Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

L’Union européenne peut-elle contribuer à résoudre la crise économique et financière ?

1 mars 2012

L’objectif de cette rencontre, organisée par le Parlement Européen, est de s’interroger sur les conséquences de la crise économique et financière dans la zone euro et sur les réponses que peut apporter l’Union européenne et ses différentes institutions.

Date : jeudi 1er mars
Lieu : Le L@b, la Foire du livre de Bruxelles
Participant(s) :
Frédéric Dareden (PS)
Isabelle Durant (Verts)
Philippe Lamberts (Verts)
Véronique De Keyser (PS)
Modérateur(s) : Chantal Istace, ancienne journaliste RTBF

Véronique De Keyser et les Pensionnés Socialistes

27 octobre 2011

A la demande des Pensionnés Socialistes, Véronique De Keyser fait un point sur l’Europe qui fera l’objet d’une édition dans leur brochure.

« Ni l’élargissement, ni le traité de Lisbonne, ne permettent encore aujourd’hui de parler d’un rôle stabilisateur de l’Union européenne. L’Europe ne s’est pas affaiblie, mais elle ne réussit pas encore à convaincre sur la scène internationale. Elle s’est dotée de moyens logistiques importants, qui lui donnent de réelles capacités de gestion de crise, mais elle n’a pas aucun pouvoir décisionnel commun. Le ton est toujours donné par les grands Etats-membres qui pilotent l’Europe. Ce sont les chefs de ces Etats qui recherchent soutien, cohérence et unité au sein de l’Europe et tentent d’y obtenir la légitimité de leur propre politique qu’elle soit intérieure ou extérieure.

Faire jouer l’Europe en l’alignant sur une politique nationale contestée devient la béquille des chefs d’Etats en difficulté ! Si la Gauche avait été au pouvoir dans les différents gouvernements européens, aurait-elle fait mieux ? Aurait-elle réussi à donner un poids plus grand à l’Europe, à la renforcer comme pôle stabilisateur du monde ? Rien n’est moins sûr. Parlerions-nous davantage d’une seule voix si l’Europe repassait à gauche ? Pèserions-nous davantage sur la scène internationale ? Ou bien, comme dans Obama président. La méprise, nous rendrions nous compte que, Gauche comme Droite aux manettes, l’Europe ne produit en termes de politique étrangère que la somme de ses parties, c’est-à-dire la somme des intérêts nationaux de ses Etats-membres ?

La gauche européenne peine à se constituer, non faute d’institutions mais parce qu’elle manque de ce qu’on aurait appelé autrefois, une conscience de classe. En effet, elle est complètement hétérogène. La transformation de l’électorat des partis de gauche en Europe de l’Est comme à l’Ouest, le flirt de certains avec les idées néolibérales, les différences de développement socio-économique, le niveau de vie qui reste très dissemblable ont contribué à exacerber la compétition entre pays. Cette compétition fait le jeu des nationalistes et dresse les travailleurs les uns contre les autres. Ces conditions objectives, secrétées par les politiques européennes de droite, fragilisent l’émergence d’une gauche cohérente

On s’interroge beaucoup sur les alliances en politique. Faut-il que les socialistes s’allient au centre ou se radicalisent à gauche ? Ce marketing politique est dépassé. La gauche doit s’appuyer sur la société civile, la faire bouger avec elle et non contre elle. C’est l’action commune qui crée la cohérence et fait émerger des valeurs partagées, pas l’inverse. L’Europe n’est pas une chance pour la gauche. Mais c’est un défi qu’elle doit relever.

L’Europe a besoin d’une stratégie européenne pour la croissance à l’horizon de 2020. Nous devons tirer les conséquences de l’échec de la stratégie de Lisbonne en donnant à l’Europe les moyens de son ambition. Cette dynamique de croissance doit être créatrice d’emplois, génératrice d’innovations, en particulier dans le domaine de l’écologie. Elle doit s’appuyer sur une politique d’investissements européens dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’alimentation et de la recherche.

La zone euro doit s’organiser, pas simplement avec une coordination économique mais par une véritable gouvernance politique qui est la seule à même d’assurer une cohérence économique sur notre continent. Aussi, nous ne pourrons pas accepter que les Etats réduisent le budget européen, et le Parlement, renforcé par le traité de Lisbonne, devra peser de tout son poids pour faire prévaloir l’intérêt européen sur les intérêts nationaux. De même, nous poserons clairement la question d’une ressource propre pour l’Europe assise sur une base large pour un taux faible et neutre en termes de pression fiscale. Coopération fiscale au lieu de concurrence fiscale déloyale entre Etats membres, taxe carbone, base commune pour les impôts sur les sociétés, lutte efficace contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale, taxation sur les transactions financières sont autant de pistes nécessaires pour renforcer les budgets de nos Etats et éviter une austérité budgétaire excessive. »

Non à la suppression de l’indexation automatique des salaires !

5 février 2011

Conseil européen. 4 février 2011. L’énergie et l’innovation sont à l’ordre du jour mais Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en décident autrement. Ils expriment clairement leur souhait de supprimer l’index (pilier du modèle social belge), au nom d’un pacte de compétitivité qu’ils ont concocté. L’Europe, ce n’est que l’axe franco-allemand ?? Leterme (merci Laurette !) a bien résisté, mais les autres ne renonceront pas et repasseront bientôt le plat. Si nous ne nous intéressons pas à l’Europe, elle s’intéresse à nous. Réagissons !

Tous solidaires de la déclaration du PS qui dit non à la suppression de l’indexation automatique des salaires :

« Ce Pacte s’apparente à une régression sociale où les dépenses sociales sont les variables d’ajustement de la compétitivité des Etats membres dans la mesure où il préconise entre autres le relèvement généralisé de l’âge de la pension légale et la suppression de l’indexation des salaires.

Au nom du PS, Laurette Onkelinx indique très clairement qu’il ne peut être question d’une remise en cause d’acquis sociaux fondamentaux tels que l’indexation automatique des salaires, ni au plan belge, ni au plan européen. Cette liaison des salaires à l’index soutient la croissance et est déterminante pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs. Le PS attend donc du Premier Ministre qu’il exprime lors du Sommet européen un refus net de ce type de proposition et souligne qu’il n’entre pas dans les compétences de l’Union européenne de se mêler de la politique salariale au sein des Etats Membres.

A un projet européen préconisant dérégulation des marchés du travail, coupe-sombres dans les dépenses sociales et libéralisation totale du marché intérieur, le PS oppose un projet européen alliant soutien à la croissance, solidarité et développement durable. »

De la crise financière européenne, de Gaza et des élections du 13 juin en Belgique

9 juin 2010

Blog du 9 juin 2010. Les dernières semaines ont été marquées par trois grandes questions: la crise financière européenne, Gaza et les élections. La crise d’abord. Comment en sortir sans faire payer deux fois les citoyens qui ont déjà essuyé les plâtres d’un système financier dont le cynisme ne connaît pas de limite. Partout en Europe les mesures d’austérité tombent comme des couperets et elles tranchent dans le vif: les salaires des fonctionnaires, les retraites, le social en général.
Le gouvernement socialiste grec acculé par les erreurs de ses prédécesseurs fait face à une situation quasi désespérée. La Hongrie tremble. Le Portugal aussi. Il n’y aura pas de réponse nationale devant un problème qui dépasse les nations. C’est au niveau européen et au niveau mondial que le jeu se joue désormais. Mettre au pas le système financier, introduire une taxe sur les transactions financières, relancer l’économie de toute la zone euro, réviser le pacte de stabilité et de croissance: c’est sur le système qu’il faut agir.
Et sur le plan national, ne pas jeter l’argent par les fenêtres certes, mais aller chercher l’argent là où il est, et pas dans la poche des retraités, des malades, des chômeurs et de tous ceux qui peinent à assurer les fins de mois. On a besoin d’un Etat qui assure et qui rassure- et chacun mesure à quel point Sarkozy faisait miroiter des illusions quand il disait: travailler plus pour gagner plus. On a besoin de partis politiques responsables, capable de négocier ensemble l’avenir et pas d’apprentis sorciers qui jouent avec le feu quand le navire est sur le point de couler.
Qu’à la veille de la présidence belge, dans une crise de l’euro qui peut faire tâche d’huile, certains jouent encore la carte des égoïsmes politiciens stupéfient mes collègues au Parlement européen ! Heureusement, le bon sens prévaudra et je suis fière de la position qu’a prise le PS, refusant de s’inscrire dans un massacre social. Je comprends la lassitude et l’incompréhension des citoyens devant ces élections à venir, mais jamais sans doute – au-delà même de BHV et de la crise institutionnelle – il n’a été aussi important d’aller voter.

J’étais à Gaza avec une délégation parlementaire deux jours avant l’attaque de la flottille humanitaire. L’enfer. Marché noir, pauvreté extrême, chômage endémique, maladies de la pauvreté, montée des extrémismes: quel gâchis, quelle injustice, quelle impuissance politique de l’Europe ! Et puis, quelle leçon de courage donnée par des citoyens dont certains ont payé de leur vie leur engagement humanitaire. Lundi matin, juste après l’attaque, Asnam, la sœur de Fatima qui était sur un des navires et Julie qui avait renoncé au dernier moment à monter à bord, sont venues témoigner au Parlement européen. Leurs mots, si justes, ont bouleversé la presse et mes collègues. Depuis, ça bouge partout. Au Conseil, au Parlement, dans les ambassades, dans la rue. Un seul mot d’ordre: lever le blocus. Cette fois il faut réussir. Car derrière cette flottille il y en aura d’autres. Et d’autres citoyens pour rappeler aux politiques leurs engagements vis-à-vis des droits de l’homme.

Puisqu’on est à la veille des élections, je voudrais vous rappeler toutes les femmes extraordinaires qui sont sur les listes du PS – avec un petit clin d’œil à Marc Tarabella – puisqu’il a fait de la cause des femmes un combat personnel !