé la violence qui veut se faire entendre. Oserons-nous – cette voix-là- l’ignorer, faire semblant de ne pas l’entendre ? Je ne veux pas, je n’ose pas le croire ! »

Intervention en plénière de Véronique De Keyser sur la résolution du Parlement sur la Syrie (mercredi 6 juillet)

7 juillet 2011

La résolution du Parlement sur la Syrie, le Bahreïn et le Yémen poursuit un double objectif :
1) briser le silence sur ces pays qui connaissent des répressions sanglantes,
2) rester ferme sur les exactions commises, en laissant cependant un espace politique pour d’éventuelles négociations.

La résolution est très largement soutenue par les différents groupes politiques. Je ne ferai que deux ou trois remarques:

1) La première remarque cependant est linguistique. Le titre de la résolution porte la mention : le monde arabe. Cette appellation a un caractère post-colonial qui dénie aux pays et aux régions leur identité propre. Et les révolutions qui soulèvent aujourd’hui les pays du Maghreb et du Mashrek montrent à loisir à quel point chaque pays est différent, requiert un traitement spécifique et une écoute particulière. L’amalgame « monde arabe » est donc malheureux.

2) La seconde remarque concerne la Syrie. La répression qui sévit aujourd’hui dans ce pays est sanglante, cruelle et impitoyable. Les enfants-mêmes ne sont pas épargnés. La résolution dénonce ces crimes qui ne peuvent rester impunis, elle s’inquiète des flots de réfugiés qui traversent la frontière syrio-turque, elle demande des couloirs humanitaires et l’intervention de l’ONU, elle soutient l’opposition émergente à l’intérieur et à l’extérieur du pays, mais elle en reste là. Pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir crié haut et fort que nous voulions le départ de Bachar Al Assad qui a déçu tous ceux qui avaient cru qu’il changerait lentement le système répressif hérité de son père ? Bachar qui semble avoir franchi une ligne de non retour dans sa répression sanglante ? Parce que nous voulions laisser la place à une négociation politique aux couleurs de l’Europe. Madame la Haute Représentante, la Syrie bascule dans la violence, les minorités religieuses et en particulier les chrétiens se sentent aujourd’hui menacés par des extrémistes, n’hésitez pas à vous rendre à Damas, Madame Ashton. Nous avons besoin d’un geste politique fort et d’une présence européenne sur place.

3) La troisième remarque est plus générale. Le service d’Action Extérieure commence à fonctionner et dans ses relations avec le Parlement la différence est sensible. Je vous en félicite. Mais dans les pays du Maghreb et du Mashrek, la valeur ajoutée doit être claire également. Il y a aujourd’hui dans le SAE une superposition de structures- représentants spéciaux, task-force; crises management etc.- qui s’interpénètrent et dont l’efficacité cumulée reste à démontrer. Le soutien que l’Europe apportera à ces transitions démocratiques en cours, est un test redoutable. L’Europe va-t-elle compter ou pas dans la région ? Il faut agir vite et de manière proactive et ciblée. C’est tout l’avenir et la crédibilité de notre politique de voisinage/Sud qui est en jeu.

De la Syrie et des responsabilités de l’Union européenne

28 avril 2011

Il y a peu, les socialistes et démocrates appelaient l’Union européenne et ses États membres à suspendre la poursuite des négociations sur la signature de l’Accord d’Association alors en suspens entre l’UE et la Syrie. Cet accord devait dépendre de la volonté des autorités syriennes de cesser immédiatement la répression violente contre ses citoyens et sa capacité à mener à bien des réformes démocratiques.

Pourquoi un tel accord était-il plus que souhaitable ? Bien sûr, pour soutenir les aspirations démocratiques et pacifiques du peuple syrien depuis trop longtemps opprimé. Mais aussi, parce tout changement en Syrie peut bouleverser le paysage politique dans une région des plus instables. La politique internationale s’est appuyée jusqu’ici sur la Syrie, considérée comme une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine, et comme un allié pour combattre le terrorisme et tendre à la paix au Proche-Orient.

Soutenu par l’armée et les services de sécurité du parti Baas, Bachar al Assad a choisi la voie de la répression violente. Les ponts sont coupés. L’heure est aux sanctions, certes. Il faudra toutefois encore beaucoup de temps pour que le calme revienne en Syrie. Un changement de régime aurait des répercussions sur le monde arabe et l’Iran. Mais il ne faut pas non plus oublier que le pays à des frontières communes avec le Liban, la Turquie, l’Irak et la Jordanie…

Par ailleurs, Israël est dans une situation délicate vis-à-vis de la Syrie. Si Assad a armé le Hezbollah au Liban et a pu notamment soutenir le Hamas, il a aussi aidé à garder le calme sur la frontière israélo-syrienne. Tel-Aviv pourrait donc préférer le maintien du parti Baas au renversement d’Assad par des islamistes ou des nationalistes.

D’un autre point de vue, les Etats-Unis auraient avantage à l’avènement à Damas d’un régime sunnite qui mettrait fin à 30 ans d’alliance avec l’Iran chiite et de soutien au Hezbollah. Cela diminuerait certainement l’influence de Téhéran sur le Proche et le Moyen-Orient. Enfin, l’Irak, ex-rival baasiste de la Syrie, et dont le rôle est ambigu depuis l’invasion américaine en subirait aussi les conséquences.

On le voit, la situation actuelle de la Syrie est au centre de la problématique complexe du Proche-Orient. Pour l’Union européenne, c’est incontestablement une tension à résoudre, et cela pour deux raisons essentielles. La première est que les équilibres difficilement préservés depuis des décennies risquent à tout moment de se rompre et d’entraîner les populations de la région dans un chaos incontrôlable. La seconde est que pour des raisons de pure stratégie, on n’en vienne à accepter deux poids deux mesures en matière de démocratie et à justifier des situations totalement indignes de celle-ci. L’urgence de sanctions fermes est donc d’autant plus grande.

La liberté de religion et de conviction : un principe fondamental de la Laïcité

2 décembre 2009

Le 7 décembre à 19 heures j’organise en l’Espace VoxBox du 3ème étage du Parlement, un événement qui devrait pouvoir remporter l’adhésion de tous les membres du Parlement européen : une chorale inter-confessionnelle avec près de 100 choristes, de diverses religions (catholique, orthodoxe, juive, musulmane sunnite, alévie et arménienne), venant d’Antioche.

L’événement aura lieu en présence de Son Excellence Egemen Bagis, ministre d’Etat turc et négociateur en chef avec l’Union européenne, et de diverses autorités académiques et politiques. La liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous. J’y adhère bien entendu pleinement. Cet événement est pour moi l’occasion d’en témoigner.

Véronique De Keyser, Députée européenne

Blog de campagne (10)

13 mai 2009

Mardi 12 mai. Le soir, invitée par New (Namur-Europe-Wallonie) je suis confrontée aux autres partis. Miracle, un ange passe : tout le monde veut une Europe plus sociale. Comme pour tout texte législatif en Europe, dès la seconde lecture au Parlement il faut une majorité qualifiée (environ 2/3 des députés), mieux vaut être ensemble que contre ! J’enregistre donc que pour tous les partis démocratiques il faut réguler le marché financier, éliminer les paradis fiscaux, contrôler les agences de notation et supprimer les parachutes dorés. La bouche en cœur ! On a oublié de mentionner les rémunérations des dirigeants et personne ne s’est indigné des augmentations salariales que viennent de s’octroyer les dirigeants de Dexia : Jean Luc D. est donc passé entre les gouttes- qui l’eut cru ! Mais c’est vrai que je pouvais difficilement m’indigner contre le MR représenté par Gérard Deprez, sachant que sur toutes les questions de liberté et d’immigration, il a pris des distances abyssales avec son parti. Et qu’il a voté contre la directive sur le refoulement des immigrés qui permet une détention allant jusqu’à 18 mois et, dans des circonstances exceptionnelles, celle de mineurs. Avec certains autres candidats du MR l’affrontement aurait tourné au pugilat. Avec Gérard, c’est compliqué : attaqué sur l’environnement par le parti européen auquel il appartient, il me répond : – même pour l’Arctique, j’ai voté comme toi ! – Dis Gérard, le PS, cela ne te tente pas ? Quoique nous différons tout de même sur la Turquie (il est contre l’adhésion), sur les libéralisations etc. Mais manifestement, les organisateurs n’avaient pas voulu agiter le chiffon rouge et l’ambiance était bon enfant.

Mercredi 13 mai. Ce matin, le casse tête de l’agenda. Pendant trois heures, dans une ambiance bien plus tendue que celle d’hier soir à Namur, MC et moi discutons de l’agenda. Ca, c’est le grand trou noir de la campagne, qui aspire toutes les énergies. Les choix à faire sont fatalement cornéliens. Et j’avoue ma faiblesse : 1) je veux avoir le dernier mot sur les parcours 2) je refuse une stratégie strictement marketing politique. Du style : – Comment, tu vas là ? Mais il y aura tout au plus une vingtaine de personnes. Alors qu’à 100 km de là, on présente sur une estrade, en rang d’oignons, tous les candidats, muets mais souriants, comme dans une distribution des prix – mais cela devant 300 personnes. Alors c’est vrai que l’on n’a pas le don d’ubiquité, c’est vrai que les militants qui ont réussi à mobiliser 300 personnes sont héroïques et que nous élus, nous leur devons notre mandat. Mais les vingt autres, dans des petits villages sont souvent aussi héroïques et cela vaut le coup, non seulement d’y passer mais de s’asseoir, de discuter, de rigoler. L’agenda est donc un moment de tension intense où des logiques différentes s’affrontent. Je sais que le jour où je verrai dans chaque visage un électeur potentiel et non un être humain, il vaudra mieux que je plie bagage. Enfin, de discussions en compromis, on finit par définir un agenda « provisionnel ».

Et puis à 13h00, je me précipite devant la TV. Intéressant la TV. J’ai droit au voyage du Pape, à la grève des TEC, à l’affaire politique D.F. Mais de tout cela qu’est-ce que je retiens : l’élaboration des repas des malades à l’hôpital de la Citadelle. Et sans doute, cette explication de la « gastronomie » hospitalière est-elle celle qui a touché le plus de monde. C’est vrai que pour un malade, l’heure des repas constitue -surtout pour ceux qui n’ont pas de visite- un événement. Les repas scandent la journée. Pendant des décennies ils ont été franchement dégueulasses, du style : le soir deux tranches de pain blanc rassis, avec un bol de café au lait et un peu de fromage blanc. Depuis très jeune, j’ai passé beaucoup de temps dans les hôpitaux. D’abord l’hôpital St Pierre à Bruxelles, puis le centre des tumeurs de Bordet, puis le CHU et bien d’autres. Je crois qu’avant l’âge de trente ans j’ai passé plus de temps allongée que debout. Et on m’avait dit : – à vingt cinq ans vous serez en dialyse, surtout pas d’enfants, ne vous fatiguez pas etc. Heureusement la médecine (comme la psychologie !!) ne sont pas des sciences exactes, et grâce à de bons gynécologues, de bons urologues et près de 15 opérations (non, non Michel pas les yeux quoique que tu aies raison et que j’y songe sérieusement !!!) j’ai deux filles superbes, je vis toujours (et oui !) et je travaille près de 17 heures par jour. Mais toutes mes pensées allaient ce midi à ces amis et ces amis dans les hôpitaux, à ceux qui ont réchappé et ceux que j’ai perdus. Je me souviens encore, et nous avions toutes les deux 28 ans, d’une amie à Bordet qui luttait contre un cancer du colon. Chaque matin, alors que moi je ne parvenais pas à déjeuner, elle disait : – Je veux vivre, je me force. Et devant moi, médusée, elle mettait 17 morceaux de sucre dans son café noir – Je veux tenir, ajoutait-elle. Elle n’a pas tenu hélas, mais d’autres si. Je me souviens aussi d’une autre amie qui se plaignait comme moi, dix ans plus tard à Liège, de souffrances inexpliquées. Nous attendions dans le couloir, en petites chemisettes d’hôpital, attachées dans le dos, à moitié nues devant les box de consultation. Je sors la première du box, elle m’interroge : – Et alors ??? Qu’est-ce qu’ils disent ? – Ne savent pas. Le stress ? Elle ressort un peu plus tard : – Et toi ? – Hystérie ! Tu te rends compte ? Ils me traitent d’hystérique. On a découvert à l’hystérique un cancer de l’ovaire et à moi un cancer du rein et nous en sommes sorties toutes les deux, fort heureusement. Mais le monde de l’hôpital a été pour moi une extraordinaire école de vie. Et de mort. Car c’est là que je me suis affrontée à la mort. D’où mon combat pour l’euthanasie. C’est là aussi, dans ces salles communes pour femmes telles qu’elles existaient encore dans ma jeunesse, que j’ai plongé, la tête la première, dans une solidarité féminine qui ne m’a jamais quittée. Toutes les sociétés humaines se ressemblent. En temps de guerre comme en temps de paix. En politique, comme à l’hôpital. On trouve le meilleur et le pire. Mais je garde de ces longues années un rejet viscéral contre toute idéologie de la souffrance. Non, la souffrance ne grandit personne. Pas plus dans l’accouchement que dans la mort. Oui, les soins palliatifs et l’euthanasie ont été une des plus grandes victoires de notre civilisation. Et oui enfin, les coiffeurs, les manucures, et des repas soignés dans les hôpitaux sont une avancée majeure, à condition que ce soit pour tous. La mort fait partie de la vie. Voilà à quoi me faisait penser le JT de ce midi. Ce soir, présentation des candidats à Grivegnée…