Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Interview de ce mercredi 19 septembre 2012 sur l’intervention de l’UE en Syrie.

20 septembre 2012

Journée de la femme: l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique

7 mars 2012

Si chaque année, la journée internationale de la femme est l’occasion de faire un point sur la condition des femmes, l’égalité des sexes, la pauvreté, les écarts de rémunération, l’accès à l’emploi…elle doit aussi être une opportunité supplémentaire de regarder au-delà de nos frontières et d’approfondir notre réflexion concernant les avancées futures. Le combat en faveur des femmes de Véronique De Keyser, ici, partout dans le monde, qui vient d’être récompensé par le Prix Théroigne de Méricourt fin 2011, est pour elle une préoccupation non pas d’une journée, sinon de tous les jours.


De gauche à droite : Poul Ramussen Président du Parti Socialiste Européen et Véronique De Keyser Vice-présidente du groupe Socialistes et Démocrates Députée européenne et Présidente du jury des Silver Rose Awards, la représentante de l’association KAOS GL qui s’est vue décerné un prix, Iris Munguia qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière victimes d’harcèlements sexuels également récompensée par Véronique De Keyser

Ce 6 mars 2012, l’eurodéputée qui présidait les Silver Rose Awards, récompensait avec émotion des femmes qui se battent concrètement chaque jour, avec convictions et courage, pour un monde plus solidaire et équitable. L’un des prix récompensait l’association KAOS GL qui défend en Turquie les droits à la pleine liberté d’orientation sexuelle et notamment les droits des gays, des lesbiennes et des transsexuels même si, contrairement à certains pays, l’homosexualité n’a jamais été illégale dans ce pays laïque. Kaos lutte contre toute forme de discrimination directe ou indirecte. L’autre prix mettait à l’honneur le travail d’Iris Munguia, qui défend au Honduras les ouvrières dans l’industrie bananière qui sont souvent victimes d’harcèlements sexuels et de multiples discriminations au travail. Iris Munguia a milité durant des décennies pour leurs droits plus particulièrement au sein des plantations de Chiquita au Honduras.


Leila Shahid Déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne et Véronique De Keyser Députée européenne et marraine de « La Palestine au Féminin »

« La Palestine au Féminin ». Aujourd’hui 7 mars, en présence de Leila Shahid déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne, Véronique De Keyser recevait au Parlement européen un groupe de femmes palestiniennes venant de Gaza, de la Cisjordanie et des territoires occupés et cela dans le cadre de la Journée de la Femme. Ces huit femmes remarquables – Rania Elias, Directrice du Festival de Jérusalem, la journaliste Naela Khalil, Nadia Abu Nahla, Directrice de l’organisation de la coalition des femmes à Gaza Strip, Amal Elsana-Alh’jooj, Directrice du Arab Jewish Center for Equality Empowerment and Cooperation, Mona Taneeb, personnage de référence du mouvement des femmes paysannes, Amneh Jibril de la General Union of Palestine Women, Rana El Nashashibi, activiste dans le domaine social et politique à Jérusalem et Naila Ayesh, Directrice du Centre d’Affaires des Femmes à Gaza – étaient parrainées par huit femmes au Parlement européen, dont Véronique De Keyser.

Demain, 8 mars, Véronique De Keyser fêtera la journée internationale des femmes en compagnie de Jean-Pierre Hupkens, Échevin de la culture et Willy Demeyer, Bourgmestre à Liège, pour ne pas oublier qu’aujourd’hui dans le monde des femmes meurent encore sous le poids des inégalités, que ce soit par la violence, par le non accès aux soins de santé,… Victimes de leur statut de femmes – femmes monnaie d’échange, femmes tribu de guerre, femmes moins qu’un homme… Femme organe reproducteur sans plus.

Le 9 mars, toujours dans le cadre de la “Journée Internationale de la Femme” à la Maison de la Laïcité à Angleur, place au vernissage de l’exposition des artistes-peintres Djamila Gassoiand, Nathalie Gornescu et Berna Güzel en présence du Député à la province Paul-Émile Mottard. Début à 19h30. Trois artistes-peintres qui proposent un regard sur la société sous différentes facettes et différentes sensibilités.

Le 10 mars, les halles à Scaherbeek acceuilleront un concert de clotûre de Rim Banna en l’honneur des 8 femmes d’exception venues de Palestine reçues par Véronique De Keyser, et qui incarnent par leur parcours et leur combat tant la Palestine et son destin exceptionnel, que le combat des femmes dans sa dimension universelle. Menée entre le 8 mars 2011 et le 8 mars 2012 et parrainée par 8 parlementaires européennes, « la Palestine au Féminin » a permis à ces 8 femmes de visiter la Belgique et de mettre en exergue le rôle et l’engagement de la femme palestinienne dans tous les domaines en faveur de la liberté, de la dignité et de l’égalité.

Pour Véronique De Keyser, si la journée du 8 mars est un rappel indispensable du combat en faveur des femmes, l’engagement pour la pleine reconnaissance sociale et les droits des femmes doit se poursuivre au quotidian, car il est à la base de la construction d’une société meilleure et pleinement démocratique.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme

Relations Union européenne – Maroc

16 février 2012

Le Parlement européen s’est exprimé aujourd’hui en faveur d’un accord entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc.

Suite au processus de Barcelone, lancé en 1995, l’Union européenne a conclu des accords d’association avec de nombreux pays de la rive sud de la méditerranée. L’objectif était de renforcer le dialogue et la coopération entre les deux rives et d’établir une zone de paix, de sécurité et de prospérité. L’accord avec le Maroc est entré en vigueur en 2000.

Pour Catherine Trautmann, « il y a mieux et plus important à faire, et nous sommes insatisfaits de cet accord. Les répercussions sociales pour les populations concernées et la préoccupation environnementale n’étant pas suffisamment intégrées par la Commission européenne, les socialistes français se sont adressés directement à celle-ci pour qu’elle s’engage à mesurer l’impact en termes d’emploi et à évaluer les mesures d’accompagnement à mettre en place. Nous attendons en outre d’elle qu’elle intègre les normes sociales et environnementales dans tous les accords avec des pays tiers. Elle doit répondre aux critiques qui ont émergé pendant ce débat, et modifier sa politique commerciale internationale en la fondant sur une réciprocité effective ».

« Toutefois, nous ne pouvions pas adresser un signal négatif aux Marocains. L’accord de partenariat avec le Maroc pour les produits de l’agriculture et de la pêche – que l’ensemble du Parlement européen soutient – est un acte important concernant un pays qui entretient une histoire commune avec l’Europe depuis des siècles », explique l’élue.

« Bien sûr, nous avons également entendu les inquiétudes exprimées en Europe et en France, et c’est pour cette raison que nous avons vivement défendu l’amendement de Véronique De Keyser, stipulant que l’Europe doit compenser toute incidence négative sur les producteurs de l’Union européenne. Nous regrettons son rejet car nous pensons que cet accord doit vivre avec des garanties que la Commission doit rendre effectives. Nous continuerons de la rappeler à ses devoirs, et nous serons vigilants au respect par le Maroc des avancées auxquelles le pays s’est engagé en matière de droits de l’Homme.», ajoute l’eurodéputée.

« L’expansion économique du Maroc est un levier essentiel pour consolider un processus démocratique dont nous souhaitons la réussite. Alors que les élections législatives du 25 novembre ont été un exemple, nous devons encourager ces progrès », conclut Catherine Trautmann.

Jour de l’Holocauste: les Sociaux démocrates sont déterminés à lutter contre les dérives anti démocratiques

31 janvier 2012

En ce 27 janvier, jour de l’Holocauste, Hennes Swoboda, leader du Groupe S&D, en appelle à la plus grande vigilance face à la recrudescence des tendances d’extrême droite et rappelle que « de telle tendances peuvent conduire a des situations où les minorités seraient menavées voir exclues de la société. Cette journée devrait nous permettre de nous souvenir et de réfléchir à la nécessité de combattre le mal à la racine. »

Selon le Président du Groupe S&D, l’un des rôles de l’Europe est de lutter contre la xénophobie et le racisme. « Nous devons nous opposer avec la plus grande fermeté à toute tendance qui mettrait en danger les structures démocratiques pour les remplacer par d’autres, autoritaires. la Charte des droits fondamentaux de l’UE institue des valeurs claires. Il est de notre devoir de les garder toujours à l’esprit et de les suivre à la lettre » a-t-il souligné.

Des propos que Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, se fait un devoir de relayer non seulement en ce jour, mais encore dès que les droits de l’Homme sont bafoués partout dans le monde.

La laïcité, un combat fondamental pour Véronique De Keyser

5 décembre 2011

Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg « Les petits déjeuners de la Libre Pensée » qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence « Sciences et croyances ». En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »

Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?

Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).

Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: « The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…) ».

Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.

Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.

Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque « European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty ». Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…

Cliquer sur l’article publié dans Le Soir pour l’agrandir

Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.

Véronique De Keyser et les Pensionnés Socialistes

27 octobre 2011

A la demande des Pensionnés Socialistes, Véronique De Keyser fait un point sur l’Europe qui fera l’objet d’une édition dans leur brochure.

« Ni l’élargissement, ni le traité de Lisbonne, ne permettent encore aujourd’hui de parler d’un rôle stabilisateur de l’Union européenne. L’Europe ne s’est pas affaiblie, mais elle ne réussit pas encore à convaincre sur la scène internationale. Elle s’est dotée de moyens logistiques importants, qui lui donnent de réelles capacités de gestion de crise, mais elle n’a pas aucun pouvoir décisionnel commun. Le ton est toujours donné par les grands Etats-membres qui pilotent l’Europe. Ce sont les chefs de ces Etats qui recherchent soutien, cohérence et unité au sein de l’Europe et tentent d’y obtenir la légitimité de leur propre politique qu’elle soit intérieure ou extérieure.

Faire jouer l’Europe en l’alignant sur une politique nationale contestée devient la béquille des chefs d’Etats en difficulté ! Si la Gauche avait été au pouvoir dans les différents gouvernements européens, aurait-elle fait mieux ? Aurait-elle réussi à donner un poids plus grand à l’Europe, à la renforcer comme pôle stabilisateur du monde ? Rien n’est moins sûr. Parlerions-nous davantage d’une seule voix si l’Europe repassait à gauche ? Pèserions-nous davantage sur la scène internationale ? Ou bien, comme dans Obama président. La méprise, nous rendrions nous compte que, Gauche comme Droite aux manettes, l’Europe ne produit en termes de politique étrangère que la somme de ses parties, c’est-à-dire la somme des intérêts nationaux de ses Etats-membres ?

La gauche européenne peine à se constituer, non faute d’institutions mais parce qu’elle manque de ce qu’on aurait appelé autrefois, une conscience de classe. En effet, elle est complètement hétérogène. La transformation de l’électorat des partis de gauche en Europe de l’Est comme à l’Ouest, le flirt de certains avec les idées néolibérales, les différences de développement socio-économique, le niveau de vie qui reste très dissemblable ont contribué à exacerber la compétition entre pays. Cette compétition fait le jeu des nationalistes et dresse les travailleurs les uns contre les autres. Ces conditions objectives, secrétées par les politiques européennes de droite, fragilisent l’émergence d’une gauche cohérente

On s’interroge beaucoup sur les alliances en politique. Faut-il que les socialistes s’allient au centre ou se radicalisent à gauche ? Ce marketing politique est dépassé. La gauche doit s’appuyer sur la société civile, la faire bouger avec elle et non contre elle. C’est l’action commune qui crée la cohérence et fait émerger des valeurs partagées, pas l’inverse. L’Europe n’est pas une chance pour la gauche. Mais c’est un défi qu’elle doit relever.

L’Europe a besoin d’une stratégie européenne pour la croissance à l’horizon de 2020. Nous devons tirer les conséquences de l’échec de la stratégie de Lisbonne en donnant à l’Europe les moyens de son ambition. Cette dynamique de croissance doit être créatrice d’emplois, génératrice d’innovations, en particulier dans le domaine de l’écologie. Elle doit s’appuyer sur une politique d’investissements européens dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’alimentation et de la recherche.

La zone euro doit s’organiser, pas simplement avec une coordination économique mais par une véritable gouvernance politique qui est la seule à même d’assurer une cohérence économique sur notre continent. Aussi, nous ne pourrons pas accepter que les Etats réduisent le budget européen, et le Parlement, renforcé par le traité de Lisbonne, devra peser de tout son poids pour faire prévaloir l’intérêt européen sur les intérêts nationaux. De même, nous poserons clairement la question d’une ressource propre pour l’Europe assise sur une base large pour un taux faible et neutre en termes de pression fiscale. Coopération fiscale au lieu de concurrence fiscale déloyale entre Etats membres, taxe carbone, base commune pour les impôts sur les sociétés, lutte efficace contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale, taxation sur les transactions financières sont autant de pistes nécessaires pour renforcer les budgets de nos Etats et éviter une austérité budgétaire excessive. »

L’UE doit revoir ses politiques pour soutenir la transition démocratique arabe

26 octobre 2011

20/10/11

Lors d’une conférence organisée par les socialistes et démocrates au Parlement européen, les représentants du printemps arabe ont critiqué les décennies de soutien et de coopération accordées par l’UE aux régimes répressifs. Ils ont encouragé les Européens à développer un partenariat Nord-Sud « entre égaux ».

Organisée par le Forum progressiste mondial (GPF), cette conférence de deux jours faisait partie du programme à long terme « A l’écoute de la Méditerranée progressiste » et visait à développer un réseau durable entre groupes progressistes des deux rives de la Méditerranée.

« Nous avons été surpris par cette explosion de liberté dans le monde arabe », a déclaré la vice-présidente S&D, Véronique De Keyser. « En Europe, nous nous sentions impuissants à faire avancer la démocratie mais vous, vous l’avez réalisée. C’était extraordinaire. Les mutations mises en œuvre par les peuples arabes nous ont obligés à revoir nos politiques et à admettre nos lacunes. A présent, nous devons trouver le moyen de mieux soutenir les transitions démocratiques – y compris par l’usage souple et effectif de fonds européens. Une partie de ces efforts devrait servir à aider les partis politiques à s’organiser », a conclu Mme De Keyser.

« C’est un privilège d’accueillir toutes ces personnes qui ont œuvré pour la démocratie dans la région », a déclaré aux participants Poul Nyrup Rasmussen, président du parti socialiste européen (PSE) et coprésident du GPF. « Nous devons vous écouter et nous inspirer de votre bravoure. L’UE s’est trompée par le passé dans ses alliances. Il est temps d’emprunter une nouvelle voie progressiste. La démocratie est une affaire de principes. Vous nous avez montré que vous êtes conséquents avec les vôtres. Mais la démocratie est aussi une question d’emplois de qualité, de sécurité dans les soins de santé et l’éducation. Voilà le combat que vous devez à présent mener » a lancé M. Rasmussen.

Des représentants d’Algérie, du Bahreïn, d’Égypte, d’Irak, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen ainsi que de la diaspora arabe en Europe ont débattu avec des eurodéputés S&D, dont Hannes Swoboda, Maria Badia, Edit Herczog, Pervenche Berès, Proinsias de Rossa et Saïd El Khadraoui.